Le plantain, une mauvaise herbe qui ne vous veut que du bien !
Le plantain est encore bien trop souvent considéré comme une mauvaise herbe. Pourtant, il regorge de trésors pour notre bien-être et même parfois pour notre plaisir gustatif ! Partons à sa rencontre, le long des chemins sauvages ou tout simplement dans les jardins.

Le plantain pousse dans les pelouses, les prairies et au bord des chemins. Loin d’être une simple « mauvaise herbe », cette plante sauvage se cuisine et possède plusieurs usages traditionnels. Encore faut-il bien l’identifier, la cueillir dans un endroit propre et connaître ses limites.
Ce qu’il faut retenir
- Le plantain lancéolé se reconnaît à ses feuilles étroites parcourues de nervures parallèles.
- Son usage traditionnel concerne notamment la gorge irritée, la toux sèche et les petites inflammations cutanées.
- Les jeunes feuilles peuvent être ajoutées aux salades, soupes, pestos et poêlées.
- Une préparation maison ne doit jamais être appliquée dans les yeux ou sur une plaie profonde.
Plantain lancéolé ou grand plantain : comment les reconnaître ?
Le terme plantain désigne plusieurs espèces du genre Plantago. Les deux plus courantes en France sont le plantain lancéolé (Plantago lanceolata) et le grand plantain (Plantago major).
Le premier présente des feuilles longues et étroites, disposées en rosette au ras du sol. Elles sont parcourues de trois à sept nervures presque parallèles. Ses fleurs forment de petits épis bruns portés par de longues tiges.
Le grand plantain possède des feuilles plus larges, arrondies et munies d’un pétiole. Ses nervures bien marquées partent de la base de la feuille. Lorsqu’on casse doucement une feuille, celles-ci forment souvent des fils résistants.
Ces indices facilitent la reconnaissance, mais ils ne dispensent pas d’une identification certaine. Certaines plantes sauvages peuvent être toxiques. En cas de doute, ne consommez pas votre cueillette et demandez conseil à un botaniste ou à un pharmacien formé à la botanique.

Le plantain est reconnaissable à ses feuilles nervurées © nnattalli
Quels sont les bienfaits traditionnellement attribués au plantain ?
Les feuilles de plantain lancéolé renferment notamment des mucilages, des tanins et différents composés végétaux. Les mucilages forment une substance douce au contact de l’eau. Ils expliquent en partie l’utilisation traditionnelle de la plante pour apaiser les muqueuses irritées.
L’Agence européenne des médicaments reconnaît l’usage traditionnel du plantain lancéolé pour soulager les irritations de la bouche ou de la gorge, la toux sèche associée et la toux liée au rhume. Elle mentionne également son emploi traditionnel sur les inflammations mineures de la peau.
Cette reconnaissance repose cependant sur un usage ancien, et non sur des preuves cliniques équivalentes à celles exigées pour un médicament conventionnel. Le plantain peut accompagner la prise en charge d’un trouble léger, mais il ne remplace pas un traitement médical.
Une infusion de plantain contre la gorge irritée
Pour les adultes et les adolescents, une infusion peut être préparée avec 1,5 à 2 g de feuilles séchées et découpées dans 150 à 250 ml d’eau bouillante.
Laissez infuser environ 10 minutes, puis filtrez soigneusement. Cette tisane peut être consommée deux à trois fois dans la journée. Un peu de miel peut être ajouté après refroidissement, sauf pour les enfants de moins d’un an.
Vous pouvez utiliser le plantain seul ou l’associer à du thym. Ce dernier apporte une saveur plus aromatique, mais cette association ne convient pas nécessairement à tout le monde.

Une infusion de plantain lancéolé pour adoucir la gorge © HETIZIA
Cette préparation peut aussi servir de gargarisme lorsqu’elle est complètement refroidie. Elle doit être préparée avec du matériel propre et utilisée rapidement.
Une toux accompagnée de fièvre, d’un essoufflement, de douleurs thoraciques ou d’expectorations purulentes nécessite un avis médical. Consultez également lorsque les symptômes persistent plus d’une semaine.
Teinture mère et allergies saisonnières : prudence
La teinture mère de plantain est parfois proposée en phytothérapie contre les manifestations allergiques. Toutefois, les preuves disponibles ne permettent pas d’affirmer qu’elle prévient ou traite efficacement une allergie aux pollens ou aux graminées.
Sa concentration et sa teneur en alcool varient selon les produits. Il est donc préférable de suivre la notice et de demander conseil à un pharmacien, plutôt que d’adopter un nombre standard de gouttes.
La fabrication d’une teinture alcoolique maison ne garantit ni une concentration constante ni l’absence de contaminants. Cet ancien pas-à-pas consacré à la teinture de plantain permet d’en comprendre le principe, mais ne remplace pas l’avis d’un professionnel.
Attention également au paradoxe : le pollen de plantain peut lui-même déclencher une réaction chez les personnes sensibilisées. En cas de gêne respiratoire, de gonflement ou de réaction importante, appelez immédiatement les secours.
Peut-on utiliser une feuille de plantain sur une piqûre ?
Frotter une feuille froissée sur une piqûre d’insecte constitue un remède populaire bien connu. Cette pratique peut procurer une sensation d’apaisement, mais son efficacité immédiate n’est pas scientifiquement établie.
Une feuille prélevée dans la nature peut aussi transporter de la terre, des bactéries ou des résidus. Évitez donc de la mordiller avant de l’appliquer et ne la posez pas sur une peau lésée.
Commencez par retirer le dard s’il est encore présent, puis nettoyez la zone à l’eau et au savon. Une compresse froide suffit souvent à limiter l’inconfort. Pour un usage cutané du plantain, privilégiez une préparation propre et contrôlée.
N’appliquez jamais une infusion, une décoction ou une feuille de plantain dans les yeux. Une conjonctivite, une douleur oculaire ou une baisse de vision nécessitent un avis médical.
Le plantain en cuisine : une plante sauvage au goût de champignon
Le plantain n’est pas seulement utilisé en phytothérapie. Ses jeunes feuilles tendres sont comestibles lorsqu’elles ont été correctement identifiées et récoltées dans un environnement propre.
Leur saveur végétale rappelle parfois celle du champignon. Finement ciselées, elles peuvent compléter une salade, une omelette ou un fromage frais aux herbes.
Plus âgées, les feuilles deviennent fibreuses. Retirez alors le pétiole et les nervures les plus dures avant de les cuire. Elles peuvent rejoindre une soupe, une poêlée, une quiche ou un gratin.

Soupe de plantain et d’ortie parsemée de fleurs © Robert Forster
Un pesto de plantain facile à préparer
Pour un petit pot, prévoyez :
- Deux poignées de jeunes feuilles de plantain bien lavées ;
- Une petite poignée de noix, de noisettes ou de graines de tournesol ;
- Une demi-gousse d’ail ;
- Trois à quatre cuillères à soupe d’huile d’olive ;
- Un filet de jus de citron ;
- Du sel et du poivre.
Séchez soigneusement les feuilles, puis mixez-les avec les autres ingrédients. Ajustez la quantité d’huile selon la texture recherchée. Ce pesto accompagne des pâtes, des tartines ou des légumes rôtis.
Conservez-le au réfrigérateur dans un récipient propre et consommez-le rapidement. Pour limiter le gaspillage, les tiges les plus tendres peuvent être ajoutées à un bouillon.
Des chips de plantain pour l’apéritif
Choisissez des feuilles de plantain lancéolé encore jeunes. Lavez-les, puis séchez-les parfaitement. Faites-les revenir quelques instants dans une poêle avec un peu d’huile d’olive.
Lorsqu’elles deviennent croustillantes, déposez-les sur un papier absorbant et ajoutez une pincée de sel. Surveillez attentivement la cuisson, car les feuilles fines brûlent rapidement.
Au printemps, le plantain peut aussi rejoindre les feuilles de pissenlit et les jeunes pousses d’ortie dans une soupe sauvage de saison.
À lire aussi – Manger des plantes sauvages : une bonne alternative
Où et comment cueillir le plantain sans risque ?
Ne récoltez que les feuilles dont vous avez formellement identifié l’espèce. Prélevez une petite quantité afin de préserver la plante et les ressources disponibles pour les insectes.
Évitez les bords de route, les voies ferrées, les décharges, les sites industriels et les terrains susceptibles d’avoir reçu des pesticides. Les espaces régulièrement fréquentés par les chiens ou le bétail sont également à écarter.
Une fois chez vous, triez les feuilles une par une. Retirez celles qui sont tachées, abîmées ou parasitées, puis lavez soigneusement votre récolte à l’eau potable. Un lavage ne supprime toutefois pas tous les polluants chimiques.
Respectez également la réglementation locale et la propriété des terrains. La cueillette peut être interdite ou limitée dans certaines réserves naturelles et sur les propriétés privées.
Plantain : contre-indications et précautions
Le plantain est déconseillé aux personnes allergiques à la plante ou à son pollen. Arrêtez toute utilisation en cas de démangeaisons, d’éruption cutanée ou d’aggravation des symptômes.
La sécurité des préparations médicinales à base de plantain n’étant pas suffisamment établie pendant la grossesse et l’allaitement, leur utilisation est déconseillée sans avis professionnel.
Les recommandations diffèrent également selon la préparation et l’âge de l’enfant. Ne donnez pas de teinture alcoolique, de sirop maison ou d’infusion médicinale à un jeune enfant sans l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien.
Enfin, ne confondez pas les feuilles de plantain avec les graines de psyllium, issues d’autres espèces du même genre. Ces graines, riches en mucilages, possèdent un usage laxatif spécifique qui ne peut pas être transposé aux feuilles.
Article mis à jour août 2026
A lire absolument
































Il faut arrêter de parler de « mauvaises herbes », ça n’existe pas !
Il y a seulement des herbes dont on ne veut pas qui poussent à des endroits où ne ne veut pas !!!
Toutes ont des propriétés particulières, bonnes ou toxiques. Il faut surtout apprendre à les connaitre avant de leur infliger des traitements radicaux.
Ah ! la beauté d’un jardin à la française dans lequel il n’y a plus aucune vie !!!
Bonjour !
Vous avez absolument raison, d’ailleurs l’expression devait être écrite ainsi « mauvaise herbe », avec des guillemets, tant il est vrai que si certaines herbes ont longtemps été considérées comme telles, nous savons bien maintenant qu’il n’en est rien !
Belle journée à vous !