Les polluants les plus fréquents dans notre alimentation

Rédigé par Emma, le 24 Jun 2012, à 22 h 54 min

Depuis le vent de panique du 24 mai 2011, quand 24 personnes étaient décédées après avoir mangé des graines porteuses de la bactérie Escherichia coli, une attention accrue se porte sur les poisons qui polluent nos aliments. Une étude de l’Anses en 2010* en a pointé 445…

Pas de panique, on a fait le tri pour vous !

Voici les principales substances toxiques à connaître et à éviter (si possible).

Les produits chimiques ont envahi notre assiette

aliments polluantsDepuis la seconde guerre mondiale, les industriels ont développé des dizaines de milliers de molécules chimiques, dont plusieurs milliers sont utilisées pour fabriquer des aliments ou pour l’agriculture. Ces molécules se sont répandues dans la nature, dans les sols, les cours d’eau, … bref dans toute la chaîne alimentaire. Colorants, additifs, produits de synthèse (faux sucre, faux sel, …) sont présents dans l’alimentation mais aussi dans les emballages.

Ne noircissons pas le trait ; au quotidien, très peu de personnes subissent d’intoxications alimentaires à cause de ses substances. Non, c’est plutôt l‘accumulation dans le temps de doses homéopathiques de nombreuses molécules qui pose problème.

Répétition de doses infimes + effet cocktail = danger potentiel

20 000 produits alimentaires passés au crible

L’Anses a passé au tamis toutes sortes d’aliments (soupes, salades, yaourts, fruits, …) frais, surgelés ou en conserve, achetés dans 1500 points de vente, pour identifier 445 substances qui posent problème : une vraie photo panoramique de notre alimentation nationale. Et un reflet de notre exposition à ces insidieux poisons.

Les bonnes nouvelles :

  1. certains polluants sont moins présents  : le plomb, le mercure, l’arsenic et certaines mycotoxines ont été moins identifiées. L’Anses a trouvé 4 fois moins de dioxines ou le PCB qu’en 2004.
  2. Pour 307 substances ne dépassent pas la VTR, autrement dit, pour 85 % des 445 substances analysées, il n’y a aucun risque.

Les moins bonnes  :

  • Pour 12 % des substances recherchées par l’Anses, le risque toxicologique ne peut être écarté.
  • 54 substances (plomb, arsenic, aluminium…) sont présentes à une concentration à des niveaux supérieurs aux “seuils de sécurité”, les VTR (valeurs toxicologiques de référence) qui correspondent aux DJA (doses journalières admissibles). Par exemple, 2 % des enfants sont exposés à un risque toxicologique dû à l’aluminium parce qu’ils mangent certains aliments qui en contiennent.
  • Pour 72 substances, l’Anses n’a pas pu se prononcer.
  • Manger cru accroît, en moyenne, le risque toxicologique.
  • Certaines substances sont plus présentes que lors de la précédente étude de 2004 : le nickel (qui se trouve dans les fruits secs, le chocolat, les graines oléagineuses), l’antimoine (mollusques, crustacés, fruits cuits), le cobalt (beurre, abats, chocolat), le déoxynivalénol (une mycotoxine présente dans le pain).

On savait déjà que les dioxines, les nitrates, les pesticides et les métaux lourds nuisent à nos aliments. Mais l’Anses pointe des substances moins connues ou plus surprenantes : des composés perfluorés, des retardateurs de flamme bromés, des mycotoxines (des champignons qui prospèrent avec de mauvaises conditions de stockage) ou encore des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) dont 32 % proviennent du transport routier, sont tout aussi nuisibles pour notre organisme.

Des substances toxiques persistantes qui agissent longtemps …

cuisson PFOAOn appelle ces substances des polluants organiques persistants (POP)  : ce sont les dioxines, PCB, pesticides, etc. Une étude suédoise  publiée dans la revue Environmental Health Perspectives a montré qu’ils peuvent favoriser l’athérosclérose. Une autre étude canadienne de  2010 montrait que des POP présents dans les emballages de fast-food à l’épreuve des graisses (papiers sulfurisés) et de popcorn à éclater migrent dans les aliments et sont ingérés par les consommateurs. Et ils y restent.  On utilise aussi des POP, comme les PFOA , dans la fabrication des casseroles et des poêles anti-adhésives.

L’effet cocktail, mesurable … mais pas mesuré

C’est le mélange des substances qui fait peur aux toxicologues, plus encore que le niveau des polluants pris individuellement. Cet effet cocktail est particulièrement redouté quand il est composé de perturbateurs endocriniens (phtalates, bisphenol A, parabens).

95 % des Américains ont du bisphenol dans les urines et 90 % des bébés ont été exposés aux phtalates dans le ventre de leur mère. Or, les chercheurs soupçonnent d’avoir un rôle dans les problèmes de tension artérielle, de diabète, cancer ou stérilité.

  • On sait désormais mesurer de manière fiable certains effets cocktail grâce à des outils analytiques biologiques complexes qui évaluent l’effet d’un ensemble de molécules sur certains paramètres biologiques.
  • L’Anses n’a pas utilisé ces méthodes, mais a conservé des échantillons pour pouvoir en faire ultérieurement
  • Autre réserve : l’étude ne fait pas la distinction entre les aliments transformés industriels ou bruts et le bio.

Conclusion  : faut-il avoir peur de l’alimentation moderne ?

Non, loin de là ! La France dispose d’un dispositif de sécurité sanitaire parmi les meilleurs du monde, et les substances qui posent problème sont sous surveillance étroite, car elles exposent une petite partie de la population à un vrai danger potentiel.

Les aliments modernes sont dans l’ensemble sûrs et il n’y a, comme le confirme l’étude, qu’un très petit nombre d’aliments qu’il faut éviter de consommer en grandes quantités et régulièrement.

Finalement, comme toujours, ma recommandation est d’acheter de tout, d’éviter de choisir les aliments les plus pollués, de bien laver les aliments, et de conserver une alimentation bien équilibrée.

La pollution ferait grossir les enfants  ?

Ce n’est pas une blague, mais la conclusion d’une étude espagnole (2) qui démontre qu’exposer des enfants avant leur naissance à divers produits chimiques les prédispose à être gros plus tard, favorisant l’augmentation de l’obésité dans la population. A vérifier avec d’autres études à venir.

*

(1) Lars Lind de l’Université d’Uppsala et Monica Lind du Karolinska Institutet ont mené cette étude avec 1000 résidents de la ville d’Uppsala. Les personnes avec les taux les plus forts de polluants dans le sang présentaient plus d’athérosclérose.

(2) menée par l’Institut municipal de recherche médicale de Barcelone, publiée dans Acta Paediatrica, 2008.

Page 2 > la liste des principaux polluants dans notre alimentation

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6 commentaires Donnez votre avis
  1. J’ai bu des sodas à l’aspartam et j’ai été tout de suite malade,j’avais de l’asthme,mes yeux pleuraient,j’avais un grave malaise. Grâce à Dieu, je ne suis pas morte.L’aspartam est dangereux pour moi. Salut cordial. Béa B-H

  2. Je préfère de très loin me fier aux résultats, conseils, avis de l’ANSES, plutôt qu’à ce que peut raconter MM Robin dans son livre. Spécialiste des mensonges déjà avec ses précédents ouvrages, curieusement tout ce qu’elle dit, écrit est toujours “à charge”…!!!
    Pire, lorsqu’on lui démontre qu’elle se trompe, qu’elle écrit des erreurs voire qu’elle tient des propos mensongers, elle n’en tient aucunement compte.

    Contrairement à une idée trop largement répandue, les nitrates ne sont aucunement dangereux pour la santé. Il y a des quantités de nitrates très importantes dans les salades, épinards… Le seuil arbitraire choisi de 50 mg/l n’a rien à voir avec un problème de santé quelconque !
    Ce qui peut être dangereux ce sont les nitrites… Ceux ci peuvent résulter de la transformation de nitrates en nitrites dans certaines conditions.

    Distinction produits de l’AB versus conventionnel ! il existe au moins deux méta-analyses dont une de 2003 de l’AFSSA à l’époque (ANSES actuellement) et une plus récente de 2009 (UK) qui toutes deux démontraient que les produits issus de l’AB ne présentent certainement pas d’avantages significatifs tant sur les plans nutritionnels que sanitaires (ce dernier aspect est plutôt en défaveur de l’AB, et cela se comprend aisément !)

    Le problème des mycotoxines est effleuré semble t-il dans ce dossier, alors que leurs risques réels semblent minorés depuis trop longtemps !

    Il est temps qu’il émerge et que l’on tente d’apprécier leurs importances par rapports aux autres polluants.

    Il existe un nombre important de mycotoxines et pas seulement le DON (dioxynévalénol),mais des zéaralénones, , ochratoxines, fumonisines, aflatoxines … (ces dernières étant parmi les substances cancérigènes les plus puissantes connues), que l’on retrouve un peu systématiquement dans les céréales mais pas seulement. Toutes sont classées cancérigènes… bref, les autres polluants s’ils sont à considérer sont certainement à relativiser par rapport au risque mycotoxines.

  3. bonjours je voulais signaler que ufc que choisi a fait une étude sur les taux de POP dans les revêtement des ustensiles de cuisine

  4. bonjours je voulais signaler que ufc que choisi

  5. Lorsque l’on sait comment les DJA et autres VTR ont été établis, l’affirmation “Il n’y a aucun risque” est surprenante. Un visionnement de l’excellent film “Notre poison quotidien” de Marie-Monique Robin en dit long sur le système de l’industrie agro-alimentaire.

    • j’ai toujours gardé les ustensiles de cuisines de ma grand mère, ils se gardent bien et les aliments ne subissent pas le téflon, cela accroche un peu et donne un bon gout aux plats. on les rince facilement , de plus ils sont solides = économies . Flora.

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