Trucs et astuces d’une spécialiste des tomates bio

Rédigé par Emma, le 14 Aug 2015, à 12 h 09 min

Cultiver des tomates, dans le département du Nord, en culture bio, et avec le plus de variétés possibles : le challenge paraît fou, tellement les conditions semblent – a priori – difficiles. C’est pourtant celui qu’une Nordiste passionnée a relevé.

A Terdeghem, élu cinquième « Village préféré des Français 2015 » lors de l’émission de France 2, il n’y a pas que les moulins de la Roome et du Steenmeulen et les magnifiques maisons du XIXème siècle autour de l’église qui comptent : la ferme du Lang’n Hoek, de Claudine Huzeel, mérite le détour. Elle n’hésite pas à expliquer avec simplicité ses secrets de fabrication.

Les tomates bio se cultivent très bien au Nord !

Claudine Huzeel est « jeune cultivatrice » de plus de 60 ans et ex-enseignante à la retraite. Elle a commencé son exploitation de légumes bio il y a tout juste cinq ans, portée par « la nostalgie du passé », comme elle aime le raconter. Elle qui rêvait d’élever des animaux, ce sont les légumes qu’elle va privilégier. Les tomates en particulier, et bio, évidemment, par respect pour l’environnement et pour la santé de tous.

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Claudine Huzeel et sa belle-fille Elodie, qui va reprendre le flambeau

Pas de variétés hybrides !

Chaque année a apporté ses nouvelles variétés de tomates bio : il y en avait déjà 70 en 2014, en 2015, il y en a plus de 80 . Mais où les trouve-t-elle ?

La réponse lui paraît évidente.

  • À la Fête de la tomate et des légumes anciens de Haverskerque (59). Il y a ce genre de manifestations un peu partout ailleurs en France.
  • Au Centre régional de Ressources génétiques (CRRG), à Villeneuve d’Ascq (59). Ces centres de ressources génétiques existent aussi dans presque toutes les régions de France.
  • Via ses propres contacts internationaux.

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Claudine Huzeel a aussi développé ses propres contacts, via la Lituanie, où le fils d’un ami lui a rapporté des graines de variétés russe, polonaise, suisse, allemande et italienne. « J’en ai aussi beaucoup en provenance des Etats-Unis », ajoute-t-elle. Les graines n’ont pas frontières !

Son critère de choix est sans appel : pas de variétés hybrides« Elles sont moins bonnes en goût », affirme-t-elle avec fermeté.

Sous serre mais en bio

Les tomates de Claudine Huzeel sont sous serre : « Il fait trop humide ici pour les cultiver à l’extérieur, donc elles sont sous serre ».

Et il fait chaud sous la serre, en ce mois de juillet, même dans le Nord… ! 700 pieds de tomates en provenance du monde entier y poussent en bonne cohabitation. Certains ont même droit à un ventilateur, pour avoir un peu d’air. La serre est propre, mais les herbes y ont leur droit de cité : on est en bio ! Il en émane ce parfum si particulier véhiculé par les tiges de ces fruits miraculeux. On est au coeur du monde des tomates bio.

« Les tomates sont plus roses que rouges », commente Claudine Huzeel. Elle a dû éduquer ses clients à ne « pas avoir peur » des autres couleurs. Mais maintenant, ils sont conquis et demandent à essayer de nouvelles variétés sans rechigner. Habitudes alimentaires, quand tu nous tiens…

Des remèdes bio pour une culture pas si fragile

Le choix du bio complique-t-il la tâche ? « Pas du tout, au contraire ! », affirme-t-elle.

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Elle a des remèdes bio, à base d’huiles essentielles, contre toutes les maladies ou insectes qui pourraient abîmer ses tomates :

  • des décoctions de prêle en prévention ;
  • des pulvérisations à base d’huiles essentielles d’origan contre le mildiou qui peut attaquer dès la fin août ;
  • d’autres pulvérisations à base d’huiles essentielles de clou de girofle et de pamplemousse.

Elle cite aussi les tisanes de Reine-des-près ou de fleur de tanaisie et des purins d’ortie pour d’autres problèmes. Toutes ces plantes sont surtout considérées comme des mauvaises herbes, mais pas par Claudine Huzeel : elle les cultive et les a rassemblées dans un « jardin-pharmacie », juste à côté des serres. Il n’y a qu’à les cueillir quand elle en a besoin. « Quand je trouve une nouvelle herbe sauvage que je n’ai pas, je la replante dans cet espace dédié », explique Claudine, plutôt fière de ces plantations qui pourraient faire peur à tout autre jardinier (non) amateur.

La variété, même sur les autres légumes

La dame travaille presque jour et nuit, sans compter son temps en cette période d’été. Les rendements sont bien inférieurs à ceux de l’agriculture conventionnelle, et les circuits de vente peu diversifiés. Claudine Huzeel ne pratique pour l’instant que la vente sur place.

Elle forme aujourd’hui sa belle-fille Elodie à sa passion. La jeune femme a elle aussi tout arrêté pour ne plus se consacrer qu’aux belles cultures bio que sa belle-mère a mises en route, avec son mari.

Car à côté des tomates, il y a aussi les variétés anciennes de courgettes, les artichauts, les sept variétés de laitues anciennes, les choux, les pommes de terre – dont la Bleu d’Artois et la Rouge de Flandres, des raretés -, les concombres, les aubergines, les poivrons, les haricots Princesse et le flageolet blanc de Flandres, en voie de disparition, et qu’elle veut faire redécouvrir.

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Le flageolet blanc de Flandres, en voie de disparition

Les agriculteurs passionnés et déterminés dans leur démarche de découverte, comme Claudine Huzeel, sont rares, et courageux. On ne peut qu’encourager cette démarche qui préserve les campagnes, les variétés anciennes, et surtout nos palais et nos mémoires du goût.

Les 3 conseils de Claudine Huzeel  :

  1. Pas de variétés hybrides.
  2. Des remèdes aux maladies uniquement à base d’huiles essentielles ou de plantes.
  3. Du temps, du temps, du temps…

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4 commentaires Donnez votre avis
  1. bonjour pour les tomates mon beau pere met des papiers autocollants qui ont
    des odeurs tres fortes et attirent tous un tas d’insectes et de pucerons
    aucun traitement nous sommes a san remo italie
    nous plantons de la vraie coeur de beuf nous avons eu des tomates pas loin du kilo aucune tomate n’est pareille il y des points noir
    L’annee derniere nous avons recolte environ 1tonne de juin jusqu’a janvier
    Une plante quand elle se plait sol climat ambiance est beaucoup plus resistante nous avons priviligie cette methode comme pour les citonniers,les mandarines les bergamottes les kumkats une ou deux fois a l’anneé un peu d’engrais et c’est tous!

  2. Le mode de culture décrit me semble plus recommandable que le bio et s’inspirer de la biodynamie avec ses tisanes, décoctions et purins de plantes. Se prémunir du mildiou en se passant de cuivre est un sacré enseignement (même si la culture sous serre doit largement y contribuer).
    Cela fait plaisir à lire. Merci!

  3. une recherche sur le vrais… Je ne désignerais pas cela comme du bio bien que la démarche dans ces croyances est importantes . Nos anciens qui ont donner leur savoir faire en héritage au fils des siècles qui eux même ce le transmettaient entre voisin ,malheureusement beaucoup aujourd’hui de ces recettes sur un ‘ordre général sont oubliées pour disparaître au prés d’un grand nombre , souvent certaines de ces idées sont récupéré et servent à faire du business et ont oublie quelles sont arrivé par le partage d’un bouche a oreille gratuit pour que tout le monde puisse en profiter c’était la aussi un internet… Il n ‘ y a aucun secret a utiliser ce que cette dame utilise pour son potager pour ce qu’il savent ou ont pu conserver les recettes des anciens .Maintenant bio ont ne peu pas appeler ça quand bio on cultive sous serre . le bio c’est que tout les élément réunis ne sois pas souillé hors Aujourdh’ui c’est choses impossible l’aliment sera moins souillé mais pas totalement pur donc pas bio, cette dame utilise de l’eau de la ville…. elle prive aussi ces tomates d’éléments naturels le soleil et l’air ont ne peux plus utiliser dans ce cas le mot bio Contradictoire car notre soleil est déréglé comme notre atmosphère est pollué Il y a assez des ces grande marques qui veulent nous faire croire tout est n’importe quoi au non du profits je pense que pourrions extraire définitivement ce mot bio de nos dictionnaire.

  4. Article intéressant. C’est vrai que dans le nord aussi nus pouvons avoir de belle toate et de beaux légumes bios. Je vous invite à voir et peut-être rédiger un artile sr un maraîchais picard, Simon delmarlière, qui travaille surtout grâces à 2 AMAP dont “légumes à vivre”. Et il ne jtte rien mais donne son surplus à la banque alimentaire.

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