Vacances – souffrez-vous du syndrome du paradis ?

Si vous tombez malade dès que vous prenez quelques jours de repos, c’est sans doute que vous êtes trop stressé dans votre travail.

Rédigé par , le 10 Aug 2026, à 16 h 08 min
Vacances – souffrez-vous du syndrome du paradis ?
Précédent

Enfin les vacances ! Pourtant, au lieu de retrouver immédiatement votre énergie, vous voilà épuisé, courbaturé ou pris d’un mal de tête. Ce malaise qui apparaît dès le week-end ou au début des congés porte un nom : la maladie des loisirs. Le phénomène existe dans la littérature scientifique, mais il reste encore mal compris et ne constitue pas un diagnostic médical.

Malade au début des vacances : qu’est-ce que la maladie des loisirs ?

La maladie des loisirs, parfois appelée « syndrome du paradis », décrit une situation déroutante. Une personne se sent relativement bien pendant ses périodes de travail, puis développe des symptômes lorsqu’elle s’arrête.

Le psychologue néerlandais Ad Vingerhoets et ses collègues ont étudié ce phénomène au début des années 2000. Leur étude pilote portait sur 1 893 adultes néerlandais. Les manifestations les plus fréquemment citées pendant les loisirs étaient les maux de tête, la fatigue, les douleurs musculaires et les nausées. Lors des vacances, certains participants signalaient aussi des symptômes ressemblant à un rhume ou à une grippe.

Cette étude a surtout permis de décrire un ressenti. Elle ne suffit pas à prouver que l’arrêt du travail provoque directement une maladie. La « maladie des loisirs » n’est d’ailleurs pas reconnue comme une pathologie dans les classifications médicales de référence.

Pourquoi le corps semble-t-il lâcher au moment de souffler ?

Plusieurs hypothèses sont avancées. La première concerne le changement brutal de rythme. Pendant une période chargée, les contraintes, les échéances et l’attention portée au travail peuvent masquer certains signaux de fatigue. Dès que la pression retombe, ces sensations deviennent plus perceptibles.

Le stress chronique pourrait également jouer un rôle dans la manière dont l’organisme réagit. Toutefois, affirmer que les défenses immunitaires « s’effondrent » dès le début des congés serait trop simpliste. Les interactions entre stress, sommeil, système nerveux et immunité sont complexes.

Enfin, le départ lui-même peut fatiguer : préparatifs tardifs, trajet de nuit, changement d’alimentation, décalage horaire, chaleur ou consommation d’alcool inhabituelle. Une véritable infection peut aussi se déclarer à ce moment-là, sans rapport avec le relâchement.

Femme fatiguée allongée sur un canapé pendant ses vacances

Qui risque le plus de souffrir pendant ses congés ?

Dans l’étude initiale, les personnes concernées se décrivaient souvent comme très investies dans leur travail. Elles évoquaient aussi une charge professionnelle élevée, un fort sens des responsabilités et des difficultés à passer du travail au repos.

Le phénomène pourrait donc toucher davantage celles et ceux qui restent constamment en tension. Cela concerne notamment les personnes qui consultent leurs messages tard le soir, reportent leurs pauses ou peinent à déléguer.

Attention toutefois à ne pas transformer ce portrait en règle. Une grande fatigue au début des vacances peut simplement révéler une infection, une dette de sommeil ou un problème de santé sans lien avec le travail.

Comment éviter de tomber malade dès le début des vacances ?

L’objectif n’est pas de rester occupé à tout prix. Il s’agit plutôt d’éviter le grand écart entre des semaines surchargées et un arrêt brutal, lui-même précédé d’une course aux préparatifs.

Lever le pied avant le départ

Si votre organisation le permet, terminez les dossiers prioritaires plusieurs jours avant de partir. Évitez de concentrer toutes les urgences sur votre dernière journée. Une liste de reprise claire aide aussi à partir l’esprit plus tranquille.

Au cours de l’année, de courtes pauses et quelques jours de congé répartis peuvent limiter l’accumulation de fatigue. Ces respirations ne remplacent pas de vraies vacances, mais elles évitent d’attendre l’épuisement pour s’arrêter.

Préserver son sommeil

Se coucher très tard pour « profiter » des premiers soirs n’aide pas toujours le corps à récupérer. Gardez des horaires relativement réguliers et offrez-vous des matinées calmes si vous en ressentez le besoin.

Une sieste peut être bénéfique, à condition qu’elle ne désorganise pas votre sommeil nocturne. Une pause courte, prise en début d’après-midi, convient généralement mieux qu’un long sommeil tardif.

Rester actif, sans programme militaire

La marche, la natation, le vélo doux ou le yoga peuvent faciliter la transition. Choisissez une activité agréable et adaptée à votre condition physique. Les vacances ne sont pas le meilleur moment pour commencer brutalement un entraînement très intense.

Bouger régulièrement contribue au bien-être physique et mental. Il n’est toutefois pas nécessaire de remplir chaque heure. Lire, jardiner, jouer ou ne rien faire font aussi partie d’un repos réparateur.

Éviter les excès des premiers jours

Voyage, soleil, apéritifs, repas copieux et nuits courtes peuvent former un cocktail éprouvant. Buvez régulièrement de l’eau, surtout par forte chaleur, et conservez autant que possible une alimentation équilibrée pendant les vacances.

Le lavage des mains reste utile dans les transports, les lieux très fréquentés et avant les repas. Il réduit la transmission de nombreuses infections, mais ne prévient pas spécifiquement la maladie des loisirs.

Le bon réflexe
Prévoyez si possible une première journée sans long trajet, visite obligatoire ni emploi du temps serré. Votre corps disposera d’un sas pour changer de rythme.

Quand faut-il consulter ?

Il est tentant de mettre toute fatigue sur le compte du stress. Pourtant, des symptômes physiques peuvent avoir de nombreuses causes. Consultez un médecin si la fatigue persiste malgré le repos, s’aggrave ou revient à chaque période de congé.

Un avis médical est également recommandé si elle s’accompagne d’une forte fièvre, d’un essoufflement, d’une douleur thoracique, d’un malaise, de vomissements répétés ou d’autres signes inquiétants. En cas de doute, ne vous autodiagnostiquez pas une maladie des loisirs.

Enfin, si vous ne parvenez jamais à déconnecter, si le travail envahit vos nuits ou si l’épuisement s’installe, parlez-en à votre médecin. Ces signaux peuvent révéler un niveau de stress trop élevé qui mérite une prise en charge, avant même les prochaines vacances.

Des congés véritablement réparateurs associent repos, plaisir et liberté de rythme. Ils préparent aussi un retour plus serein, loin du célèbre blues de la rentrée.

Lire aussi
J’ai mangé un truc pas frais pendant les vacances ! Soigner l’indigestion

Article mis à jour août 2026



Aucun commentaire, soyez le premier à réagir ! Donnez votre avis

Moi aussi je donne mon avis