Foie gras, bien-être animal et filière porcine

Rédigé par Aurore, le 27 Nov 2014, à 9 h 50 min

Et cette demande, c’est nous qui la générons, nous et notre consommation excessive de viande. Manger moins de viande, c’est donc moins polluer mais c’est aussi diminuer la pression sur les éleveurs. Moins de demandes, c’est diminuer la nécessaire rentabilité et la pression des grandes industries sur les petits producteurs. Ces derniers peuvent alors mieux respecter les bêtes qui plus détendues, vous fourniront de meilleurs produits.

Car une trop grande pression peut également conduire à des situations sanitaires douteuses. Rappelez-vous de l’affaire de la vache folle. Des centaines et centaines de bovins sont atteints d’une encéphalopathie spongirforme bovine. La raison de l’apparition de cette maladie ? L’utilisation de farines animales issues de carcasses bovines et animales pour nourrir… des bovins. La recherche de productivité est telle qu’on a nourri les vaches avec des restes de vaches…

Une législation de plus en plus encline au bien-être animal

Tout comme l’INRA approfondit sans cesse ses recherches sur le bien-être animal, la législation européenne évolue sur le sujet.

Ainsi, sont protégés autant que possible les animaux d’élevage, les poulets, les poules pondeuses, les porcs, les bovins de boucherie ainsi que le transport aérien, ferroviaire, maritime et routier des animaux est réglementé. Le contexte d’abattage est également normé afin d’épargner le plus possible la douleur et le stress à l’animal.

En 2013, une nouvelle réglementation a été mise en place concernant l’expérimentation animale en cosmétique afin d’épargner les animaux utilisés comme cobaye. En faune sauvage, le piégeage des animaux comme le castor, la loutre, le blaireau, l’hermine à des fins de gestion de la faune ou d’obtention de fourrure doit être effectué sans cruauté.

Depuis 2012, l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail) oeuvre pour l’interdiction des cages conventionnelles pour l’élevage des poules pondeuses. Ces cages devraient pouvoir être échangées avec des volières à ponte, respectant davantage le fonctionnement des poules pondeuses en limitant le stress et les dommages sanitaires liés à l’élevage en cage. D’ailleurs, l’Etat s’est récemment engagé à aider la mise aux normes des installations pour les poules pondeuses bio.

Sans grande surprise, le bien-être animal consiste surtout à respecter l’animal en tant qu’organisme vivant sensible. Peu importe que l’on parle ici d’animal de compagnie, d’aide au travail, d’élevage laitier, d’élevage à viande ou d’élevage en captivité, le but principal est de prendre en considération le comportement naturel de l’animal, ses habitudes alimentaires, ses cycles de sommeil, l’espace vital qu’il lui faut pour vivre afin de lui épargner toute douleur, maladie, stress ou angoisse.

Pour cela, les méthodes de production doivent changer et les manières de consommer également. Il ne s’agit plus pour le consommateur de vouloir toujours consommer au prix le plus bas peu importe les conditions d’élevage mais de prendre conscience des réalités liées au monde animal pour ensuite comprendre que la qualité et le respect ne sont pas possibles à n’importe quel prix.

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46 commentaires Donnez votre avis
  1. « les agriculteurs qui font fi du bien-être animal ne sont pas pour autant cruels. »
    Il s’agit plutôt d’éleveurs…

  2. MERCI POUR CET ARTICLE QUI NOUS OUVRE LES YEUX SUR CE QUE NOUS MANGEONS. En France, en Europe aussi, la priorité financière des élevages et des abattoirs : c’est la surproduction ! Tant pis si nous mangeons de la viande empoisonnée et polluée de médicaments à notre insue. Si les cancers se multiplient … y’a une raison.

  3. De plus, comment la viande d’animaux stressés, maltraités, etc… pourrait-elle constituer un bon aliment! Même les insensibles à la cause du respect de l’animal (il y en a…) ont intérêt à consommer une nourriture de qualité…

  4. Ça va être difficile de me passer de foie gras mais après la lecture de cette article je vais essayer de faire un effort…

  5. Nous sommes ce que nous mangeons, donc consommer un foie malade ou une bête torturée, car c’est de cela qu’il s’agit, nous ne pouvons qu’être malade ! Si nous devons consommer de la viande, se rapprocher de petits producteurs locaux où l’on peut vérifier ses méthodes d’élevages. Oui, plus facile à dire qu’à faire, il reste la solution de consommer bio de proximité et peu si nos moyens ne nous permettent pas de faire autrement. Tout le monde s’en portera mieux. Et nous relocaliserons, donc des emplois durables.

    • Effectivement, rien qu’avec les hormones spécialisées dans le stress.
      La viande venant d’un animal qui a été stressé pendant tout son élevage, va en être pleine !

  6. Très bon article, personnellement j’ai stoppé depuis le scandale des abattoirs « Hallal » toute consommation de viande de boeuf, mouton, poulet etc….Donc ceci depuis février 2012 environ, et je ne m’en porte pas plus mal !!!Je suis absolument pour une législation qui protège le bien être animal, et ne le considère pas comme un objet ou produit de consommation !! Nous sommes des monstres et les comportements humains me dégoutent de plus en plus….je suis donc heureuse de constater que des gens sortent du lot et que certains se battent pour faire évoluer la legislation !!

  7. et bien oui il y a du travail à faire!d’abord l’appât du gain,la mondialisation où là les sensibilités on connait pas puis les mentalités à changer,le foie gras moi j’en mange pas et pourtant c’est bon mais je pense au martyr de l’animal,la viande j’en mange trés peu
    alors messieurs,dames au lieu de « bouffer » réfléchissez un peu et dans certains cas boycotter!Merci peut-être pour eux

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