Le microbiote : la flore intestinale décryptée

Rédigé par Emma, le 10 Jul 2014, à 16 h 52 min

Notre flore intestinale (ou microbiote) est un intense sujet de recherches scientifiques depuis plusieurs années. La découverte que l’Inra vient de faire va permettre d’accélérer la connaissance de ces bactéries 10 à 100 fois plus nombreuses que celles de notre corps.

 Notre ventre  à la loupe

Le microbiote est un écosystème très compliqué. Ces bactéries intestinales ne sont pas seulement des simples « digesteurs de nourriture », comme dit le communiqué de l’Inra (Institut national de recheches agronomiques)

Ce qu’on sait déjà sur le microbiote

– il est un acteur majeur dans la compréhension de maladies comme le diabète de type 2, l’obésité, la maladie de Crohn

– il est en lien direct avec le cerveau et le système immunitaire

– il est composé de 100 000 milliards de bactéries dans l’intestin de chaque individu

– un millier d’espèces bactériennes différentes ont pu être identifiées. Or, 15 % sont décryptées. Il en reste 85 % à comprendre…

bacteries-maladie-01

Ce que l’Inra et ses partenaires* ont découvert

Ils ont mis au point une nouvelle méthode d’analyse du génome du microbiote. Avec pour résultats la reconstitution du génome complet de 238 bactéries intestinales, dont 75 % étaient encore inconnues.

Autre découverte importante : des relations d’interdépendance entre les différentes bactéries (800 relations au sein de 7 381 groupes de gènes). Elles permettent de comprendre comment un micro-organisme comme une bactérie peut survivre dans son milieu, grâce à son interaction avec les autres bactéries.

bacteries-maladie-02Bref, l’écosystème très compliqué de notre microbiote commence à devenir plus clair. Cette découverte va surtout permettre d’aller plus vite dans les recherches. Les contours du puzzle et ses pièces maitresses sont en train de se mettre en place pour savoir exactement ce que nous avons dans notre ventre.

* lors d’une une collaboration internationale au sein du consortium MetaHIT pilotée par l’Inra et impliquant des équipes du CEA, du CNRS et de l’Université d’Evry,

*

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2 commentaires Donnez votre avis
  1. Dans les années 1950 en URSS au sein l’hôpital Korsakov à Moscou, le Professeur Yuri Nikolaïev (psychiatre) avait découvert par hasard l’utilité médico-psychiatrique du jeûne.
    En effet, un jour, suite au refus systématique d’un patient à s’alimenter car toujours prostré sur lui-même, Nikolaïev décida de tenter l’expérience de laisser et de ne plus le forcer,
    S’en suivi quelques faits absolument remarquables :
    Au 5ème jour de jeûne => diminution notable du négativisme du malade (de moins en moins prostré sur lui-même et ouvré les yeux)
    Au 10ème jour => le maladie s’est mis à marcher tout en gardant le silence
    au 15ème jour => il a bu un verre de jus de pomme laissé sur sa table puis est allé se promener
    Finalement peu de temps après le patient fini par renouer avec la vie sociale
    Source : film et livre intitulés « Le jeûne, la nouvelle thérapie » de Thierry de Lestrade.

    Après avoir vu ça sachant que notre système digestif est entouré d’environ 200 millions de neurones (plus que dans le cerveau d’un chien) on ne peut s’empêcher de penser que cette période de jeûne à due détruire des colonies de bactéries qui ont vraisemblablement perturbés le bon fonctionnement du cerveau !
    Alors, d’où pourrait provenir l’origine de ce mal ? Pourquoi ces bactéries normalement indispensables à notre survie nous rendent malade ?
    Eh bien, force est, de constater que la société de consommation est le principal responsable !
    Rythme de vie, de travail, nourriture trop riche en sucre (saccharose), en sel, beaucoup trop d’additif alimentaire, trop de gras ……etc et j’en passe et des meilleurs.
    Bref, réveillons-nous !

  2. Bonjour
    merci pour cet excellent article le sujet est à suivre très attentivement dans les prochains mois et années. Les interactions entre milieu intestinal et cerveau, par exemple, sont un sujet extraordinaire, qui dit combien l’organisme est un tout et non, comme le traite la médecine occidentale – et française en particulier – une addition mécanique d’organes cloisonnés entre eux.
    Ces notions apportent du crédit aux conceptions holistiques orientales, mais avec une approche factuelle, non dogmatique.
    Il est de plus en plus établi que notre mode de vie stressant et les pollutions multiples auxquelles nous sommes soumis sont délétères.
    Quand on nous argumente sur l’allongement de la durée de la vie lié aux progrès de la médecine occidentale, il faut rappeler que ce n’est pas la durée de vie en soi qui s’allonge – elle plafonne à 110-120 ans ce qui est beaucoup- mais le nombre d’accédants à la plage maximum de durée. Ces accédants sont pour la plupart les nantis du système économique. Les différences entre durées de vie dans les groupes reflètent surtout les différences entre les milieux sociaux.

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