Les vins biodynamiques, l’occultisme au service de Bacchus

Phénomène en vogue dans le monde du vin, la viticulture en biodynamie ne justifie pourtant pas une distinction par rapport aux vins issus de l’agriculture biologique.

Rédigé par Guillaume, le 13 Jan 2011, à 16 h 43 min

Biodynamie, du New Age dans votre verre

L’agriculture biodynamique est née dans les années 1920 des travaux de l’Autrichien Rudolf Steiner. Philosophe de formation, il a théorisé des pratiques nées de ses « visions » et créé une nouvelle science, l’anthroposophie.

Sa théorie primitive (mais qui a été enrichie par la suite) était que les organismes vivants étaient soumis à des forces terrestres et cosmiques et qu’il convenait donc de les cultiver en harmonie avec celles-ci.

Jusqu’ici, pas grand-chose ne distingue l’approche de la biodynamie de celle proposée par l’agriculture biologique si ce n’est un vernis « New Age » et occulte qui fait la spécificité même de l’agriculture biodynamique et sa raison d’être.

Aujourd’hui, il faut reconnaître que la viticulture en biodynamie est de plus en plus en vogue et de plus en plus de viticulteurs adeptes de la viticulture biologique décident de franchir le pas.

La viticulture biodynamique

Il faut convenir que les vins issus de raisins biologiques sont de plus en plus nombreux sur le marché, quitte à ce que le côté puriste des débuts ne se soit évaporé dans certains cas pour ne plus devenir parfois qu’un simple argument de vente.

Cultiver la vigne en biodynamie permet finalement de se différencier de la masse et marque l’aboutissement d’un retour vers une viticulture toujours plus « naturelle ».

Pour en revenir à l’agriculture biodynamique, il ne s’agit pas ici de remettre en cause la qualité de ces vins, généralement très bonne, mais bien d’évoquer que ce qui fait la plus-value de l’agriculture biodynamique sur l’agriculture biologique n’est scientifiquement pas fondé.

Tout d’abord, l’agriculture biodynamique prône la préparation de concoctions sensées enrichir la terre.

Ces préparations sont mêmes au coeur de l’agriculture biodynamique.

Mais ces préparations sont tellement diluées dans l’eau que leur efficacité est quasi-nulle. Les préparations dans des cornes de vache bourrées de bouse ou les intestins de vache remplis de camomille, enterrés dans la terre puis dilués dans l’eau n’ont guère plus de vertus que les engrais biologiques « classiques ».

Ces pratiques sont même parfois qualifiées par ses détracteurs de « vaudouisme viticole ».Un vin peut être qualifié de biodynamique seulement par la pratique de l’agriculture biologique agrémentée de l’application de ces décoctions occultes.


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Tailler la vigne lorsque Vénus est en Verseau


Photo de bannière – Vin rouge © mythja – Shutterstock

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Guillaume dès la fin de ses études a eu envie d'écrire pour partager ses connaissances et ses convictions. Guillaume est notre spécialiste Habitat durable...

8 commentaires Donnez votre avis
  1. Quel dommage. Un article bien pauvre et reprenant les vieux clichés sur la biodynamie (« c’est ésotérique/voudou », « ça ne marche pas, les Scientifiques le disent », « la lune n’a presque pas d’influence » !!!… )

    Orienté et partial.

    Il y a actuellement un mouvement de fond des artisans-vignerons bio vers la biodynamie, justement séduits par le côté très pragmatique des résultats obtenus (et non le côté anthroposophique des premiers adeptes).

    Allez dire à La Romanée-Conti, à Anne-Claude Leflaive, à Pontet-Canet et à des milliers d’autres très qualitatifs que leur implication, leur sacerdoce n’ont pas de résultats !!

    Pour ceux qui veulent creuser, je conseil le petit ouvrage écrit par un Polytechnicien / Ingénieur agronome & oenologue (un Scientifique donc) :
    « La Biodynamie en 35 questions, à l’usage des amateurs de vin Broché »
    Antoine Lepetit – de la Bigne

    Restons ouverts et curieux
    Et la vérité est dans le verre 😉
    Bonne dégustation à tous

  2. Curieuse prise de position en effet de la part de consoglobe. Pour avoir lu des écrits de Steiner, la biodynamie semble relever plus de l’acte de foi que de la science. Mais la rejeter parce qu’on ne la comprend pas relève de la même étroitesse d’esprit que les détracteurs de l’homéopathie, de la radiesthésie ou bien d’autres pratiques alternatives dont les bienfaits sont avérés mais contestés parce que non « scientifiquement » prouvés.

  3. cher consoGlobe, je suis assez déçu de votre prise de position. Pourquoi ne pas venir gouter chez nous,des vins produits en biodynamie au prochain salon du Grand Tasting. De plus, pourquoi ne pas demander à Anne-Claude Leflaive les raisons objectives qui l’ont permi de choisir la biodynamie et non la biologie ? Et pourquoi ne pas demander à Mr Delille, au domaine de Terrebrune à Bandol les motifs qui le poussent à convertir son domaine de l’agriculture biologique à la biodynamie ? Pensez-vous vraiment qu’il s’agit d’une marotte marketing quand il faut réveiller les équipes à 4h du matin pour épandre les infusions.
    Les termes fumisteries et marketing ne ressemblent pas à ces producteurs à la recherche de la quintessence du terroir ?

  4. perso depuis que je consomme des vins biodynamiques et naturels , je renoue avec le plaisir du fruit sans artifices, essayez le domaine stella nova cuvée mira céti ou polaris, vous ne serez pas déçu…

  5. Bonjour ,pourquoi parler d’occultisme et de fumisterie ? Parce que vous ne pouvez donner de preuves cartésiennes? A chaque fois que la science bute sur les preuves elle se croit obliger de parler de charlatannisme! Rappellez vous Galilée et la Terre héliocentrique complètement en désaccord avec la théorie géocentrique!Et aujourd’hui qu’en disons nous ?
    Soyons ouvert goûtons les différences !Et pratiquons cette jardiculture dans nos jardins âme et yeux ouverts!

  6. Bonjour,
    Article très intéressant. Adepte du bio de la première heure, je me suis intéressée de près à la biodynamie et j’ai réalisé ô combien il s’agit d’une vaste fumisterie.

    La viticulture biologique a beaucoup à évoluer, car elle utilise beaucoup trop de soufre et de cuivre et n’est pas économe en diesel; en effet elle passe beaucoup de temps à faucher plutòt qu’à passer un coup d’herbicide.
    La viticulture doit renoncer à cultiver des cépages sensibles aux attaques fongiques, comme le chasselas, les pinots.
    Il existe en Suisse des nouveaux cépages qui n’exigent quasiment pas de traitements et qui donnent d’excellents vins. (Ph. Borioli, pépiniériste).
    Vive le bio.

  7. Pourquoi ne pas parler du soufre que l’on met dans le vin ? Les vin biodynamique n’en ont pas justement et c’est ce qui donne ce gout si particulier. Le vin travaille d’une maniere tres differente.

    • La biodynamie ne proscrit pas le soufre, même si, on est bien d’accord, il y en a moins que dans les vins dits « conventionnels ».
      Les vins avec peu de soufre sont plutôt appelés « vins naturels », du fait qu’ils sont censés laisser le terroir s’exprimer, sans qu’il y ait une grande intervention du vigneron. Ce qui donne des vins portant beaucoup sur le fruit et à boire plutôt jeunes.
      Mais encore une fois, la nuance est infime entre vin biologique, vin biodynamique et vin naturel.

      Tout ça pour dire, qu’à force de multiplier les labels et les étiquettes, on peut juste s’interroger sur la pertinence d’une telle frénésie de nouveaux concepts viticoles pour la visibilité de ces (souvent) excellents vins.

      Bien à vous,

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