Mon défi COP21 #6 : je mange moins de viande !

Rédigé par Stephen Boucher, le 28 Aug 2015, à 8 h 00 min

Le saviez-vous ? Sinon, ce n’est pas trop tard : la viande est l’aliment qui émet le plus de gaz à effet de serre. Pour ceux qui, à l’approche des négociations internationales pour lutter contre le réchauffement climatique de la fin de l’année, se demandent quels gestes accomplir, nous lançons un défi simple mais efficace : mangez moins de viande ! Avec les arguments pour, et les conseils comment.

Moins de viande, pour moins de gaz à effet de serre dans vos assiettes

Claude Aubert, ingénieur agronome, et l’un des pionniers de l’agriculture biologique, explique que «  le contenu de notre assiette, c’est un tiers des émissions de gaz à effet de serre, soit presque 3 fois les émissions des voitures particulières »… Et que, parmi ces émissions, les trois-quarts sont émis par l’agriculture et l’élevage.

viande-vache-elevage-agriculture

L’élevage en effet, à lui seul, émet plus que de gaz à effet de serre au niveau mondial que le secteur des transports : 14,5 % des émissions, plus exactement.

Manger moins de viande, c’est donc l’une des façons les plus efficaces que vous ayez de réduire votre contribution aux changements climatiques, et, plus généralement, votre empreinte environnementale. Sachant qu’en France, nous mangeons en moyenne 100 kg de viande par an, contre 10 kg dans les pays pauvres et 50 kg en Chine, qui nous rattrape allègrement, nos efforts auront par ailleurs valeur d’exemple : on peut inverser la tendance.

Pourquoi tant de gaz à effet de serre dans notre steak ?

Non, il ne s’agit pas des seuls pets de vache (d’ailleurs il s’agit des rôts), les causes sont plus nombreuses, donc complexes à combattre. Il s’agit en effet des émissions liées à :

  • la production et la transformation du fourrage : épandage d’engrais, passage des tracteurs… ;
  • effectivement, la digestion des bovins, surtout des animaux dits « polygastriques » tels que vaches, moutons… ;
  • la gestion des déjections animales ;
  • la transformation et le transport des produits animaux.

1 kilo de… c’est :

CO2-viande-boeuf-porc-lait

Des émissions en partie incompressibles

On peut réduire les émissions de gaz à effet du secteur de l’élevage, par exemple par :

  • un ajustement à la flore intestinale des ovins ou des vaches laitières ou une modification de leur alimentation permettant de réduire de 5 à 20 % les émissions de méthane(2)
     ;
  • une production plus locale, important par exemple moins de moutons de Nouvelle-Zélande, et en consommant plus de Corrèze par exemple, pour les consommateurs français ;
  • une agriculture bio, n’ayant pas recours aux engrais azotés.

Toutefois, la marge de réduction est assez faible. Pour réduire efficacement l’empreinte carbone du secteur de l’élevage, la seule mesure efficace est de réduire notre consommation de viande, constamment croissante dans les menus occidentaux depuis des décennies et depuis peu dans les pays émergents.

Manger moins de viande : d’accord, mais comment ?

Deux fois moins : en moyenne, si la viande est votre source principale de protéines, vous allez pouvoir diminuer votre consommation de viande de moitié chaque jour. Nous consommons en effet 90 grammes par jour en moyenne de protéines, alors que nous n’en avons besoin que de 52 grammes.

Local et bio  : pour la viande que vous consommez, préférez des viandes d’origine locale et bio, limitez la viande de ruminants à 10g par jour – oui, un bon steak une fois par mois -, et privilégiez d’autres viandes, le poisson et les oeufs à pour les autres protéines animales, à hauteur de 80g par jour

Plus de protéines végétales : Claude Aubert rappelle que « Notre apport de protéines est aujourd’hui aux trois-quarts d’origine animale et un quart d’origine végétale : il y a un siècle, c’était l’envers ». Un mélange équilibré de légumineuses et de céréales complètes permet d’apporter les protéines nécessaires au corps humain. Les pois cassés, lentilles, pois chiches, haricots rouges ou blancs, et autres légumes secs, ainsi que les céréales complètes remplacent efficacement les protéines d’origine animale.

8 % d’émissions totales en moins

Ces mesures, appliquées par tous, permettraient de réduire de 36 % les émissions de gaz à effet de serre d’origine agricole, et de 8 % les émissions totales, contribueraient à la protection des forêts, de la biodiversité et à la préservation des ressources en eau. En plus de vous permettre de faire des économies…

L’ONG Les Amis de la Terre, dans son récent Atlas de la viande le soulignait : le choix de son alimentation est devenu politique. Quand l’on connaît les conséquences de ses choix alimentaires et les alternatives disponibles, être un consommateur responsable n’est plus une option : « Aujourd’hui, notre alimentation n’est plus une affaire privée. Nos choix alimentaires sont aussi des choix politiques qui ont des impacts sur la vie de nombreuses personnes dans le monde, ainsi que sur l’environnement, la biodiversité et les climats », selon Christian Berdot, co-référent sur l’agriculture au sein de l’ONG.

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Actuellement Directeur général de consoGlobe et plus spécifiquement Directeur de la rédaction, Stephen Boucher est anciennement directeur de programme à...

14 commentaires Donnez votre avis
  1. Défi collectif en cours pour manger plus végétal sur le blog Au Four & Au Moulin à l’occasion de la COP21 http://www.aufouraumoulin.com/mangeons-plus-vegetal-defi/

  2. Arrêtons la viande. Jadis, je salivais devant une vitrine d’un boucher devant un boudin. Aujourd’hui, la réflexion me fait fort heureusement agir autrement! J’aime toujours autant le boudin, mais je me limite à déguster celui que je démoule moi-même. Quand l’envie m’en prends, je sors illico une assiette, m’accroupis au-dessus et débourre mes étrons. Ces boudins bio sont exquis et réduisent la pollution! Mangez vos étrons! Sauvons la planète!

  3. Il n’existe hélas rien de meilleur qu’une bonne grosse côte de bœuf au gril, juste saisie et relevée d’aromates. Mes enfants en sont friands. Il faut dire qu’ils font preuve d’entendement et savent distinguer un cadavre d’une bonne viande

    • De la viande issue d’un animal, c’est toujours un cadavre…
      Votre définition du meilleur est tout à fait subjective, et parait-il qu’il n’y a rien de meilleur que la viande de chien. En mangerez-vous ?

  4. Plus qu’une question d’écologie et de santé, les produits animaux dont la viande constituent vraiment un enjeu éthique :

    Est-il moralement acceptable de continuer à tuer les animaux alors qu’ils ne sont aucunement indispensables pour la santé ?

    Est-il cohérent de protéger, soigner, considérer comme des membres à part entière de notre famille chiens, chats et NAC, alors que l’on considère les vaches, cochons, poules, oies et poissons (pourtant pas moins intelligents, sociaux, et ayant tout autant envie de vivre) comme de vulgaires produits de consommation ?!

  5. Désolée, mais non , l’homme n’a jamais été un végétarien et c’est scientifiquement prouvé.

    Pour moi, la viande et le poisson sont, avec des fruits et légumes, le seul aliment vraiment naturel pour le humain.

    Mais comment peut on préconiser le maïzena, un aliment produit à partir du maïs, le pire aliment OGM qu’on a jamais inventé, celui à cause duquel on pollue la planète, on pompe des milliers de mètres cubes d’eau, celui qui est à l’origine, entre autres, du diabète de type 2 ?

    C’est le monde à l’envers, ma parole…

    • Si vous n’aimez pas la maïzena, n’en mangez pas 😉 Pas besoin de ça pour être vegan. Peu importe qu’on ait vécu dans des cavernes, mangé de la viande, violé des femmes ou lapidé des humains dans le passé, concentrons-nous sur le présent et l’avenir, qui sont indéniablement tournés vers les 100% végétal.

  6. Dans ce cas il n’y a pas que la viande, il y a tout ce qui est à base de lait, ne mangeons plus de fromage non plus…..Car l’élevage laitier produit autant de CO² que l’élevage pour la viande !

    • En effet c’est la consommation de produits animaux en général qu’il faut réduire. Maizena pour remplacer les oeufs, lait végétal, beurre végétal, il suffit de changer ses habitudes … et vous ne serez pas en carence bien au contraire notre alimentation est trop riche.
      70% des terres arables sont cultivées pour nourrir les animaux , c’est juste criminel.

  7. Dommage que ne soit jamais évoqué le fait qu’une majorité d’humains ne se nourrissent pas de cadavre depuis des siècles et des siècles. Pour autant, ils peuplent le monde entier. Seule une minorité d’égoïstes se nourrissent de la mort des autres, sans se soucier de savoir si les terres qu’ils pillent pour nourrir leur bétail, ne font pas défaut à ceux qui en sont victimes.
    Le méthane généré par l’élevage est également insuffisamment abordé. Il est pourtant 10 fois plus dangereux que le Co2.
    Petit propos à méditer : l’humain est la seule espèce capable de détruire son habitat et toutes les espèces qui y résident, d’anéantir tout ce qui est indispensable à sa survie et de croire encore et toujours qu’il est intelligent. Cherchez l’erreur !

    • Nathy, vos propos sont quelques peu agressifs, si la plupart des gens comprennent votre choix de ne pas manger de “cadavres”, comprenez celui de certains de manger de la viande. Tout le monde ne se nourrit pas d’animaux élevés en industrie et pour lesquelles on a du défricher des terres afin d’implanter des “fermes-usines”.
      Personnellement je me bat contre cela, mais si personne ne mangeait de viande animale, que ferait-on de ces animaux? Encore des races et espèces qui disparaîtraient car elles encombreraient l’espace de vie des hommes et seraient jugées inutiles!
      Et vous seriez sûrement l’une des premières à râler car vous ne pourriez pas implanter votre maison / route où bon vous semble à cause d’espaces réservés aux animaux.
      Les animaux domestiques ne peuvent pas tous être gardés en tant qu’animaux de compagnie, et sauvegarder la biodiversité c’est aussi conserver ces espèces / races. L’exemple de races de poules / oies qui sont en train de disparaître car non consommés est flagrant!

  8. BONjour Diane, votre commentaire est intéressant avec un prénom de déesse de la chasse!
    Bon vent à vous 🙂

    • Le prénom Diane n’est pas choisi par celui qui le reçoit et toutes les Diane ne sont pas à l’image d’une sérial killer.
      En outre, le pseudo pssst est choisi par son auteur et propriétaire et il reflète clairement un manque d’intelligence certain, associé à une lâcheté toute humaine à l’image de cette société spéciste, cupide, avide et particulièrement stupide.

  9. il y a pas mal de temps que je ne mange plus de viande d’abord par respect pour ces animaux traités d’une manière épouvantable et nourris d’une façon inqualifiable, ensuite parce que je ne tiens pas du tout à détruire ma santé avec le résultat de ces pratiques indignes d’êtres dits civilisés. j’ai 82 ans et me porte comme un charme ! ma famille, petits et grands sont végétariens pour les mêmes raisons.
    Une de mes petites-filles, âgée de 7 ans me disait récemment ” je ne veux pas manger de cadavre” !

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