Quelle est la meilleure eau à boire ?

Quelle est la meilleure eau à boire ?

Eaux minérales ou eaux de source en bouteille ? Eaux du robinet ? Eau filtrée ? Yann Olivaux s’intéresse depuis plusieurs années aux différents « mondes de l’eau » (hydrologie, gestion de l’eau, écologie, sciences de l’eau…) et poursuit avec d’autres scientifiques, spécialistes de l’eau à boire, ses recherches sur les questions sanitaires liées aux eaux à boire.

Biophysicien de formation, ancien enseignant et formateur en biologie, conférencier, il est l’auteur du livre de référence « La nature de l’eau » paru aux éditions Marco Pietteur en 2007.

Son point de vue nous éclaire sur les certitudes acquises, les idées reçues et les nombreuses questions irrésolues concernant le domaine des eaux de boisson.

Eau du robinet – le saviez vous ?

Selon une étude UFC-Que choisir de janvier 2014, 1.5 million de personnes recevaient une eau trop polluée à leur robinet en 2013. c’est néanmoins un progrès par rapport à 2012 avec 280.000 Français supplémentaires qui reçoivent une eau conforme à la réglementation.

Selon le baromètre TNS-SOFRES/CIEAU « Les Français et l’eau », publié en avril 2014, près de la moitié des Français (47 %) considèrent ne pas être suffisamment informés.

Avec 12 millions d’analyses par an, l’eau du robinet est le produit alimentaire le plus surveillé de France. Des contrôles effectués chaque jour par l’État, les collectivités et par les exploitants du service public de l’eau, pour fournir aux Français une eau saine.

Pourtant ce produit vital, essentiel au quotidien n’a pas d’étiquette qui puisse renseigner l’usager sur sa nature, sa composition. De plus, le sujet est complexe, tout à la fois scientifique et technique, ce qui explique la difficulté, pour le grand public, à accéder à une information ‘juste’. 

1) Quelle eau de boisson devrait-on boire aujourd’hui ?

nature de l'eauA ce jour, il n’est pas possible de répondre intégralement à cette question car l’eau est une substance structurellement très complexe. Ensuite, le débat sur les qualités des eaux de boissons est « brouillé » par le fait que son commerce est l’objet d’énormes enjeux économiques.

De plus, il faut s’accommoder de l’absence d’évaluation satisfaisante de l’impact sanitaire sur le long terme de la qualité de l’eau par les normes actuelles. Il est à ce titre important de prendre conscience que « l’eau que nous polluons sera un jour notre eau intérieure, notre eau intime ».

2) Quelles eaux de boisson ou alimentaires trouve-t-on sur le marché actuellement ?

On dispose aujourd’hui de trois types d’offres d’eaux alimentaires.

L’eau du robinet (ou du réseau) : elle est traitée pour satisfaire aux quelques dizaines de paramètres de limites et de références de qualité des EDCH (Eaux Destinées à la Consommation Humaine).

Les eaux embouteillées : les eaux de source répondent aux normes EDCH. Pour les eaux minérales, seuls les agréments de l’Académie nationale de médecine et de L’AFSSA (Agence Française de Sécurité Sanitaire et des Aliments) sont requis.

Les eaux filtrées, à partir essentiellement de l’eau du robinet, par des Procédés de Purification de l’Eau (PPE). Ceux-ci ne font pas l’objet à ce jour d’un encadrement législatif spécifique.

3) Comment faire un choix entre ces trois offres ?

Aucune solution idéale, simple et universelle n’existe.
Cependant, je propose d’effectuer un comparatif entre les eaux du réseau et les eaux embouteillées à l’aide de trois critères majeurs de sélection afin de faciliter le choix de chacun en fonction de ses priorités.

Le critère économique : l’eau du réseau est de loin la plus économique car elle coûte, en tenant compte du prix moyen du m3 au robinet, au minimum 50 fois moins chère que le premier prix d’une eau de source en bouteille. Les PPE requièrent une carafe filtrante ou une installation sur robinet et des consommables.

Le critère écologique  : les eaux en bouteilles nécessitent du pétrole pour fabriquer le contenant plastique (PET) mais ont surtout un bilan carbone lourd en raison du transport. Les filtres pour les PPE sont peu recyclés et recyclables et nécessitent trois litres d’eau pour produire un litre d’eau purifiée. L’avantage est encore ici en faveur de l’eau du robinet.

eau du robinetSelon Que Choisir, il y aurait en France 2 millions de personnes qui ne reçoivent pas une eau du robinet conforme aux critères réglementaires. Ce chiffre est issu d’une étude menée à partir d’analyse de l’eau potable dans diverses communes et qui ont relevé divers polluants, notamment issus de l’agriculture : des nitrates, des pesticides, du sélénium.

Dans le monde, 6,1 milliards de personnes bénéficient d’un accès à l’eau potable en 2010 ; un taux supérieur à l’objectif international d’atteindre 88 % de la population mondiale desservis en 2015. Mais il reste 2,5 milliards  de personnes sans accès à des installations sanitaires

*

La suite p.2 > Le critère sanitaire de l’eau