La loi met fin au gaspillage alimentaire dans les supermarchés de France. Enfin.

Enfin. Le Sénat français a définitivement adopté, mercredi 3 février, diverses mesures de lutte contre le gaspillage alimentaire, après l’Assemblée nationale. Votée à l’unanimité, la nouvelle loi incluant empêche notamment les grandes surfaces de jeter de la nourriture et de rendre leurs invendus impropres à la consommation.

La loi met fin au gaspillage alimentaire dans les supermarchés de France. Enfin.

Enfin : la loi interdit en France à la grande distribution de jeter les invendus alimentaires, après l’appel d’un élu de Courbevoie en 2014 à dire « Stop au gâchis alimentaire en France ! ». Le Sénat a adopté une loi contre le gaspillage alimentaire à l’unanimité le mercredi 3 février, après l’Assemblée nationale en mai 2015.

mis à jour les 14 avril, 22 mai 2015 et 4 février 2016

Cessons le gaspillage alimentaire dans nos supermarchés

Déjà, la France avait rattrapé son retard avec ses voisins européens depuis le 21 mai 2015 : alors que plusieurs de nos pays voisins luttaient mieux contre le gâchis, notamment dans les supermarchés, notamment la Belgique, qui l’a interdit précédemment, les moyennes et grandes surfaces de plus de 400 mètres carrés ne peuvent plus depuis rendre les invendus alimentaires impropres à la consommation.

En effet, jusqu’ici, bon nombre de grandes surfaces allaient jusqu’à javelliser leurs bennes pour éviter que des sans-abris ou personnes dans le besoin ne récupèrent la nourriture, pour éviter les procès, par exemple. Plusieurs raisons à cela : les légumes sont toujours trop calibrés, même s’il y a eu quelques exceptions, restées opérations spéciales.

fruits-legumes-mochesLa deuxième raison, honteuse, est que la loi française obligeait les invendus des supermarchés à être jetés, pour des raisons d’hygiène. Ce n’est plus le cas avec cette nouvelle loi. Portée à l’Assemblée nationale par le député socialiste Guillaume Garot, les nouvelles dispositions législatives inscrivent dans la loi la hiérarchie des actions à mettre en place pour récupérer et valoriser les denrées alimentaires et pour éviter leur gaspillage. Cela va de la prévention à l’utilisation à des fins énergétiques, en passant par la récupération à des fins de consommation ou pour l’alimentation animale.

On estime que 20 kg de nourriture sont jetés par supermarché et par jour !

Cela fait 218 tonnes de nourriture encore consommable par an.

Chaque Français jette en moyenne 20 à 30 kilos de nourriture par an, soit quelque 12 à 20 milliards d’euros par an.

Tout à commencé à Courbevoie

Arash Derambarsh, élu à Courbevoie, s’est indigné de cette situation, arguant qu’en France il y a de plus en plus de SDF, que la situation économique est compliquée pour bon nombre de Français, y compris de la classe moyenne. De toute façon, gâcher de la nourriture encore mangeable est honteux, avance-t-il.

L’élu a testé une méthode : “Depuis quelques jours, avec des amis et bénévoles de ma commune, Courbevoie, nous récupérons trois soirs par semaine les invendus d’un supermarché pour les distribuer aux personnes nécessiteuses, notamment les SDF ».
carotte-legume-alimentation-banIl veut donc généraliser cette pratique : “Fort de cette expérience et avec mon ami Mathieu Kassovitz, sensible à cette question, nous avons décidé de lancer cette pétition pour obtenir une loi imposant à tous les supermarchés de distribuer leurs invendus. »

Une idée déjà évoquée précédemment : Gaspillage alimentaire, les grandes surfaces contraintes de donner les invendus ?

Sa pétition avait poussé les députés et le gouvernement à prendre des mesures concrètes contre le gaspillage alimentaire.

175.000 personnes ont en effet signé en faveur de cette initiative, présentée début avril à l’Élysée comme un amendement dans le cadre du projet de loi Macron, par la sénatrice Nathalie Goulet.

Cette loi ne plaît pas à tout le monde

La nouvelle loi rend obligatoire le recours à une convention pour les dons réalisés entre un distributeur de denrées alimentaires et une association caritative. Selon bon nombre d’associations, l’idée est séduisante, mais la pratique est plus compliquée à mettre en place, le flux de marchandises étant compliqué à gérer ensuite par les structures. Il serait préférable de fédérer les différentes initiatives existantes, peut-être via une agence nationale.

Désormais, les moyennes et grandes surfaces de plus de 400 mètres carrés auront l’obligation de conclure une convention avec une association caritative, afin de faciliter les dons alimentaires. Par ailleurs, les produits sous marque de distributeur qui seraient retournés au fournisseur, alors qu’ils sont détruits actuellement, seront autorisés au don.

Mais il reste beaucoup à faire pour mettre ces mesures en vigueur, selon les associations caritatives. Qui critiquent aussi le fait qu’elles ne ciblent que les grandes surfaces, qui représentent seulement 5 % du gaspillage alimentaire en France.