Pourquoi aime-t-on autant manger de la viande ?

Rédigé par Flor, le 9 Sep 2013, à 17 h 11 min

Manger de la viande – un acte identitaire ?

La culture du bon steak

plaisir-viande-gout-mangerLa viande est dans notre alimentation depuis des milliers d’années, mais la consommation varie entre les différentes cultures selon plusieurs facteurs géographiques, économiques, sociaux… On l’a vu précédemment, les ouvriers sont adeptes du steak-frites, mais quel est l’attachement à la viande en France ?

Selon le sociologue Claude Fischler3, les habitants du pays de la baguette vivraient un vrai paradoxe. Entre les messages sanitaires valorisant les aliments végétaux et les crises sanitaires, la population aurait tout de même renforcé son attachement à la viande, surtout la rouge.

Une étude du COMARAL, du CIV et du SOFRES4, montre que 89 % des répondants considèrent que « la viande de boeuf fait partie des aliments qu’on a plaisir à manger » et 72 % que « rien ne vaut un bon bifteck« . Et si l’on observe bien la construction des plats français servis en restaurant, la viande et le poissons occupent une place centrale autour de laquelle s’organisent les autres ingrédients.

La viande possède une place primordiale en France, mais elle est aussi un symbole fort.

La viande, les protéines – un symbole de force ?

Silhouette of summer garden BBQ isolated against fireQui n’a jamais entendu la phrase : « je suis en manque de protéines » ?

La viande ou les protéines sont pour beaucoup un élément essentiel d’une assiette. Certains ne conçoivent pas un repas sans produits carnés. Pourquoi cette dépendance ?

Dans son article, La symbolique de la viande, l’ethnologue Colette Méchin écrit :

« Dans l’imaginaire de nombreuses sociétés, manger de la viande, c’est s’approprier une énergie. Présente ou absente d’un régime alimentaire, et quel que soit celui-ci, la viande n’est jamais sans signification. Dans la hiérarchie que s’est forgée peu à peu la société occidentale, la couleur initiale de la chair détermine sa force. Le rouge connote la présence du sang, qu’il convient de maîtriser, voire d’éliminer. Le blanc est traditionnellement du côté de l’ enfance, du bénin, du suave.« 

La viande a souvent été un symbole de force, pour certains manger de la viande serait l’équivalent de l’assimilation de cette force. Le rapport à la viande reste quand même mitigé, comme l’écrit le sociologue Claude Fischler, « la viande adorée, viande abhorrée » , titre d’un chapitre de son ouvrage L’homnivore.

> Suite : Le goût de la bonne viande

(3 et 4) Colloque Ocha « L’homme, le mangeur, l’animal. Qui nourrit l’autre ? », Paris, 12 et 13 mai 2006.

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Rêvant de voyages aux quatre coins du monde, je me consacre actuellement à l'alimentation et aux sciences sociales. Je m'intéresse en particulier aux...

6 commentaires Donnez votre avis
  1. « Les cadres et les professions intellectuelles vont plutôt bouder la viande à la faveur du pavé de saumon grillé (24 %) et des sushis (21 %).
    Les ouvriers préféreront le classique steak-frites (25 %) et la raclette (25 %). »

    Merci les stats balancées à la va vite à la fin de l’article : le cadre raffiné VS le prolo qui baigne dans l’gras.

  2. La viande de qualité passe nécessairement par le bio, ce qui peut garantir une viande saine. Voir l’engagement de ce couple de jeunes éleveurs : http://www.vuparici.fr/saveurs-bio-ferme-laugel-westhoffen/

  3. C’est fou ce que les Français sont conservateurs voire parfois rétrogrades. Cela se voit aussi dans la consommation de viande…

  4. C’est toujours la même chose, préférer la qualité à la quantité. Bêtes élevées au pré, pas trimballées en bétaillère, boucher artisanal qui choisit ses fournisseurs. Mais j’ai du mal avec le discours moralisateur/culpabilisant des végétariens/liens, en manger moins c’est mieux pour l’environnement et la santé oui, ne plus en manger du tout cela peut poser des problèmes, surtout pour les personnes qui ont des soucis digestifs avec les légumineuses. La viande maigre est extrêmement digeste, quand on l’aime un bon bifteck ou un bon ragoût sont un régal. Mais haro sur les raviolis, lasagnes industrielles, plats tout préparés,faits avec ce qu’il faut bien appeler par leur nom : des déchets !

  5. Le groupe sanguin aurait lui aussi son rôle à jouer dans ce goût de certains pour la viande : le groupe O métabolise particulièrement bien la viande, semble-t-il, et serait le groupe des lointains descendants des « chasseurs-cueilleurs » de la préhistoire…

  6. dommage qu’il n’est pas mentionné également le côté stimulant de la viande, de par sa haute teneur en hormones; pour tenter d’équilibrer avec notre épuisement des glandes surrénales

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