Comment s’alimentera-t-on en 2050 pour rester en bonne santé ?

Diabète, cholestérol, obésité, hypertension, syndrome du côlon irritable, allergies, les maladies de civilisation sont légion en 2020. Mais que devrait-on manger d’ici à 2050 afin de rester en bonne santé ?

Rédigé par Stéphanie Haerts, le 9 Aug 2020, à 10 h 20 min

En France, plus de 8 millions de personnes sont obèses et plus de 3 millions sont traitées pour un diabète. Il n’est plus à démontrer que notre alimentation a un impact certain sur notre santé. Selon l’Inserm, voici ce qu’il faudrait manger en 2050 afin d’éviter de nombreuses maladies.

Une nouvelle approche nutritionnelle ?

Les produits industriels à emporter et le fast-food se sont fortement développés ces dernières décennies. Dans le même temps, près de 50 % de la population mondiale serait mal nourrie selon l’ONU. Ces humains surconsommeraient des aliments trop riches en graisses et en sucre alors que d’autres sont sous-alimentés.

La malbouffe : ce mal qui remplit nos assiettes © Stephany Bedolla

L’alimentation moderne est également néfaste pour l’environnement. À la fin du XXe siècle, l’agriculture s’est intensifiée. Les systèmes mécanisés et l’accroissement des échanges agricoles ont bousculé l’agriculture telle qu’on la connaissait. Les élevages de ruminants, les épandages d’engrais azotés, l’utilisation de produits chimiques, l’utilisation d’énergies fossiles et la déforestation ont largement contribué à l’augmentation des gaz à effet de serre provoquant le réchauffement des températures sur Terre.

Alors qu’il faudra nourrir plus de 9 milliards d’habitants en 2050, il est urgent de trouver des alternatives afin de continuer à nourrir les populations tout en évitant de mettre en péril les écosystèmes. Dans des propos rapportés par Business Insider(1), Mathilde Touvier, directrice de l’équipe de recherche en épidémiologie nutritionnelle (Eren) à Bobigny et Prix Recherche Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) 2019, explique : « En France, environ 30 % des adultes consomment trop de sucres, 63 % trop de charcuterie riche notamment en graisses saturées, 79 % trop de sel… ».

Quelle alimentation pour rester en bonne santé et préserver l’environnement ?

Des scientifiques de l’Inserm étudient le lien entre nutrition et santé. Ils réfléchissent à l’alimentation du futur. Même si de nombreux films de science-fiction mettent en avant les pilules, il est peu probable que celles-ci deviennent la base de la future alimentation. L’explication est très simple selon Mathilde Touvier : « manger ne se résume pas à ingérer une simple somme de nutriments ». « Le plaisir de manger, de cuisiner et de prendre des repas conviviaux reste très important dans nos sociétés ».

À l’avenir, l’alimentation devra rester diversifiée avec davantage de végétaux. Les fruits, légumes, légumineuses et fruits à coque devraient garnir nos assiettes. Ces derniers ne sont d’ailleurs pas assez consommés actuellement par les Français. On le répète souvent, il est indispensable de manger au moins cinq fruits et légumes par jour, mais peu de personnes suivent ces recommandations. On devrait également retrouver des produits céréaliers complets ainsi que des fruits à coque non salés comme les noisettes, les amandes et les noix. Des aliments qui permettent de contrôler le taux de sucre et de cholestérol dans le sang.

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Troquer l’alimentation ultra-transformée contre des produits bio

D’ici 2050, certains produits sucrés, salés, gras et ultra-transformés pourraient disparaître des rayons. Comme l’indique une étude réalisée par l’équipe de Mathilde Touvier, une hausse de 10 % de la proportion d’aliments ultra-transformés dans notre alimentation serait corrélée à une augmentation d’environ 10 % des risques de cancer.

Changer son alimentation : opter pour les produits frais et bio © Mark Gilder

Dans le futur, les Français pourraient également réduire leur apport en viande rouge (boeuf, veau, porc, agneau, cheval, mouton). Ils consomment actuellement près de 90 kg de viande par an, dont 32 kg de viande porcine et 30 kg de viande bovine. Toutefois, pour rester en bonne santé, il est recommandé de ne pas manger plus de 500 g de viande rouge par semaine. Au-delà, les risques de maladies cardiovasculaires, de cancers et de diabète sont augmentés. La production de viande rouge est également néfaste à l’environnement.

À l’inverse, nous devrions accroître notre apport en aliments bio. Une tendance que beaucoup de Français ont déjà adoptée. Il a été démontré que les pommes bio, contenant des millions de bactéries, avaient un microbiote plus diversifié. Ces bonnes bactéries permettent au microbiote d’être équilibré et protecteur. Les pommes de l’agriculture conventionnelle contiennent à l’inverse des bactéries comme les enterobacterialis, qui peuvent entraîner de l’inflammation et des gastro-entérites.

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Enfin, les insectes pourraient venir compléter notre alimentation. Ces derniers sont très riches en protéines et déjà consommés en Afrique, en Amérique du Sud et en Asie du Sud-Est. Les Européens sont encore méfiants vis-à-vis des insectes et il faudra encore quelques années avant de les convaincre. Enfin, les micro-algues comme la spiruline et la chlorella pourraient aussi être davantage intégrées dans les recettes. Ces algues sont particulièrement riches en protéines et ont l’intérêt de croître rapidement en comparaison aux fruits et aux légumes.

Bientôt des insectes régulièrement au menu de nos repas © CK Bangkok Photography
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1 commentaire Donnez votre avis
  1. J’espère que l’on mangera vraiment moins d’ultra-transformés. J’en consomme beaucoup moins. Je vous conseille aliments-ultra-transformes.fr pour vous renseigner.

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