Millet et sorgho, des aliments pour la sécurité alimentaire des zones semi-arides

Remettre au goût du jour la culture et la consommation de céréales telles que le sorgho et le millet ? Une excellente idée pour la planète comme pour ses habitants !

Rédigé par Paul Malo, le 13 May 2018, à 8 h 00 min

Et si l’avenir de l’alimentation se trouvait dans des céréales injustement négligées ? Le millet et le sorgho ont été littéralement abandonnés ces cinquante dernières années, au profit du blé, du maïs, du riz ou du soja.

Millet et sorgho : un travail d’éducation

Pourtant, selon les estimations de l’ICRISAT (International Crop Research Institute for the Semi-Arid Tropics), le régime alimentaire de plus de 90 millions de personnes en Afrique et en Asie dépend du millet, tandis que 500 millions de personnes de plus de 30 pays ont le sorgho comme nourriture de base.

Un champ de millet perlé en Inde © RS STOCK IMAGES

La « Smart Food Initiative » initiée par l’ICRISAT, en partenariat avec le programme Feed the Future, travaille à rendre ces céréales de nouveau attractives dans les zones semi-arides en Afrique et en Inde. Le but : éduquer tout un chacun, fermiers, consommateurs, travailleurs de santé, responsables gouvernementaux, aux nombreux avantages et usages du millet et du sorgho. Autant de pistes pour lutter en Afrique comme en Inde contre la malnutrition, l’obésité ou l’anémie.

Intégrer le millet et le sorgho dans les repas

Le millet est sans gluten, riche en protéines et en antioxydants, et possède un indice glycémique bas, utile pour prévenir et gérer les cas de diabète. Le millet perlé est à la fois riche en fer et deux fois plus riche en protéine que le lait… Quant au sorgho, il est à la fois sans gluten, riche en vitamines, minéraux, protéines et fibres. En plus d’agir face au diabète, cette céréale pourrait également réduire le risque de certains cancers.

Un fermier transportant une récolte de sorgho en Ethiopie © giulio napolitano

Pourtant, la culture de ces céréales, jadis courante, est parfois littéralement tombée en désuétude. Elle sont perçues comme passées de mode ou, pire encore, comme une nourriture de pauvres. Comment changer cette perception ? L’ICRISAT travaille à en modifier la chaîne de valeur, de la ferme au produit fini.

Comment ? Par exemple, en incorporant directement le millet à des plats cuisinés, des céréales de petit déjeuner, des boissons… Et en faisant la démonstration aux habitants, notamment les femmes et les familles kenyanes, via un programme de télé réalité. Le challenge : incorporer du millet et du sorgho dans les repas.

Céréales à tout faire

Pourquoi relancer la culture du millet ? Parce qu’il s’agit en fait d’une céréale multi-usages. En effet, elle peut aussi bien faire office de nourriture animale, d’écocarburant et même être brassées. L’ICRISAT souligne également que le millet comme le sorgho sont les meilleurs amis des fermiers pour une autre raison : en cas de forte chaleur ou de sécheresse, ce sont les dernières plantes à tenir le coup.

Un bol de millet © Kiryl Padabed

Par ailleurs, le millet pousse deux fois plus vite que le blé, et sa culture ne demande ni fertilisant, ni pesticides. Une culture qui consomme 30 % d’eau de moins que celle du maïs, et 70 % moins que le riz.

Dans un contexte de changement climatique, où l’eau pourra être appelée à manquer, le retour du millet et du sorgho dans les champs comme dans les assiettes est aussi bon pour la planète que pour ses habitants.

Illustration bannière : Le millet et le sorgho, garants de la sécurité alimentaire des zones semi-arides – © Lucian Coman
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2 commentaires Donnez votre avis
  1. Le millet est vraiment une céréale à découvrir. Peu onéreuse, elle est délicieuse, cuit très rapidement, presque aussi vite que la semoule de couscous. Elle reste croquante sous la dent et a un goût très agréable.

  2. Au Burkina Faso on consomme le millet (petit mil) et le sorgho à chaque repas. Mais c’est vrai qu’à l’échelle mondiale ils sont nettement sous représenté aux profil des agro-carburants et des aliments pour bétail (Soja).
    Ainsi l’article se trompe de cible. Pour faire pencher la balance il ne faut pas redire aux Africains des villes de re-manger du sorgho (c’est bien de le faire), mais il faut dire aux Européens d’arreter de manger de la viande chaque jour (encore moins à chaque repas!).
    Merci aux Européen de faire l’effort nécessaire pour changer le monde.

    les agro-carburant ce sera pour une autre fois.

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