L’agriculture en ville gagne du terrain : 5 projets qui le démontrent de par le monde

Si les conséquences de l’urbanisation accélérée ont très souvent été décriées, l’une des plus curieuses semble aujourd’hui renforcer les liens entre collectivités, tout en favorisant leur développement durable : il s’agit de l’agriculture urbaine. Si pour certaines communautés, elle représente un véritable enjeu vital, pour d’autres, l’agriculture en ville gagne de plus en plus le terrain, devenant ainsi, une forme de culture biologique « entre béton et bitume » qui passionne et questionne à la fois.

Rédigé par Cornélia, le 3 Mar 2017, à 7 h 00 min

De par sa définition, l’agriculture en ville est une forme d’exploitation des terres urbaines au travers de la culture de végétaux et l’élevage d’animaux (volailles, ovins…), auxquels s’ajoutent l’apiculture et l’aquaculture.

Aujourd’hui, cette forme émergente de pratiques agricoles enrichit les villes en biodiversité et, nombreux sont les projets qui en témoignent. Que sait-on de cette nouvelle tendance sociétale qu’est l’agriculture urbaine ?

Le Projet « Agrihood » de Detroit : véritable avenir de l’urbanisme

En 2008, l’Histoire de l’Humanité a atteint un point de rupture lorsque la population urbaine a, pour la première fois, dépassé la population rurale. De plus en plus, les besoins alimentaires et, plus précisément ceux en produits et aliments frais dans les villes des pays industrialisés, se sont accrus.

Une situation qui a fortement inspiré et initié l’engagement des bénévoles de la Michigan Urban Farming Initiative (MUFI), une organisation à but non lucratif dont l’action est de développer des activités agricoles dans le quartier de Michigan, au nord-est de Détroit.

Se targuant d’être la première organisation à développer des activités agricoles en milieu urbain aux États-Unis, le MUFI exploite un verger de 200 arbres, un vaste jardin urbain, et a construit un centre communautaire, ainsi qu’un parc pour enfants spécialisé dans l’éveil des sens… À son actif, le « Agrihood » de Détroit a distribué à bas prix, environ 32 tonnes de produits frais (épinards, concombres, tomates…) cultivés sur les friches urbaines, à plus de 2.000 ménages à faible revenu.

agriculture-ville-detroitRécemment, on assiste à une croissance exponentielle des jardins communautaires aux États-Unis, soutenus par 35 % des ménages engagés dans la culture de produits alimentaires frais. Cet engouement pour le jardinage domestique connaît bien entendu, ses limites en raison du manque d’organisation et d’espaces urbains d’exploitation.

Aujourd’hui, le MUFI (co-fondé, présidé et dirigé par Tyson Gersh) intervient dans d’autres secteurs de développement urbain mais surtout, il oeuvre pour la planification et l’élaboration de modèles plus efficaces pour sécuriser cette forme d’agriculture en ville.

Lufa Farms : le pionnier de l’agriculture urbaine installe sa troisième serre commerciale sur un toit !

Nourrir toute une ville grâce à une serre installée sur un toit, qui l’aurait cru ? Eh bien, Lufa Farms, le pionnier de l’agriculture urbaine l’a fait ! Entreprise agricole urbaine en plein essor, Lufa Farms s’est lancée en juillet 2016, dans un projet d’envergure, en installant une serre commerciale sur le toit de son bâtiment industriel à Anjou (Québec).

Le but de ce projet d’agriculture en ville ? Produire et distribuer sans intermédiaire aux consommateurs des produits issus d’espèces sélectionnées pour leur goût et leurs qualités, et non pour leur capacité à survivre à de longs voyages en avion ou en camion. Grâce à la vente en ligne, Lufa Farm enregistre aujourd’hui une croissance extraordinaire, et son nombre d’abonnés a augmenté de 50 % (soit 9.000 familles) en 2016.

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Photo Facebook © Les Fermes Lufa

Les « Lufavores » (abonnés de Lufa Farms) peuvent bénéficier d’une quarantaine de variétés de légumes verts (épinards, cresson, roquette…), de produits de boulangerie, de fromages, de viandes, et même de poissons.

Cofondée par le duo Mo Hage et Lauren Rathmell, Lufa Farms se veut un modèle d’agriculture urbaine, écologique, économique mais aussi, durable.

Des containers transformés en jardins potagers à New-York

Soucieux de porter un projet qualifié de véritable révolution alimentaire, Kimbal Musk, frère du célèbre entrepreneur Elon, ne se contente pas de servir des repas à base de produits frais et locaux dans ses chaînes de restaurant Next Door et The Kitchen.

Apprendre à cultiver dès 18 mois, oui, pourquoi pas ?

En effet, il a également initié le programme agricole « Learning Gardens » à présent enseigné dans plus de 300 écoles. Écologique mais aussi ludique, le projet a suscité un intérêt singulier au sein même de l’éducation des jeunes enfants, au point d’être inscrit dans les programmes des écoles au Canada.

Cette courte vidéo (en anglais) montre comment le programme est mis en application à Chicago

Mais aussi Square Roots

Véritable innovation, Musk et son coéquipier Tobias Peggs ont également mis en place un programme d’incubateurs d’entreprises à Brooklyn (New York), appelé Square Roots. Leur particularité ? Développer des cultures sans sol à l’intérieur de containers sous des lumières LED.

Ce programme agricole regroupe 10 fermes verticales installées dans des conteneurs en acier.
Chaque container peut produire 50.000 pieds de laitue par an, sur environ 100 m2. Quant à son nouveau défi, outre remplacer la consommation d’électricité par l’énergie solaire pour alimenter les LED, Square Roots espère s’élargir à 20 villes d’ici 2020.

Lire page suivante : les fermes biologiques et les jardins flottants du Mexique

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Diplômée en Sciences Politiques, créatrice de mon entreprise et passionnée par les médias digitaux, je suis aujourd’hui mue par une motivation sans...

1 commentaire Donnez votre avis
  1. En fait, ce son les Pays-bas qui depuis très longtemp faisait déja tout pousser. A mon gout ça a pris beaucoup de temp et ça traine les pieds. En Hollande ils en son a végétalisé les plafonts, les murs indoor. Nous on se demande encore si c’est possible. Il faut aussi savoir qu’en islande il font pousser leurs bananes. Je suis moi-même horticulteur, et j’ai très largement utiliser tout types de hors-sol. Mais je voit aujourd’hui des gens qui pendant tant d’année on tout rejeter en bloc s’aquaparer ses techniques comme si cela daté de cinq ou dix ans. N’oublion pas que le potentiel est énorme, que dans quelques années la tonte sera interdite. On devrat alors instaler murs et toitures végétaliser partout!

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