La ferme de Tauziet, un exemple réussi de vente directe

Rédigé par Céline, le 8 Oct 2015, à 6 h 04 min

Patrick Seguin est un homme convaincu. Né d’un père viticulteur et de grands-parents fermiers dans le Lot-et-Garonne. Il a toujours gardé de sa jeunesse une certaine nostalgie et un vrai savoir-faire. Au point de décider, après une première vie professionnelle comme artisan, de se lancer dans l’aventure de la Ferme de Tauziet et de prendre en charge l’exploitation des volailles et du potager. Avec la vente directe, il combat le diktat des grandes surfaces et s’insurge contre le tout discount. Comment ? Nous sommes allés à sa rencontre pour en savoir plus.

Vente directe : acheter local à des prix justes, c’est possible

Des producteurs landais se sont regroupés et ont créé un site de vente en circuit court de produits du terroir, pour « que le circuit court et la vente directe constituent une solution durable permettant aux consommateurs et aux paysans de vivre mieux, individuellement, mais aussi ensemble ».

Sur le principe d’une vente privée, comme pour le linge ou la cosmétique ils offrent la possibilité de commander votre volaille, boeuf, jambon, miel, épices, sur le même espace.

Le fonctionnement est hebdomadaire : le groupement sélectionne les produits, regroupe les commandes le dimanche soir et collecte les produits en circuit frais. En tant que consommateur il suffit de s’inscrire sur le site et de sélectionner parmi les ventes ouvertes les produits que l’on souhaite, de régler et de valider sa commande. Les colis frais et secs sont expédiés en 24 h le mercredi.

Une communauté de producteur et d’agriculteurs

vente directe ferme

La Ferme de Tauziet représente 39 producteurs aquitains soit plus de 300 produits (volailles, truffes, boeuf, miel…).

Qu’est-ce qui change vraiment pour le producteur ?

Le groupement de producteurs rémunère les agriculteurs jusqu’à 4 fois le prix imposé par la grande distribution. Les tarifs ne sont pas négociés par le groupement. Les ventes se font sans qu’ils n’aient besoin de vendre directement sur les marchés, ou d’embaucher du personnel pour tenir une boutique alors qu’ils n’en ont pas les moyens.

Patrick Seguin, producteur de la Ferme de Tauziet, nous répond

« J’ai rencontré beaucoup de monde ! Producteurs voisins et membres également, clients qui viennent retirer leur colis à La Ferme, gens du village qui ont envie d’en savoir plus et se sentent concernés et fiers de leur région. C’est un lien social nouveau qui facilite l’entraide et permet d’échanger sur des projets ou des ‘bons plans’. J’ai ainsi trouvé un approvisionnement de pain dur que les boulangers du coin me garde afin de nourrir les poulardes que je vais sortir pour les fêtes. Ces volailles seront ‘finies’ au pain et au lait pendant près de 3 semaines avant de les retrouver sur les tables de cette fin d’année.

J’ai aussi rencontré des amateurs de bons produits. Cette convivialité est importante sans être essentielle. Elle rompt un peu l’isolement que chaque agriculteur vit au moins une fois, et me rappelle que même si cette vocation est difficile, c’est vraiment ce que j’aime avant tout !

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J’ai aussi pris beaucoup de plaisir à retrouver mes volailles sur les tables des chefs étoilés de la région. Les voir cuisiner et sublimer avec talent mes volailles ou lapins est une fierté. J’ai aussi toujours autant de joie à savoir que la convivialité d’un déjeuner du dimanche se passe autour d’un poulet de Tauziet rôti. »

Avez-vous réellement senti une amélioration au niveau de votre exploitation ?

« J’ai réussi à valoriser le meilleur de ma production et à me concentrer sur mon coeur de métier. J’ai mis en place de nouvelles parcelles, afin d’améliorer leur rotation et afin d’avoir une herbe dense en végétation et en insectes en permanence.

J’ai un dialogue régulier avec mes partenaires la Ferme de Tauziet, ce qui m’aide dans des décisions concernant l’évolution des choix de volailles, mais aussi sur les tailles des lots en fonction de la demande. J’ai ainsi réussi à développer mon activité telle que je l’envisageais, c’est-à-dire tirer le meilleur du terroir sur lequel mon exploitation est implantée, chercher à faire la meilleure volaille, la pintade fermière comme on n’en fait plus, du lapin fermier de plein air.

Ces échanges me permettent de rester serein sur ma production.

Sans oublier cette passion pour la poule noire landaise dont j’ai enfin réussi grâce à mes associés et à Slow Food qui l’a référencé dans l’Arche du Goût, à domestiquer et à élever. Vous pourrez enfin la trouver sur les tables des grands chefs d’ici la fin de l’année. C’était un gibier très prisé au début du siècle dans les Landes, mais qui dit gibier dit ‘sauvage’. À force de travail et de réflexion, nous avons réussi à mettre en place une poussinière, des reproducteurs et à les maintenir sur une parcelle de 4000 mètres carrés dont elles ne s’échappent plus. »

Pensez-vous que ce soit une idée à creuser pour sauver notre agriculture ?

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« Il y a beaucoup de chemin à faire avant de sauver l’agriculture ! Néanmoins il ne faut pas baisser les bras et cette initiative de La Ferme de apporte des solutions évidentes en terme de non-gaspillage (ne sont abattues que les volailles déjà vendues) et d’adaptation à ma capacité de production qui guide le rythme des Ventes (et non pas l’inverse)

Mais ce qui est sûr c’est que les gens ont le choix de faire leurs courses autrement et de mieux consommer. L’exploitation non intensive en agroécologie est plus paisible à la fois pour l’environnent, pour les animaux et les cultures, mais aussi pour moi en tant qu’exploitant. Je me procure le maïs entier à côté de ma Ferme, mais j’ai fait le choix de le concasser moi-même, car il est plus riche ainsi. Je préfère sortir 200 volailles par mois en les faisant du mieux que mon savoir-faire et mon terroir me le permet que de gérer un lot de 10 000 têtes par semaine, dont l’alimentation et la croissance, sont totalement sont totalement automatisées ! »

Connaissez-vous d’autres alternatives de ce type ?

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Maman, éducatrice spécialisée, bloggeuse pour Mam’conseils, toujours en quête de nouveautés et d’initiatives qui nous permettent de consommer...

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