Vous prendrez bien un morceau de vromage ?

On l’appelle souvent ‘fromage végétal’, ou ‘fauxmage’, mais comment se fabrique le ‘vromage’ ? Et quels sont ses avantages ?

Rédigé par Lucy Debrion, le 8 Nov 2016, à 6 h 52 min

De nombreux végétariens ne passent pas le cap du véganisme à cause de ce dernier, qui dans un pays comme le nôtre, semble impératif à chaque repas ! Pourtant l’industrie laitière ne rayonne pas en matière de respect animal, et la consommation de lait ne serait pas si bénéfique pour notre santé.

Une alternative végétale au fromage : le « vromage »

On a souvent l’impression que manger un yaourt, ou un morceau de fromage, a moins d’impact que de manger de la viande, pourtant l’industrie laitière est l’une des plus cruelles.

 Ce qui se cache derrière l’industrie laitière

La condition animale est au plus bas et les pratiques sont assez extrêmes. Les vaches, pour ne citer qu’elles, ne peuvent produire du lait que pendant leur grossesse qui dure un peu plus de neuf mois. Aussi, pour être en mesure de produire autant de lait (environ dix milles litres par an), elles sont donc continuellement engrossées de force.

De nombreuses autres pratiques sont à prendre en considération : la séparation de leur veau dès la naissance, la position debout dans des stalles, le traitement aux hormones et autres traitements chimiques pour augmenter la production de lait, la souffrance physique due notamment aux pis qui s’enflamment… La liste est longue, et dans ces conditions, leur espérance de vie passe de 20 ans à 5-6 ans (la moitié de la viande bovine provient d’ailleurs des vaches laitières).

La consommation de lait : que faut-il en penser ?

On a l’habitude d’entendre dire que le lait est bon pour la santé, et qu’il serait une excellente source de calcium. Mais, il est difficile d’être certain que la consommation de lait est bénéfique, car beaucoup d’études sont financées par le lobby laitier lui-même.

Une recherche finlandaise(1), menée par Karl Michaëlsson et publiée par le journal BMJ, démontre la relation entre la consommation de lait et les risques de mortalité et de fracture, en particulier de la hanche. Les données ont été recueillies par l’analyse de deux groupes d’étude, l’un de 61.433 femmes entre 39 et 74 ans, et l’autre de 45.339 hommes entre 45 et 79 ans.

production, lait, vromageLes résultats, à prendre avec précaution selon eux, montrent qu’une consommation importante de lait (trois verres par jour ou plus) pour les femmes, augmenterait de 90 % le risque de décès et de 60 % le risque de fracture de la hanche. Côté homme, il y aurait une corrélation avec une augmentation du risque de décès moins forte, et pas de lien avec le risque de fracture.

La solution : le « vromage »

Il y existe des alternatives pour consommer du « fromage » sans lait d’origine animale, ce sont les fromage végétaux ou végan. Ils sont souvent préparés à base de tofu lacto-fermenté, riche en oméga-3, de tofu nature, de kéfir, de yaourt nature de soja, ou de différentes noix (souvent des noix de cajou) à faire tremper. Il est possible de rajouter différentes saveurs : épices, graines, fruits secs, tomates séchées, olives… Les choix sont nombreux pour satisfaire les papilles.

En France, peu de marques sont proposées sur le marché, et pour les trouver, il faut se rendre dans des magasins biologiques ou végan. Une marque parisienne, Jay and Joy, propose six types de vromages, à déguster frais ou à cuisiner.

La recette de vromage la plus simple et rapide !

Pour un délicieux vromage à tartiner, il suffit de mélanger un yaourt végétal (au lait de soja par exemple) à un peu de margarine végétale et du sel, on peut aussi ajouter d’autres herbes ou épices (lavande, thym basilic, herbes de Provence, ail, cumin, etc.). Mettre cette préparation dans un torchon ou une gaze. Si vous utilisez un torchon vous pouvez directement le suspendre à une barre dans le frigo et le laisser s’égoutter au dessus d’une assiette. Sinon déposez la gaze au fond d’une passoire, versez le yaourt par dessus et recouvrez-le également de gaze.

Puis il faut laisser reposer entre 2h minimum et une nuit entière. Le temps de repos influera sur la consistance du vromage. À savoir, la quantité de fromage sera divisée par deux par rapport à la quantité de yaourt végétal. Il se gardera une semaine au frigo, si vous arrivez à ne pas tout manger en une fois.

On trouve aussi de nombreuses recettes expliquées en vidéos par des youtubeuses, idéal pour commencer à fabriquer soi-même du vromage.

Coup de coeur pour le blog d’Ophélie, Antigone XXI, qui en plus d’expliquer pourquoi il est si difficile d’arrêter le fromage, propose de nombreuses recettes de vromages délicieuses et simples à réaliser.

Vous aussi, partagez vos recettes préférées dans les commentaires.

Références :
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7 commentaires Donnez votre avis
  1. Plus sérieux, et je suis étonné que personne ne réagisse.

    Chère Lucy, quand on ne sait pas, on se renseigne ou mieux, on n’écrit rien.
    Je cite “Aussi, pour être en mesure de produire autant de lait (environ dix milles litres par an), elles sont donc continuellement engrossées de force.” ah ah ah.
    Pour votre maigre connaissance scientifique, il suffit de traire la vache sans interruption pour obtenir du lait; Nul engrossement ou vol du lait au pauvre petit veau.

  2. Vous êtes tous horribles.
    Avez vous déjà entendu le cri du soja quand on lui prend son lait ? Non ?
    Alors, écoutez mieux et rabattez vous sur le lait d’ortie.

  3. alors question diaboliser le fromage, non, c’est juste le fait d’empêcher un vaux de téter sa mère pour que l’humain prenne son lait qui est diabolisé, et par là même, le fait de donner des produits peu nutritif au vaux (à la place du lait de sa maman) afin de l’anémier pour que sa chair reste blanche pour les consommateurs, qui est diabolisé.
    Ensuite, pour ce qui est d’assumer, pas de problème, le fromage c’est bon, la souffrance qu’il y a derrière est bien moins bonne… Aussi, un faux mage bien préparé peut tout à fait remplacer gustativement un fromage de lait d’animaux. Et quand on est pour la cause animale, on renonce naturellement à ce qui les fait souffrir en modifiant notre consommation.Effectivement c’est choquant d’avoir de la compassion, c’est choquant de renoncer à des siècles de traditions, c’est choquant de faire les difficiles alors que tant de personnes crèvent de faim…Mais ramenons les céréales destinées au bétail exploité pour ceux qui crèvent de faim, il y en aura assez pour tout le monde… et laissons les animaux en paix, arrêtons la surproduction, la surconsommation, les inséminations,… et l’hypercholestérolémie…

  4. Par pitié, arrêtez de diaboliser le fromage! Votre article même est une aberration : vous critiquez tant et plus ce produit, mais n’hésitez pas à nous proposer des techniques pour fabriquer des ersatz sensés lui ressembler. Assumez donc! Vous n’aimez pas le fromage? N’en mangez pas! Mais honnêtement, oser dire d’un mélange de yaourt et de margarine – vraiment peu ragoûtant – qu’il peut rivaliser avec un VRAI fromage…
    Et si je vous rejoins quant à la réputation de certains élevages vraiment scandaleux sur leur manière de traiter leurs animaux, en revanche, vous omettez de parler des petits producteurs qui exercent leur métier avec passion et nous livre le produit d’un savoir-faire transmis de générations en générations. Ne crachons pas sur les bonnes choses!
    Enfin, je m’insurge quant à votre mise en doute de l’apport calcique. Si les lobbys ont peut-être repris cet argument pour en faire leur cheval de bataille, il n’en demeure pas moins que c’est une réalité chimique à la base : le rapport Ca/P du lait est proche de 1, ce qui rend le calcium fortement biodisponible. Alors, oui, les produits laitiers ne sont pas à bannir. Ils s’intègrent dans une alimentation variée au quotidien. Arrêtons d’être obtus et profitons de tout ce que nous avons la chance de pouvoir manger. Jouer les difficiles tandis que d’autres n’ont rien à manger, je trouve cela à la limite du choquant.

    • C’est plutôt ce type d’argument qui est choquant…
      Par le simple fait qu’on en ait la possibilité, il serait donc disgracieux de ne pas “en profiter”? Tout comme il était à d’autres époques disgracieux de ne pas se servir de la main d’oeuvre gratuite offerte par ces populations primitives et obligeantes auxquelles on apportait la civilisation, car c’était leur nature et dans l’ordre des choses après tout… Bref, vous voyez à quoi nous a déjà mené ce genre de logique. Et une mauvaise logique reste une mauvaise logique.
      En tout cas ce n’est certainement pas un luxe que de se permettre de remettre en question nos habitudes, c’est même la base de la démarche scientifique, dont la seule constante est qu’elle se réprouve au fil du temps pour s’ajuster, n’est-ce pas?

      Concrètement, les produits laitiers ne sont pas adaptés à l’alimentation d’un adulte, et le lait d’une autre espèce d’autant moins. L’allaitement est une caractéristique des mammifères (d’où le nom), et chez l’être humain nous appelons précisément le nouveau-né “nourrisson”. Comme son nom l’indique, il s’agit d’un être qui a besoin d’être nourri, car il se trouve encore à un stade de développement précoce. C’est pourquoi le lait maternel répond à des besoins alimentaires mais aussi hormonaux très spécifiques, raison pour laquelle un tel produit ne peut convenir à l’alimentation d’une autre espèce ou même de tout individu ayant passé ce stade de développement.
      Alors ce n’est pas un poison per se, mais on sait pertinemment que la plupart des problèmes de santé viennent de déséquilibres causés par de mauvaises habitudes de vie… Chacun est responsable de ses choix ensuite.

    • Bonjour bibi,

      1- Ne peut-on apprécier le goût/ l’apparence de quelque chose sans pour autant en approuver sa composition et/ ou la manière dont il a été produit ? Exemple, j’aime l’apparence du cuir, cependant je refuse de cautionner la mort d’animaux pour mon confort personnel, n’ai-je pas le droit de m’orienter vers une alternative végétale ?

      2- Vous dîtes qu’un mélange yaourt et margarine vous semble vraiment peu ragoûtant ; sachez, bibi, qu’il existe ce qu’on appelle des herbes, épices et autres aromates avec lesquels ont fait des miracles (je vous assure).
      Rivalise-t-il avec un “vrai fromage” ? De savoir que mes petits plaisirs égoïstes n’incitent pas la maltraitance animal, alors oui, non seulement il rivalise mais en plus il gagne.

      3- Il existe très certainement une petite minorité qui exerce leur métier avec passion… Mais avez-vous rencontré ces producteurs ? Savez-vous comment ils travaillent ? Dans quelles conditions vivent leurs animaux ? Avez-vous visité leur exploitation (ce mot n’en dit-il pas déjà assez long ?)
      Et soyons honnêtes, d’où vient le fromage dans votre frigo ? Et quand vous mangez dehors ? Sur la quantité de fromage consommé en France, combien provient de petits producteurs qui prennent soin de leur animaux ? Combien sont les français prêts à les rémunérer honnêtement ?

      4- Êtes-vous réellement certain que nous ayons besoins d’autant de calcium qu’on veut bien nous le faire croire ? Ne peut-on trouver ces apports ailleurs que dans des produits laitiers ?
      Pour info : les hormones de croissance contenues dans le lait de vache sont destinées au veau (et oui!) et la durée de croissance d’un veau est bien différente de celle d’un être humain : quelques mois pour les vaches (et quelques centaines de kilo) contre quelques années pour l’hommes (et quelques dizaines de kilo). Pensez-vous réellement que le lait de vache soit adapté à notre consommation ?

      5- Pour conclure, je vous cite “Jouer les difficiles quand d’autres n’ont rien à manger”, ce n’est pas à la limite du choquant : c’est choquant ! Alors arrêtons de nourrir des animaux, de les exploiter pour nos petits plaisirs et partageons ces ressources intelligemment avec “d’autres” qui n’ont rien à manger.

      À bon entendeur 🙂

    • @Claire: Concernant votre 4ème remarque, je tiens d’ailleurs à préciser que d’après certaines études (expression passe-partout mais c’est ainsi que la science procède ^^), le calcium contenu dans les produits laitiers y est effectivement en quantité excessive pour l’Homme. Cela aurait pour conséquence de ne permettre à notre métabolisme d’en absorber qu’à hauteur de 35%, le reste allant se stocker dans notre squelette et nos articulations, les calcifiant alors et entraînant divers troubles comme l’arthrose et des maladies auto-immunes… Pas terrible comme source de calcium, alors qu’il existe nombre de sources sûres de calcium chez les légumes, légumineuses, oléagineux…

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