La Maison de la Soupe : développement durable et produits locaux

Rédigé par Aurore, le 16 May 2011, à 7 h 49 min

Grégoire Gorecki, une homme de conviction

Après avoir occupé plusieurs postes importants, notamment dans le domaine de la Vente par correspondance, Grégoire Gorecki a créé en décembre 2010 La Maison de la Soupe. Une histoire de conviction, et surtout de passion.

consoGlobe : Première question, simple mais indispensable, comment passe-t-on du commerce et de la vente par correspondance à une création d’entreprise tournée vers la terre ?

Gregoire Gorecki : Quand j’étais petit, j’étais parisien… Mes parents avaient acheté une « ruine » à la campagne, et au lieu de les aider à la retaper, j’aidais le fermier d’en face. J’ai donc passé mes vacances à la campagne, dans les champs et j’adorais cela.

Puis en devenant ado, je suis allé en colo, puis j’ai fais des études de commerce et j’ai travaillé dans un magasin de sport dans le cadre d’un stage de fin d’étude. Je suis finalement resté treize ans dans cette entreprises.

Puis j’ai décidé de quitter Paris et j’ai intégré La Redoute à la centrale d’achat. Je suis ensuite passé chez Damart au contrôle de gestion. Ça se passait bien, tout le monde était fier de travailler là car l’entreprise avait réussi à se sortir d’une période de crise.

Un jour, j’ai vu qu’une start-up agricole recherchait plusieurs personnes pour plusieurs postes : c’était la Ferme du Sart.

La Ferme du Sart : priorité aux producteurs régionaux

Située dans le département du Nord, la Ferme du Sart propose des produits dont plus de la moitié provient de la région.

Une proposition de vente qui passe par des accords liant directement les fournisseurs et producteurs de la région.

 

Après beaucoup d’entretiens, j’ai été pris et je me suis retrouvé Responsable du développement et des process. Puis le concept a piétiné… C’était commercialement un succès mais l’envers du décor était beaucoup plus chaotique.

Je suis donc parti de la Ferme du Sart avec un gros dossier sous le bras dans le but de créer un magasin indépendant de la Ferme du Sart.

Puis j’ai commencé à avoir plein d’idées et j’ai créé le site Jesuislocavore.com en 2009, dans le but de prendre de la hauteur après mon expérience à la Ferme du Sart.

Un jour, un copain m’a raconté qu’il avait fait une marmite de soupe pour la vendre aux filles du club de sport à côté, et il en a vendu pendant une semaine.

J’ai alors eu l’idée de « Soupe Drive« , dans le but de désynchroniser la production de la vente et de proposer un produit 24h/24, de qualité et local, sous la forme d’un distributeur automatique dont le concept pourrait être duplicable.

Puis j’ai commencé à faire le tour des banques, des organismes, mais c’était une vraie galère.

J’avais en même temps cet hangar à coté de chez moi que je n’arrivais pas à vendre. Puis j’ai finalement décidé de le garder et de lancer la Maison de la Soupe.

cG : Vous proposez chaque semaine de nouvelles recettes avec des ingrédients issus de la région. A-t-il été difficile pour vous de trouver des producteurs prêts à vous fournir régulièrement vos ingrédients de base ?

G.G : Pas du tout ! Les producteurs étaient prudents, car ils en ont vu des choses se lancer… Mais je n’ai jamais eu de soucis avec les producteurs, je travaille avec une quinzaine d’entre-eux, tous de la région, et sur les marchés, j’ai des panneaux pour expliquer à mes clients qui ils sont et où ils travaillent.

cG :  Avez-vous suivi une formation particulière pour appréhender le milieu agricole et de la production alimentaire ?

G.G : Pas du tout. Pour moi, tout est une question de relationnel et de bon sens. Pour suivre les saisons, j’ai bien sur consulté internet, mais j’ai surtout parlé avec les producteurs. Il y a la théorie, mais surtout le sens du contact

cG  : Comment décidez-vous des recettes de la semaine ?

G.G : Avec les producteurs et les produits qu’ils me proposent. Mais c’est ma femme qui élabore les recettes avec l’expérience culinaire d’une mère de famille !

Et ça marche plutôt bien aujourd’hui. On a proposé plus de 25 recettes en six mois, et jusque là, on a eu qu’un seul raté : la soupe au choux !

Les soupes sont testées par moi et mes enfants bien sur, mais également des voisins, amis… à qui ont fait remplir un questionnaire très poussé sur la texture de la soupe, la couleur, le premier goût, l’arrière-gout. On travaille souvent avec un ingrédient principal et un marquant aromatique.

Au départ, on a aussi travaillé avec un fond de recettes fourni par un ami cuisinier.

cG  : Quel type de clientèle rencontrez vous au quotidien ?

G.G : On a pas vraiment un « client type ».

Des jeunes viennent chercher des soupes comme la « Poireau qui rit », les adultes adorent le gaspacho et les seniors viennent en disant : « C’est la même que lorsque j’étais petit« .

Aujourd’hui, je veux leur proposer de la soupe de qualité. On fonctionne surtout sur le bouche à oreille. Les personnes qui viennent nous voir sont déjà convaincues par le concept et par la nécessité de consommer local.

On a également des mères de famille qui viennent nous voir parce qu’elles ne veulent pas donner n’importe quoi à manger à leurs enfants, et elles savent qu’à la Maison de la Soupe, les produits sont bons, sans colorant, ni conservateur.

On va également bientôt faire des dégustations dans les écoles, auprès des enfants, et un partenariat est en train de se mettre en place  sur le principe du sport et de la bonne nourriture saine, dans la continuité de l’idée « Se faire du bien avec 5 fruits et légumes par jour« .

cG : Combien de clients comptez- vous à ce jour, quotidiennement ?

G.G : Aujourd’hui, on compte une vingtaine de clients par jour, des clients « grand public ». L’objectif, c’est surtout de les fidéliser et ça marche puisque 9 clients sur 10 s’inscrivent sur notre site internet.

C’est très avantageux pour eux de le faire car ils sont tenus au courant des nouvelles recettes, ils ont 10 % de remise sur nos prix et un programme de fidélité est en cours.

p.4> La suite de l’interview

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Entre magazines, romans et presse générale, je suis une passionnée de l'information, qu'elle soit sérieuse ou décalée ! Consommer durable n'est pas qu'un...

3 commentaires Donnez votre avis
  1. Curieusement, cela fait un mois que j’ai cette idée de créer et vendre mes soupes. Qq questions pour débuter:
    – l’endroit pour la fabrication (un laboratoire certifié ou juste un local comme ma cuisine ?)
    – les autorisations auprès de l’administration ?
    Merci pour vos commentaires et bravo !

  2. Très belle idée, c’est l’avenir en fait, bénévole sur un Jardin Partagé dans le Val-de-Marne nous organisons des ateliers cuisine avec le même concept, proximité, produits frais de saison, bravo à vous

  3. Bonjour je viens de lire l’article sur la maison de la soupe et je trouve cela génial. Je suis une grande consommatrice de soupe été comme hiver. Mais comme je suis handicapée je n’ai pas toujours la force ni l’envie de les préparer. Je voudrai savoir si on peut en commander ?
    Cela serait super de savoir que l’on mange sain et surtout ce qu’il y a dedans et comment cela est préparé.
    TRES BONNE IDEE.
    BONNE CONTINUITE.

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