Les industriels du cacao s’engagent contre la déforestation

De nombreuses grandes sociétés de production de cacao et de chocolat se sont engagées à travailler avec les gouvernements de la Côte d’Ivoire et du Ghana, afin de mettre fin à la déforestation.

Rédigé par Mine Rondal, le 17 Sep 2017, à 8 h 15 min

Quand nous mangeons du chocolat, nous rendons-nous compte de l’impact de la production intensive du cacao sur l’environnement ? Cette question préoccupante est au coeur d’un rapport de l’ONG Mighty Earth, intitulé “La déforestation amère du chocolat“. Selon ces travaux, en Côte d’Ivoire, 30 % de la déforestation serait en effet due à la culture du cacao. Pour mettre un terme à ce désastre, certains industriels du cacao ont décidé de s’engager aux côtés de la Côte d’Ivoire mais aussi du Ghana, également touché par la déforestation.

35 sociétés engagées auprès de la Côte d’Ivoire et du Ghana

Ces six derniers mois, le nombre de ces industriels acceptant de lutter efficacement contre la déforestation a sensiblement augmenté. Ils sont passés de 12 à 35 dans le monde. Parmi ces sociétés, on trouve des fabricants de chocolat, des transformateurs de cacao, des négociants, des vendeurs au détail et des sociétés qui utilisent du cacao dans des produits de consommation courante comme les céréales du petit-déjeuner ou les plaquettes de chocolat.

cacao deforestation

© Aedka Studio

Il s’agit d’une excellente nouvelle qui permettrait à ces deux pays africains de continuer à répondre à la demande, tout en respectant leur environnement. Tous souhaitent en effet parvenir à une chaîne d’approvisionnement en cacao sans déforestation. Ce plan d’action qui est en train d’être élaboré par les différentes parties sera présenté en novembre prochain lors de la Conférence de l’ONU sur le Changement climatique (COP23), en Allemagne.

Une production illégale ?

Il faut dire que la situation est particulièrement catastrophique. “Dans 23 forêts protégées, 90 % de déforestation est due au cacao“, notent les auteurs du rapport présenté par la directrice de campagne de Mighty Earth, Etelle Higonnet, au cours d’une conférence de presse jeudi 14 septembre, au siège du Regroupement des acteurs ivoiriens des droits humains (RAIDH). “Le secteur du cacao en Côte d’Ivoire ne s’est pas contenté des territoires qu’il pouvait défricher légalement, ces dernières années, il a également contribué au déploiement à grande échelle d’exploitations de cacao dans l’enceinte même des parcs nationaux et d’aires protégées du pays“, peut-on lire plus loin.

Une déforestation dans des parcs nationaux ? Voilà qui est en effet tout à fait alarmant. C’est pourquoi l’ONG a cru bon de tirer la sonnette d’alarme devant le conseiller à la Présidence de la République ivoirienne, chargé de l’environnement, du développement durable, des eaux et forêts, Mamadou Fofana. Les pouvoirs publics ont en effet leur mot à dire dans cette affaire. Les enjeux environnementaux sont immenses et ces productions illégales doivent cesser.

Les enjeux environnementaux de grande ampleur

Selon Etelle Higonnet, ces déforestations à grande échelle pourraient en effet avoir de lourdes conséquences : la perte des joyaux de la biodiversité” comme les éléphants, déjà en voie de disparition, ou encore les singes.

Les engagements des différents acteurs du secteur sur cette question de la déforestation devraient être les suivants :

  • des restrictions sur la production en cacao dans les zones protégées ;
  • une protection et une restauration des zones forestières ;
  • une amélioration de la productivité agricole des fermes ;
  • une amélioration de la cartographie afin de s’assurer que tous les acteurs ont accès aux données nécessaires pour prendre des décisions efficaces en ce qui concerne l’usage des terres ;
  • une plus grande transparence dans la chaîne d’approvisionnement, avec pour objectif la traçabilité de l’origine de toute la production de cacao au niveau de chaque plantation.

Ainsi, les gouvernements ivoiriens et ghanéens pourraient à la fois protéger leurs populations mais également leurs terres et leur biodiversité. “La Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao, est fière de s’associer au secteur privé, aux organismes de protection de l’environnement, aux donateurs et aux autres parties prenantes afin de formuler un Cadre d’action qui va correspondre aux réalités et aux besoins des producteurs de cacao ivoiriens et à leurs communautés“, s’est félicité Mamadou Fofana.

Illustration bannière : Du cacao – © BestforBest
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1 commentaire Donnez votre avis
  1. Vont-ils aussi s’engager contre le travail des enfants dans les plantations?

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