Souffrance du veau : fantasmes et réalité

Rédigé par Éléonore Vanel, le 21 Aug 2015, à 11 h 15 min

Ces dernières semaines, les conditions d’élevage des poules pondeuses ont connu un battage médiatique sans précédent. Les vidéos de broyage de poussins mâles vivants ont révolté l’opinion publique, et donnent une image peu reluisante de l’élevage en général. Décriées par les associations de défense des animaux, défendues par les éleveurs, et souvent ignorées des consommateurs, les conditions d’élevage sont au final peu connues du grand public.

Fantasmes ou réalités, consoGlobe a décidé de se pencher sur le cas précis de l’élevage des veaux. Quelles sont les différentes étapes qui mènent de la naissance du veau, à l’escalope dans l’assiette du consommateur ? Qu’est devenue la vision bucolique du veau tétant sa mère dans un pré verdoyant ?

Elevages laitier et allaitant : deux poids, deux mesures

Pour comprendre, il faut repartir aux origines. Il existe deux types de production en France : les élevages laitiers et les élevages allaitants.

Dans le cas des élevages allaitants, les vaches sont élevées pour leur viande. Elles allaitent leur veau jusqu’au sevrage, qui intervient aux alentours de huit mois.

Pour les races laitières, la production du lait est exclusivement destinée à la commercialisation. Or, comme le rappelle Johanne Mielcarek, porte-parole de l’association L214 : « Une vache ne produit pas du lait spontanément. Chaque année les vaches doivent être inséminées artificiellement, pour avoir un veau afin d’activer la production de lait. Elles sont gestantes et traites en permanence ». A la naissance, le veau boit le colostrum, le lait de la première traite, très riche en anticorps, protéines, matières grasses et vitamines. Puis, comme le lait est destiné à la consommation humaine, et non au veau, ce dernier est retiré de sa mère dans les 24 heures.

La séparation du veau de sa mère est un déchirement

Une vétérinaire rurale en Poitou-Charentes justifie cette séparation précoce : « On ne les laisse jamais plus longtemps avec la mère, car plus on attend, plus c’est difficile de les séparer ». Pour la porte-parole de L214, l’argument ne tient pas : « La race de vache Holstein est aujourd’hui la plus utilisée en élevage laitier, car elle est très productive, mais aussi car elle serait génétiquement moins attachée à son bébé. En réalité, elle est surtout plus docile. D’autres races de vaches ne laisseraient jamais les éleveurs prendre leur veau et deviendraient violentes. »

Pour les associations de défense des animaux, cette séparation précoce est vécue comme un « déchirement », aussi bien pour la mère que pour le veau. Cet extrait du documentaire « Adieu veau, vache, cochon, couvée » de Béatrice Limare, diffusé sur France 3, montre le dur moment de la séparation.

Le sexe détermine le destin

Le veau qu’on retrouve dans notre assiette est quasi-exclusivement du bébé de vache laitière : ce sont 55 % des veaux de l’élevage laitier qui sont destinés à l’abattoir après quelques mois de vie(3). Tandis que dans l’élevage de vaches à viande, il est plus rentable d’attendre l’âge adulte avant de les abattre : plus de viande égale plus de profit. Seuls donc 4 % de ces veaux sont destinés à la boucherie.

Pour être plus clair, ces 55 % représentent la totalité des veaux mâles en production laitière, tous destinés à l’abattoir. A l’instar des poussins mâles dans l’élevage de poules pondeuses, les veaux mâles sont « inutiles » car ils ne peuvent pas produire de lait.

veau-vache-elevages-lait

Ainsi, en élevage laitier, une distinction s’opère dès la détermination du sexe de l’animal : les femelles suivront le destin de leur mère et deviendront à leur tour des vaches laitières, alors que les mâles seront abattus à l’âge de six mois pour finir dans l’assiette du consommateur.

Lire page suivante : savez-vous par quel traitement imposé au veau sa viande devient blanche ?
Références :
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Actuellement à LCI, ex-France Culture, écolo-concernée, défenseuse de la condition animale et curieuse de toutes les initiatives qui touchent au...

10 commentaires Donnez votre avis
  1. Madame Evelyne voudriez vous qu on vous enlève vos enfants ?et votre vie n est pas plus importante que celle de ce veau alors arrêtez vos commentaires de merde ,ce sont des êtres vivants et ils meritent autant de vivrent que vous meme

  2. C est paysan qui fsut foutre bas ,aucun sentiment ces paysan sont tous des malades
    Qu ils se séparent eux de leurs gosses et laissez la paix aux animaux bande de laches de merde

  3. qques rectifications pour johanna mielcarek
    le veau laitier est séparé la plupart du temps de sa mère dès la naissance et le colostrum lui est distribué , donc pas ou peu de contact
    cela concerne ttes les races laitères holsteins ,montbeliardes , brunes etc…
    par contre la création précoce d’un lien mère veau , en élevage allaitant est indispensable à la survie du veau

  4. Pourquoi cherche-t-on à boire du lait? A-t-on demandé à Madame Vache si elle souhaitait nous offrir son lait? Non, on le lui vole, on la spolie! A cause de cette société de consommation, j’ai été forcé à boire du lait et essaye aujourd’hui de m’en sevrer. Quand l’envie est trop forte, je me précipite sur le pis de mon époux et le lui tête jusqu’à lui extraire sa dernière goûte de lait. Je préfère le lait d’homme au lait de vache. De plus, mon époux est consentant, contrairement à Madame Vache! Alors! Cherchez l’erreur!

  5. De toute façon, manger du veau ne rime à rien, sinon à « faire bien » dans les assiettes. Le veau est anémié ! donc sa viande n’a pas les protéines, fer et autres, nécessaire au corps humain.
    Alors au lieu de s’apitoyer sur leur destin tragique, cessez d’en manger 🙂

  6. Ces conditions d’élevage me déchirent le coeur. Lorsqu’on sépare un enfant de sa mère, ça créé une polémique sans précédent. Imposer la même chose aux animaux et ce, à grande échelle, c’est tout à fait normal. Lorsque je sensibilise mon entourage à cela, j’entends la même chose: « Oui je sais, ne m’en parle pas, je préfère ne pas savoir ». Fermer les yeux n’est pas la solution !

  7. Saporta ? encore une Juive ! il n’y a plus que ça ! entre les Dunkan et les Cohen, à vomir !

    • et alors ? en quoi son travail est-il « à vomir » ?
      votre propos est non seulement injurieux mais totalement déplacé

    • Brebis Le Gall ou brebis galeuse ??? honte à vous !

  8. Merci de sensibiliser enfin vos lecteurs sur ce sujet. Les animaux non humains sont des êtres sentients qui éprouvent des émotions, des sentiments et entretiennent des relations sociales et affectives.
    De plus, les humains, espèce animale parmi tant d’autres, sont les seuls à consommer du lait une fois sevré et qui plus est d’une autre espèce. Cherchez l’erreur ! Le calcium est présent dans les végétaux et celui là ne tue pas, ne pollue pas et ne crée aucune nuisance sur la santé humaine, contrairement au lait animal.
    C’est dans les pays où les gens consomment le plus de lait qu’il existe le plus de cas d’ostéoporose, d’arthrite et autres maladies des os. Encore une fois, cherchez l’erreur ! Il serait temps de devenir enfin intelligent et de cesser de vouloir réinventer le monde. La nature nous offre tout ce dont nous avons besoin, sans nécessité de sur-exploiter, transformer, bidouiller…

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