Sauvé par les pêcheurs, le bulot revient de loin

Incontournable sur les plateaux de fruits de mer, le bulot est une spécialité en Bretagne et en Normandie, et notamment à Granville. Zoom sur ce gastéropode marin que l’on peut à présent acheter et consommer sans trop peser sur l’espèce…

Rédigé par Annabelle Kiéma, le 25 Jan 2018, à 14 h 45 min
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Stocks et pêche de bulots

Le bulot ne fait pas l’objet d’un suivi scientifique officiel par les organismes. Toutefois, le Comité régional des pêches maritimes de Basse-Normandie et le syndicat mixte pour l’équipement du littoral (SMEL) suivent de près les populations. Ils s’attachent à quelques indicateurs clefs comme le nombre de captures par unité d’effort, les rendements, la taille des spécimens, etc. ainsi que l’évolution de l’activité.

Si la population de bulot est abondante, les premiers signes d’une surpêche sont apparus en 2006/2007, période pendant laquelle l’état des stocks était devenu inquiétant. La modification du milieu, notamment due à la pollution des eaux côtières semble également avoir participé à cette forte diminution.

Aujourd’hui, les stocks sont sains grâce à une réglementation spécifique en Normandie. Des mesures de conservation ont été mises en place par les producteurs comme la réduction des quotas et des jours en mer, la sélection des plus gros individus et la fermeture de la pêche lors de la période de reproduction en janvier.

bulot

Granville en Normandie © Wozzie / Shutterstock

Une pêche durable

La pêche aux bulots et grands crustacés en Basse Normandie est durable, plus respectueuse de l’environnement.

Granville, dans le Cotentin, entre le Mont Saint-Michel et Cherbourg est le premier port de pêche de Basse Normandie. La notion de pêche durable est omniprésente chez les pêcheurs de Granville depuis les années 1980. Ceux-ci ont en effet pris conscience très tôt de l’importance d’instaurer un système de gestion. C’est l’une des raisons à l’origine de la création du Comité Régional des Pêches de Basse Normandie.

Parmi les mesures de gestion de la pêche prise par le comité, on retrouve 2 axes principaux :

  • La maîtrise de l’effort de pêche par la limitation des licences et des mesures techniques associées
  • La protection des espèces, par des mesures de tailles réglementaires en lien avec le cycle biologique de l’animal ou par l’interdiction de leur pêche à certains endroits et/ou à certaines périodes. Dès 1983, une taille minimale de capture de 45 mm a été instaurée au niveau local par les professionnels, puis en 2000 au niveau européen.

En d’autres termes, ces mesures visent à adapter l’accès à la ressource à la disponibilité de cette même ressource.

Des pêcheurs impliqués

Les pêcheurs sont particulièrement impliqués dans cette pêche durable et responsable. Didier Leguelinel, président de la Commission Bulot confiait au WWF qu’une pêche durable et responsable était de toute façon vouée à l’échec sans l’implication véritable des pêcheurs. Toute politique de gestion durable de la pêche doit être adaptée à la ressource mais aussi aux techniques de travail que seuls les hommes et les femmes de terrain connaissent.

Pêche au casiers appâtés

Les bulots sont pêchés au casier (720 à bord) à partir de navires spécialisés (petits navires côtiers de moins de 12 m). Les pêcheurs appâtent le gastéropode nécrophage avec des morceaux de crabe ou de poisson dans des casiers ronds posés en mer et relevés toutes les 24h.

Cette technique de pêche est douce, car le casier est un outil très sélectif : avec lui, les pêcheurs attrapent du bulot, et rien d’autre. En outre, une sélection des grands individus s’opère à bord. Les juvéniles, de taille inférieure à 4,5 cm sont triés à bord et relâchés immédiatement sur les lieux de pêche parfaitement vivants. Leur survie n’est pas du tout menacée. Cette manipulation permet également de remettre à l’eau les prises accessoires d’autres coquillages et de petits gastéropodes non commercialisés.

Des quotas ont été instaurés : ils sont de 900 kg par bateau. En moyenne, il se pêche de 700 à 800 kg de bulot par jour et par bateau à Granville. Les pêcheurs limitent le nombre de casiers en mer ainsi que le nombre de jours de pêche (5 j/semaine, du lundi au vendredi).

Les pêcheurs de bulots vendent leur production via un mareyeur, soit directement à la criée.

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Je fais partie de ce qu’on appelle désormais les « slasheurs » : je suis rédactrice / sophrologue / et j’enseigne le français comme langue...

6 commentaires Donnez votre avis
  1. Franchement, manger une bestiole qui se nourrit de cadavres ne me tente pas ! Bon appétit !!!

  2. Oui!

  3. Ce petit crustacé est vraiment succulent préparé avec une bonne sauce. J’ai appris ressemant qu’une nouvelle espèce de bulot existait c’est le bulot montagnard !
    voici un site qui ne traite que de ça coachforpro.fr

  4. Je connais bien le Bulot habitant à 40kms de Granville et c’est un fruit de mer qu’en famille nous adorons.
    Etant donné toutes les qualités nutritionelles que vous venez d’en donner,je vais regarder les horaires de criées et allez en chercher toutes les semaines au port de Granville!
    Moi qui ne suis plus trop une affamée de viande tous mes menus vont donc changer,avec ces fruits de mer et poissons se trouvant autour de nous,car les pêcheurs auront bien leur « godaille » à nous vendre!

  5. chez nous on adore les bulots, ce n’est pas facile de les faire dégorger mais quel régal, on peut les faire cuire à l’eau et les cuisiner après

    • Oui, entièrement d’accord! C’est une espèce manifique qui mériterait d’être plus connu. Personnement les meilleurs bulots que j’ai mangé sont au Bulot Montagnard…

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