Les avocats, si délicieux mais scandaleux !

Aux États-Unis et en Europe, la forte demande en consommation d’avocat semblait être au cours de ces dernières décennies une opportunité pour la croissance économique des pays producteurs. Mais aujourd’hui, le bilan environnemental et social de cette activité agricole dresse un tableau loin d’être réjouissant, surtout au Mexique.

Rédigé par Cornélia, le 22 Oct 2017, à 12 h 30 min

Dans les colonnes du quotidien Le Monde, on peut lire qu’en trente ans, les plantations d’avocats ont enregistré une hausse de 6,6 % en un an. Et pourtant, ses retombées environnementales et sociales sont moins élogieuses.

Faut-il continuer à manger les avocats ?

L’explosion de la demande de l’avocat, fruit apprécié et parfois réadapté aux goûts et cultures alimentaires, impose aux pays exportateurs une culture intensive, responsable de la déforestation et de crime organisé. Au Mexique, premier pays exportateur d’avocats, 90 % de la production provient de la région montagneuse du Michoacan dans le sud-ouest où les conditions climatiques sont plus favorables de juin à septembre.

Avocats © MNStudio

D’autres pays tels que le Pérou, l’Israël, la République dominicaine, le Kenya et le Rwanda font partie également des top 10 des producteurs mondiaux de l’avocat.

Avocats : quels impacts sur l’environnement ?

Face à la flambée des prix que suscite le boom de la consommation d’avocats depuis les années 1970, les retombées sur le plan écologique et humain ne sont pas à négliger.

Des records en consommation d’eau

La culture de l’avocat nécessite de l’eau, beaucoup d’eau ! Et ce marché devenu lucratif exige – sans compter le bilan carbone – 1.000 litres d’eau pour trois avocats : soit environ 500 milliards de litres d’eau par an. Véritable danger pour l’environnement, cet important besoin en irrigation pour un seul fruit, induit une surexploitation des nappes phréatiques, surtout durant les mois de l’année où la pluviométrie est moins favorable.

Un transport énergivore

Par ailleurs, le transport des avocats de l’Amérique Latine (Pérou, Chili, Mexique) vers l’Europe se fait via des trajets de centaines de kilomètres en camion, exige une réfrigération à 6°C pendant une vingtaine de jours de transport en bateau. À cela s’ajoutent les besoins d’emballage et de stockage dans une mûrisserie, avant que le fruit soit soufflé à l’éthylène pour être mûri.

Une déforestation et des cultures sauvages

Plus alarmant encore, pour faire face à cette forte demande des consommateurs, certains agriculteurs mexicains « plantent clandestinement des avocatiers au milieu des pins« , précise Victor Manuel Coria (Directeur de l’institut National des recherches Forestières) ; avant d’expliquer comment ils procèdent en coupant petit à petit, les « branches, puis les troncs desséchés« . Certains gros producteurs vont jusqu’à raser les forêts pour planter des avocatiers !

avocats

Plantation d’avocatiers © Daniel Reiner

Une faune menacée

À ces fléaux environnementaux, s’ajoute la menace de la disparition progressive de la faune (oiseaux rares, pumas, coyotes, papillons monarques).

Quand l’or vert provoque des ravages sociaux et sanitaires

Bien que constituant un facteur clé de la croissance économique, l’avocat est devenu au Mexique, « plus cher que certains métaux« , relève le journal Le Monde.

Outre l’émergence de cartels de la drogue, certains instituteurs soutiennent que, l’implantation de différentes sortes d’avocatiers au Michoacan, et l’utilisation de produits agrochimiques depuis une quinzaine d’années, seraient à l’origine d’une augmentation des maladies respiratoires et digestives des élèves de Jujucato, sans oublier le risque de pollution des eaux.

Comment remplacer l’avocat dans l’alimentation ?

Bien que recommandé par les gastronomes et les nutritionnistes, l’avocat peut être remplacé pour les besoins nutritionnels :

  • Vitamine E par les poissons gras, les oeufs, les germes de blés, les graines de tournesol, les légumes verts…
  • Vitamine K par le brocoli, le persil frisé frais, le cresson cru, le chou vert frisé, les épinards, l’huile de colza ou de soja…
  • Lipides mono-insaturés par les amandes, les olives, les noix, l’huile de noisette…
  • Vitamine B9 (ou folate) par le chou-fleur, les graines de lin, les betteraves, les asperges, les brocolis…
  • Vitamine C par le chou, la blette, le fenouil, le kiwi, le poivron, les agrumes, l’estragon ou encore le radis noir cru…
Illustration bannière : Avocat – © Pazyuk
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Diplômée en Sciences Politiques, créatrice de mon entreprise et passionnée par les médias digitaux, je suis aujourd’hui mue par une motivation sans...

9 commentaires Donnez votre avis
  1. Vous pouvez acheter des avocats grecs ou italiens, produits de manière plus responsable, pas très loin des marchés européens

  2. NONIL NE SAGIT PAS DE SUPPRIMER DES HUMAINS !!!!!!!!! MAIS DE REDUIRE LES NAISSANCES………

  3. vous etes tous a cote de la plaque la seule et unique raison de tout les problemes ,environementaux,ecologique,sociaux, C’EST…….LA SURPOPULATION MONDIALE!!!!!!!!!!!!si la planete etait moitie moins peuplee……il n’y aurait plus de probleme MAIS ALLEZ FAIRE COMPRENDRE ÇA A TOUT CEUX QUI SONT SOUS LES EMPISES DE ??????? PENSEZ Y AVANT QU’IL NE SOIT TROP TARD!!!!!!!

  4. Et puis… si l’on mange des avocats, c’est aussi et surtout par goût, alors, l’idée de chercher absolument des équivalents nutritionnels qui n’ont strictement rien à voir gustativement parlant… Mieux vaut varier son alimentation plutôt que de boycotter un produit que l’on apprécie. C’est cela aussi, la mondialisation : une ouverture commerciale. Certes, celle-ci peut être regrettable d’un point de vue écologique, mais si l’on arrêtait de consommer tout ce qui venait des pays en voie de développement, je ne suis pas sûre que cela aiderait réellement leurs habitants… Vivre en autarcie, doux rêve utopique! On peut être un « consommacteur » averti pour reprendre ce terme à la mode, sans pour autant repousser tout ce qui nous vient du reste du monde sous prétexte qu’en agissant ainsi, on commet presque ( presque?) une mauvaise action.

    • C’est fou ces gens qui veulent absolument rester aveugles et sourds ! Vous préconisez, en fait, de subir la mondialisation – économie criminelle et écologiquement scandaleuse – sans moufter ! Les substituts nutritionnels fort bien présentés dans l’article ne sont pas nouveaux ! L’autarcie alimentaire, non plus ! Ce sont des réalités et non des utopies ! Comment vivaient nos aïeux ? En autarcie ! Ils n’avaient ni la bougeotte ni la folie de faire venir leur alimentation de l’autre bout de la planète « parce que c’est ça la mondialisation » ! De plus, ces substituts ont du goût et le fait que vous prétendiez qu’ils n’en ont pas prouve que vous abordez une question que vous maîtrisez mal…

    • Je comprend l’esprit de votre propos, et y adhère. Cependant, privilégier les biens productibles localement ne revient pas à vivre en autarcie.

      Consommer des produits fabriqués un peu loin de chez soi me semble assez naturel dans une société aussi avancée que la notre. Il n’y a pas de raison de s’en offusquer. Que seraient les civilisations du nord sans le café, et, dans une moindre mesure, sans le sucre et le cacao ? des biens productibles uniquement au sud. Sans doute le nord a-t-il également quelques bien spécifiques dont le sud souhaiterait bénéficier. Il n’y a pas de raison de s’opposer à ces besoins humains, au nom du fait que les lois de la nature sont très clivées.

      Par contre, l’on peut s’interroger sur les monomanies de nos sociétés. Et encore davantage sur ses absurdités. Les avocats, en réalité, sont cultivables en Espagne. Pourquoi en consommer venant de l’autre côté de l’Atlantique ?

      Et, pour aller dans un sens un peu contraire au votre, pourquoi ne pas, parfois, se contenter de la variante locale d’un même type de met ? A-t-on réellement besoin de préférer telle huile à telle autre, par exemple ? Et est-ce si indispensable de mettre au menu tel poisson venu de l’autre bout du monde alors que nous en avons tant de variétés vers chez nous ? La logique économique pousse chaque région du monde à vouloir survendre et surproduire ses biens spécifiques, mais parfois au détriment de ses intérêts à plus long terme.

  5. Je ne comprend pas l’objectif de cet article …
    Qu’est ce qu’il apporte au lecteur? On sait que l’avocat est un des rares fruits qui se défend bien seul, sans l’aide de l’agrochimie. Qu’est ce que les Narcos ont avoir avec ce fruit? L’argent qu’il génère?? Si les Narcos se mettent à produire de l’avocat au lieu de lacoca, alors il y a progrès quelque part…

    Qu’est ce que vend cosoglobe?? De quoi alimenter le stress de ceux qui ne savent déjà plus quoi acheter?

    Je ne vous suis pas

    • Semez du froment sur un rocher, il n’y germera pas… Passez à autre chose…

    • Oho t’a pas lu l’article il consomme beaucoup trop d’eau soit
      500 000 000 000 l d’eau.

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