La grande distribution (enfin) soucieuse du bien-être animal ?

Après avoir investi le thème du bio, des produits végétariens, la grande distribution semble vouloir se pencher sur un sujet de préoccupation clé des consommateurs : le bien-être animal.

Rédigé par Paul Malo, le 20 Jan 2019, à 8 h 00 min

Des caméras de surveillance dans les abattoirs au bannissement des oeufs de batterie, peu à peu, les enseignes de la grande distribution semblent se décider à prendre en compte le bien-être animal dans la sélection de leurs produits. À l’heure où les consciences s’éveillent, les industriels semblent vouloir faire le choix d’une offre plus responsable. Qu’en est-il vraiment ? Décryptage.

Face à des consommateurs de plus en plus sensibles au bien-être animal, les réactions de la grande distribution

Après avoir investi le thème du bio, des produits végétariens, la grande distribution semble vouloir se pencher sur un sujet de préoccupation clé des consommateurs : le bien-être animal.

Des vidéos tournées illégalement, filmant des actes de maltraitance dans des abattoirs aux événements médiatisés des antispécistes en colère, le sujet ne cesse de prendre de l’ampleur auprès du grand public. Suite aux campagnes publiques de L214, le représentant français de l’Open Wing Alliance, une coalition internationale d’associations poursuivant l’objectif de faire disparaître l’élevage en cage, les enseignes de grande distribution présentes en France commencent à s’engager.

De plus plus, les enseignes développent la traçabilité des produits vendus en rayon. ©wavebreakmedia

Ainsi, Carrefour a lancé, en mars dernier, la première blockchain pour la traçabilité des poulets de sa propre marque. En octobre, le même distributeur a rejoint la plateforme d’IBM Food Trust, au côté d’autres géants de l’agroalimentaire pour élargir la traçabilité de ses produits alimentaires à l’échelle mondiale. De son côté, Casino envisage de mettre en place une structure associative pour porter et élargir sa démarche.

Carrefour demande la pose de caméras dans ses abattoirs

Fort de la réussite de ses premières démarches en faveur du bien-être animal, Carrefour a annoncé le 16 janvier qu’il allait faire passer un audit à tous les abattoirs qui fournissent en viande ses marques de distributeur (MDD) : Carrefour, Carrefour Bio, Reflets de France.

Par ailleurs, Carrefour va demander à l’ensemble de ses fournisseurs d’équiper progressivement leurs abattoirs de caméras. Un test est actuellement réalisé dans trois abattoirs de la coopérative bretonne Cooperl, qui en partagera les résultats avec Carrefour, et l’Oeuvre d’Assistance aux Bêtes d’Abattoir (OABA).

La présence de caméras dans les abattoirs pourrait par la suite intégrer le cahier des charges qui relie Carrefour à ces fournisseurs, ces derniers devant toutefois financer le matériel.

Bientôt des caméras dans tous les abattoirs ?©

Casino lance un étiquetage sur le bien-être animal

De même, le groupe Casino s’est engagé, en décembre dernier, dans un nouvel étiquetage en partenariat avec des ONG, afin de retranscrire les conditions de bien-être animal. Trois organisations indépendantes spécialisées sur le sujet, Compassion in World Farming France (CIWF France), La Fondation Droit animal, éthique et sciences (LFDA) et l’association Oeuvre d’assistance aux Bêtes d’Abattoirs (OABA), ont travaillé, pendant près de deux ans, avec ce distributeur pour proposer un référentiel basé sur 230 critères (densité d’élevage, parcours extérieur, soins, transport, méthode d’abattage, etc.), et une méthode de notation.

Il prévoit quatre paliers de notation, de A à D, avec un dégradé de couleur verte et une touche de gris, dont seuls les trois premiers garantiraient une prise en compte et une amélioration significative du bien-être animal.

Dans un premier temps, ils ne concerneront que la filière poulets de la marque du distributeur, sur laquelle l’enseigne peut avoir un regard et imposer ses conditions de production. Et plus précisément, sur six catégories de produits allant du poulet entier au filet de la gamme « Terre et saveurs » de la marque Casino, qui sont d’ailleurs déjà Label rouge, et dont la majorité seront classés A ou B et quelques-uns C.

Produits par une centaine de producteurs, ils représentent 20 % de son offre de poulets de marque de distributeur. L’effort est tout sauf symbolique, car l’enseigne vend au total plus d’un million de ces produits par an.

Illustration bannière : oeufs fermiers – © Tatevosian Yana
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