Vive le gui, plante sacrée pour se soigner tout au long de l’année !

Même si pour cette année, on évitera de s’embrasser sous une branche de gui, on peut en accrocher à la maison pour nous porter bonheur ! Le gui peut même nous soigner tout au long de l’année.

Rédigé par Véronique Desarzens, le 31 Dec 2020, à 10 h 50 min
Vive le gui, plante sacrée pour se soigner tout au long de l’année !
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Les Druides, qui possédaient une connaissance approfondie des végétaux, considéraient déjà le gui (Viscum album) comme une plante sacrée. Ils l’appelaient « rameau d’or », et seuls certains d’entre eux avaient le privilège de pouvoir le couper, à l’aide d’une serpette en or. Voilà qui semble peut-être beaucoup d’honneur pour ce que l’on a longtemps pris pour un parasite se développant sur les arbres, notamment sur les pommiers ! Le gui le plus rare et le plus recherché était celui qui poussait sur les chênes.

D’où vient la tradition du gui ?

Selon la légende, pour qu’il garde toutes ses vertus, il devait être cueilli au moment du solstice d’hiver. À cette époque, on le transformait en une boisson à laquelle on prêtait toutes les vertus : non seulement le gui assurait la fécondité, mais il était un remède contre tous les poisons. Les Druides lui donnaient d’ailleurs un nom qui, dans leur langue, signifiait « guérissant tout ».

Et ce n’est pas tout : on raconte aussi que les Druides eux-mêmes accrochaient une branche de gui à l’entrée de leur maison en guise de protection contre les mauvais esprits, et qu’ils embrassaient leurs visiteurs sous ce même gui.

branche de gui

Une branche de gui suspendue pour Noël ©Oleksandr Rybitskiy

La tradition traversa allègrement les siècles, puisqu’il était encore de coutume au Moyen Âge de suspendre du gui aux poutres des plafonds pour assurer la prospérité de la maison et de tous ses occupants : descendance et animaux bien sûr, mais aussi cultures…

La branche de gui, un parasite … parfois bénéfique pour la santé !

Les feuilles de gui ont été utilisées depuis l’Antiquité pour traiter l’épilepsie, les convulsions les maladies de poitrine, l’asthme et les toux spasmodiques.

En 1921, Rudolf Steiner, père de l’anthroposophie, émet l’hypothèse que des préparations à base de gui peuvent être bénéfiques pour renforcer le système immunitaire et soutenir ainsi le traitement de certaines maladies graves par injections sous-cutanées.

Si aujourd’hui le gui est apprécié en phytothérapie pour ses propriétés immunostimulantes, il est surtout recommandé contre l’hypertension artérielle et ses symptômes (vertiges, bourdonnements d’oreilles…) ainsi que pour régulariser le rythme cardiaque. Sédatif et anxiolytique, il peut contribuer à apaiser certains maux de tête, les angoisses et le crises nerveuses.

Enfin, on lui reconnaît des effets diurétiques, ainsi qu’une efficacité certaine face aux troubles de la ménopause : palpitation, tachycardie, troubles circulatoires…Le gui permettrait également de soulager les maladies inflammatoires dégénératives.

Gui : baies, boule de gui ou feuilles ?

Quant à comment l’utiliser… voilà qui demande la plus grande prudence ! En effet, les baies de gui sont toxiques, elles sont donc à éviter complètement.

boule de gui

Une boule de gui ©Irina Borsuchenko

Les tiges et les feuilles du gui peuvent être préparés sous différentes formes : en infusion, en potion, en poudre, en extrait aqueux et même en macération dans du vin, ou encore en décoction afin d’être ensuite utilisé en bain ou en injections.

Enfin, des cataplasmes préparés avec des feuilles de gui pilées, autrefois employés contre les engelures et les crevasses des mains, se sont avérés efficaces pour calmer les douleurs de la goutte, de certains rhumatismes et de la sciatique.

La tradition populaire nous a légué bien des manières d’utiliser les branches de gui pour plus de bien-être. La « plante sacrée » exige toutefois doigté et savoir-faire et doit être préparée de manière très précise afin de guérir et surtout de ne pas nuire. Compte tenu de la toxicité de ses baies, mais aussi potentiellement de la plante entière si on y a recours à trop forte dose, on ne saurait trop recommander de ne pas s’y lancer sans un avis médical éclairé !

Même si vous devrez pour cette année éviter les traditionnelles bises échangées sous le gui pour la nouvelle année, n’hésitez pas à accrocher une boule de gui chez vous pour espérer avoir une année 2021 meilleure que la précédente !

Illustration bannière : tradition du gui © Madeleine Steinbach
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Journaliste, rédactrice indépendante, orientée mieux-être, santé, environnement, produits naturels et autres potions « maison ».

1 commentaire Donnez votre avis
  1. Bonjour ; je trouve que vous n’approfondissez pas assez la façon de prendre ou de faire sécher le gui je suis en Normandie et il y en a beaucoup ; si vous pouviez nous dire comment utiliser ses plantes mais en expliquant bien comment s’y prendre car a priori ce sont des plantes dangereuses je vous remercie.Tilly.M

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