Et si les cheveux blancs étaient un signe que le corps se protège du cancer ?

Vous pensez que vos cheveux blancs trahissent votre âge ? Une étude scientifique pourrait bien changer la donne. Loin de n’être qu’un signe de l’âge, certaines mèches deviendraient visibles parce qu’elles sont liées à un mécanisme de défense contre le cancer, selon des chercheurs spécialistes des cellules pigmentaires.

Rédigé par , le 17 Jan 2026, à 10 h 55 min
Et si les cheveux blancs étaient un signe que le corps se protège du cancer ?
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Une équipe de chercheurs japonais a publié, le 6 octobre 2025, dans Nature Cell Biology, une étude qui remet en cause notre vision du grisonnement. Selon leurs données, des cheveux blancs pourraient refléter un processus biologique en réponse à des dommages d’ADN, qui vise à éliminer des cellules potentiellement cancéreuses.

Quand le cheveu blanc raconte une histoire cellulaire anticancer

La couleur des cheveux dépend de pigments produits par des cellules spécialisées appelées mélanocytes, elles‑mêmes issues de cellules souches pigmentaires dans le follicule pileux. Lorsque ces cellules cessent de produire de la mélanine, la fibre capillaire perd sa couleur et devient grise ou blanche. Selon l’étude publiée(1), face à des dommages à l’ADN importants, ces cellules souches pigmentaires peuvent entrer dans un état appelé seno‑différenciation. Ce processus conduit à la perte irréversible de leur capacité à se renouveler, ce qui empêche la production de mélanine et entraîne l’apparition de cheveux blancs.

Les chercheurs japonais expliquent que ce mécanisme est une sorte de système de sécurité cellulaire. Plutôt que de continuer à se diviser avec un ADN endommagé, ce qui augmente les risques de mutations cancéreuses, la cellule choisit de se différencier puis disparaît. D’après le résumé publié, cette voie protectrice repose sur l’activation de la voie p53-p21, une route moléculaire connue pour conduire les cellules à arrêter leur prolifération lorsqu’elles subissent des cassures de l’ADN.

Santé : ce que vos cheveux blancs disent de vos carences

Des implications pour comprendre le lien entre cheveux blancs et cancer

Pour certains scientifiques, cette découverte permet de repenser la relation entre cheveux blancs et cancer. Plutôt qu’un simple signe de vieillissement, la présence de mèches grises pourrait refléter l’activation d’une réponse de défense naturelle.  

Chaque cheveu gris est une petite victoire du corps qui choisit de sacrifier une cellule plutôt que de risquer sa transformation maligne.
 

Cependant, cela ne signifie pas que les personnes aux cheveux blancs sont protégées de tous les cancers. Plusieurs sources soulignent que ce mécanisme concerne spécifiquement les cellules pigmentaires des follicules et qu’il ne garantit pas une immunité générale contre tous les types de tumeurs. Par ailleurs, l’étude met en garde contre le fait que certains agents cancérogènes peuvent contrecarrer ce mécanisme protecteur. Exposées à certains carcinogènes ou à des radiations ultraviolettes, ces cellules pigmentaires peuvent parfois contourner la voie protectrice et continuer à se diviser, ce qui augmente le risque de développement de mélanome, un cancer cutané agressif.

Un lien inattendu entre cheveux blancs et immunité

Vers une nouvelle vision du vieillissement cellulaire

Les chercheurs estiment que ce processus de seno‑différenciation pourrait être présent dans d’autres tissus du corps, agissant comme une sorte de sentinelle contre des cellules à haut risque. Contrairement à l’idée reçue selon laquelle le blanchiment des cheveux est simplement un effet du temps ou du stress, cette étude suggère qu’il reflète aussi un arbitrage biologique entre deux destins cellulaires : soit éliminer les cellules potentiellement dangereuses, soit courir le risque qu’elles survivent et deviennent tumorales.

Ces résultats s’inscrivent dans un cadre plus large de la biologie du vieillissement et de la prévention oncologique, en montrant que les réponses aux dommages de l’ADN jouent un rôle central dans les deux phénomènes.

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Références :


Rédactrice dans la finance, l'économie depuis 2010 et l'environnement. Après un Master en Journalisme, Stéphanie écrit pour plusieurs sites dont Economie...

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