Et la Côte d’Ivoire inventa le carnet de vaccination électronique

A l’heure où 14% de la population mondiale ne bénéficient pas de vaccins dits « vitaux », l’invention du carnet de vaccination électronique représente une belle avancée technologique, et un grand espoir pour tous. Selon l’OMS, il pourrait « sauver 1,6 million de vies chaque année » !

Rédigé par Cornélia, le 15 Aug 2017, à 10 h 12 min

D’après une étude (réalisée entre 2011 et 2012) du programme « Demographic Health Surveys » pour l’Agence américaine pour le développement international (Usaid), et publiée en 2013, 47 % des enfants âgés de 12 à 23 mois, n’ont pas reçu la totalité des vaccins de base (tétanos, rougeole, poliomyélite, diphtérie, coqueluche) en Côte d’Ivoire. Si l’on tient compte des déclarations des mères, ce chiffre augmente de 3 % et passe à 51 %. Pour résoudre ce problème de santé publique, Etché Noël N’Drin a créé « Opisms » : un carnet électronique de vaccinations et d’alertes par SMS.

L’e-santé, un grand espoir pour le continent africain !

Il y a 16 ans, les États Membres de l’Union africaine « s’engageaient à Abuja à dépenser 15 % de leur budget pour la santé », relève Le Monde. En 2017, seuls 5,9 % du budget prévisionnel de la Côte d’Ivoire ont été alloués à la santé : difficile donc pour les pouvoirs publics, d’apporter une réponse efficace et durable aux populations concernées.

Pour faire face à cette problématique dont les gouvernements du continent africain sont souvent confrontés, le premier service d’e-santé a été développé en Côte d’Ivoire.

Un service de vaccination électronique en Côte d’Ivoire

« 90 % des enfants en Côte d’Ivoire ne respectaient pas le schéma de vaccination », avait relevé Etché Noël N’Drin, (ingénieur et entrepreneur ivoirien aujourd’hui âgé de 46 ans). Pour remédier à cela, il a créé en 2011 – en partenariat avec le Ministère de la Santé ivoirien – le carnet de vaccination électronique. Mise en service en 2013, ce nouveau service – qui coûte environ 1,50 euro/an (soit 1000 Fcfa) – est désormais accessible à tous, et disponible dans 160 centres de santé à l’échelle nationale.

Les chiffres du Planetoscope – en direct : La vaccination des nourrissons dans le monde

Comment fonctionne cette interface web ? Dans le but d’atteindre une couverture vaccinale totale de la population ivoirienne, « Opisms envoie des sms sur les vaccins à réaliser chez l’enfant, et tient régulièrement au fait les utilisateurs sur les épidémies en cours », explique ce héros national.

L’ensemble des vaccinations réalisées ainsi répertoriées, les survaccinations et risques de perte du carnet de santé sont évités.

Vaccination en Côte d’Ivoire : quelques chiffres clés

En 2013, au lancement national du service, « le taux de couverture vaccinale en Côte d’Ivoire se situait entre 85 % et 90 %. Etché N’Drin souhaiterait qu’ Opisms permette « d’approcher une couverture vaccinale supérieure à 99 % » cette année.

Aujourd’hui, Ivocarte-Abyshop (l’entreprise qui héberge le projet) emploie neuf salariés, et dégage un chiffre d’affaires de 122.000 euros (soit 80 millions de francs CFA).

Plus qu’une révolution technologique, cette application est devenue en seulement deux ans, l’un des services en ligne les plus utilisés et remarqués sur le continent africain.

Illustration bannière : vaccination en Côte d’Ivoire – ©Valeriya Anufriyeva Shutterstock
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Diplômée en Sciences Politiques, créatrice de mon entreprise et passionnée par les médias digitaux, je suis aujourd’hui mue par une motivation sans...

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