Guide des poissons : la baudroie ou queue de lotte

Rédigé par Annabelle, le 5 Apr 2015, à 12 h 23 min

Nouveau zoom sur les espèces de poissons menacées avec la lotte. Ou plutôt la baudroie, un poisson d’Atlantique Nord que l’on nomme lotte lorsque l’on parle du poisson sans sa tête : la queue de lotte étiquetée sur les étals des poissonniers est en fait de la queue de baudroie. Ce poisson marin ne doit pas être confondu avec la lote de rivière (avec un seul « t »), Lota lota, qui fait partie de la famille des gadidés, comme le merlu.

Description de la baudroie ou lotte

Le nom vernaculaire baudroie désignent plusieurs poissons appartenant à la famille des lophiidés, parfois appelés diables ou crapauds de mer. La baudroie commune, Lophius piscatorius et la baudroie rousse, Lophius budegassa, sont des poissons marins des eaux de l’Atlantique Nord et de la Méditerranée, qui ne se distinguent que par la couleur de leur ventre et par leur taille. Elles possèdent une tête énorme, aplatie et qui est bien plus large que le reste du corps. La bouche est large, formant presque un demi-cercle et surmontée de nombreuses dents pointues. L’ensemble du corps est recouvert de nombreux lambeaux de peaux ressemblant à des algues.

Les baudroies arborent une véritable tenue de camouflage avec un dos brun, plus ou moins marbré, se confondant tout à fait avec le fond marin.

Lophius_piscatorius-baudroie-commune-queue-de-lotte

La baudroie commune peut mesurer jusqu’à 2m et peser jusqu’à 45kg. La baudroie rousse est plus petite, ne mesurant que 90 cm au maximum.

En France, on a le droit de désigner pour un usage commercial baudroie pour le poisson entier et lotte pour le poisson sans la tête un nombre limité de poisson du genre Lophius.

Habitat et moeurs de la baudroie

La baudroie est un poisson benthique. Elle vit dans les fonds meubles de l’Atlantique, jusqu’à 1 000m. La baudroie commune se trouve en Atlantique Nord-Est de la mer des Barents au golfe de Guinée ; la baudroie rousse est plus présente en Atlantique-est.

Le saviez-vous ? En anglais, la lotte se nomme “ anglerfish ” autrement dit poisson pêcheur. La lotte est en effet dotée d’un leurre pendu à un filament qu’elle déploie devant sa bouche énorme pour attirer ses proies.

La baudroie, piètre nageuse, est peu active. Elle se nourrit de poissons – tacauds, merlans bleus, chinchards, morues, merlans, etc.- mais aussi parfois d’oiseaux marins. Tapie sur des fonds sableux ou vaseux, elle ne laisse dépasser que sa gueule et son filament pêcheur qui lui sert à attirer ses proies.

La baudroie commune atteint sa première maturité sexuelle à l’âge de 6-7 ans pour les mâles (lorsqu’ils mesurent 50 à 70 cm), et à l’âge de 9-11 ans pour les femelles. La baudroie rousse femelle, atteint sa maturité sexuelle vers 6 ans, quand elle mesure 65 cm.

Les femelles pondraient jusqu’à 3 millions d’oeufs sous forme d’un ruban muqueux qu’on appelle « voile pourpré ».  Les deux espèces de baudroie ont une croissance lente et sont particulièrement sensibles aux effets de la surpêche.

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4 commentaires Donnez votre avis
  1. non non et non ,le poisson entier c est la baudroie, et le poisson sans tète s appele lotte PAS QUEUE DE LOTTE,le terme queue de lotte n existe ni en français ni en dénomination commerciale,il ne sert qu a une fois de plus détourner la législation, et tromper le consommateur

  2. oui, dommage que la laideur ne constitue pas une protection suffisante.

    bah c’est justement parce que presque tout le monde veut ingurgiter de tout, tout de suite et toute l’année pour pas cher au lieu de se contenter de se régaler quelques fois par an (ou de respecter la vie animale, ce qui n’est ici pas la question semble t’il c’est plus un site pour consommateur de base qui veut du naturel si j’ai bien saisi l’idée…) qu’on en arrive à par exemple oui, la surpêche. on en est tous responsables, hormis de ceux qui refusent tout produit issu de l’exploitation des animaux.

  3. Et dire qu’à une époque, les baudroies étaient systématiquement rejetées à l’eau, la “laideur” du poisson le déclarait invendable. Les temps ont bien changés. Heureusement pour nous, car cette chair est excellente. Dommage qu’il soit si cher….

    • 6 avril 2015 à 19h51

      oui, dommage que la laideur ne constitue pas une protection suffisante.

      bah c’est justement parce que presque tout le monde veut ingurgiter de tout, tout de suite et toute l’année pour pas cher au lieu de se contenter de se régaler quelques fois par an (ou de respecter la vie animale, ce qui n’est ici pas la question semble t’il c’est plus un site pour consommateur de base qui veut du naturel si j’ai bien saisi l’idée…) qu’on en arrive à par exemple oui, la surpêche.

      quand je lis des cas comme le votre j’ai envie de dire: encore heureux qu’il soit cher, n’importe quel animal devrait etre hors de prix en fait, meme s’il suffirait de faire chauffer la carte bleue pour bâfrer quand même. Mais bon, d’autres seraient mieux placés que moi puisqu’il m’arrive de manger des saumons.
      ceci etant j’ai beau ne pas etre sans respnsabilité dans tout ceci, je trouve que ce sont les vegan qui ont raison sur ce chapitre.

      en outre, si une espece est menacée, ne serait il pas plus simple de ne plus la pecher du tout ? c’est d’une logique élémentaire mais tant qu’il y a de la demande, hein…

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