Les quotas de poissons « français » sont épuisés aujourd’hui

Si la France ne comptait que sur sa seule production de poisson, pêche ou élevage, pour sa propre consommation, on ne trouverait plus de poissons à vendre à partir du 21 mai, soit 3 semaines plus tôt que l’an dernier et 3 mois et demi plus tôt qu’il y a une vingtaine d’années.

Rédigé par Jean-Marie, le 21 May 2012, à 14 h 31 min

Le potentiel économique d’une pêche durable pour l’Europe

chalut haute mer

Selon une étude publiée par la la New economics foundation, ONG britannique, rétablir les stocks de cabillauds, églefins, harengs, lottes, carrelets et merlans européens victimes de la surpêche, en assurant une exploitation durable de ces espèces, permettrait de créer 100.790 nouveaux emplois, dont environ 83.000 pour l’Union des 27 Européens. Cette conclusion fait écho à une autre analyse récente sur l’emploi dans la filière : surpêche, 100 000 emplois à la mer !

«La restauration de 43 stocks européens au niveau de leur rendement maximal durable générerait 3,53 millions de tonnes de débarquements supplémentaires chaque année d’une valeur de 3,2 milliards d’euros, dont 1,8 milliard d’euros pour l’UE.»

Pêche durable = plus de poissons et plus d’emplois

Ces nouveaux emplois représentent une augmentation de 31 % par rapport au nombre actuel d’emplois dans le secteur de la pêche de l’UE. La restauration des prises de poissons au niveau de rendement maximal durable (RMD) correspond au maximum de captures que l’on peut effectuer dans un stock de poissons sur une période infinie sans affecter le processus de reproduction. Des captures plus importantes signifient que l’on prélève du stock un nombre de poissons supérieur à celui pouvant être renouvelé et donc que la taille du stock diminue.

Cabillaud, hareng et merlan, bons pour l’emploi

Les stocks de poissons les plus touchés par la surpêche sont le cabillaud qui perd, selon les chiffres de la NEf, 970.000 tonnes par an, le hareng (854.000 tonnes/an), le merlan (834.000 T/an) et l’églefin (378.000 T/an). La restauration des 43 stocks européens étudiés par les experts de ce centre de recherche et d’analyse britannique «permettrait de répondre à la demande annuelle en poisson pour près de 160 millions de citoyens de l’UE».

  • Concernant la France, la consommation annuelle de poisson de 6,5 millions de Français pourrait être couverte simplement par la part de la France dans la restauration de ces stocks de poissons.

La filière de la pêche pourrait ainsi embaucher 22 % de personnes supplémentaires en France et plus de 206 millions d’euros pourraient être investis dans les communautés côtières chaque année. «Cela représente près de sept fois les subsides que perçoit la France tous les ans, précisément pour atténuer les coûts de la surpêche», note la NEF. «Les politiques ont tout à fait la possibilité de restaurer les stocks halieutiques» de l’UE dont 72 % sont surexploités actuellement, «et dans le climat économique actuel, les enjeux sont plus importants que jamais» a souligné Rupert Crilly, auteur du rapport et chercheur en économie de l’environnement pour la NEF. source © 2012 AFP

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Les labels de la pêche

  • Le label MSC, créé par WWF et Unilever, récompense les pêcheries à la gestion et aux pratiques écologiquement responsables (3 % de la pêche mondiale).

 

  • Le label Rouge français atteste qu’un produit possède un ensemble de caractéristiques spécifiques établissant un niveau de qualité supérieure à celle d’un produit courant similaire.

 

  • Le label AB atteste de l’élevage dans des piscicultures de qualité, dans lesquelles les poissons sont exposés à de faibles risques de pollution et dont l’alimentation est composée à 70 % de farine de poissons sauvages et 30 % de graisses végétales biologiques.

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Jean-Marie Boucher est le fondateur de consoGlobe en 2005 avec le service de troc entre particuliers digitroc. Rapidement, il convertit ses proches et sa...

5 commentaires Donnez votre avis
  1. bonjour
    étant fils de marin pecheur Breton , je suis assez bien placé pour parler de poisson !!!
    Avec notre belle connerie d ‘attribution de cota par l’Europe de Bruxelle , notre flotte de peche est réduite a zéro …tous les petits bateau de peche cotiers , qui faisaient l’animation des port de notre région Bretonne ont disparus ..je dis dis bien disparu !!!!…nos petits port Bretons sont vides de bateau et bien sur de crabes et de poissons , par contre les grosses unités de peche au chalut continuent leur massacre ….je dis massacre , par ce qu’il faut savoir que dans la peche au chalut sur 5 tonnes de poissons qui remontent mort sur le pont , seulement une tonne ou deux sont gardées et le reste on le refout a l’eau , ça c’est criminel et aberrant !!!! évidemment qu’a cette allure on va vite dépeupler la mer …il faudrait revenir a une peche plus sélective avec de plus petites unités , ce qui éviterait ce gaspillage de poisson !!! et donnerait aussi davantage de travail ….mais comme les grosses unités de peche appartiennent a de grosses sociétés financière , ce n’est pas demain que le regne du fric va s’arrèter !!!! car peu leur importe ce qui reste dans la mer , seul le profit immédiat les intéresse !!!!
    Voila la triste réalité !!!!

    • Entièrement de ton avis Allain. Je partage ton opinion à 100%
      Les chalutiers détruisent le fond des océans et saccagent sa faune !
      Seulement comme tu dis, la CEE subit des pressions monstrueuses de la part des gros patrons pêcheurs qui n’ont strictement rien à foutre de la nature. Jusqu’au jour, où ils n’auront plus rien à mettre dans leurs filets.
      Patrick

  2. Parceque la solution, la vraie, est le végétalisme. Je vous invite à regarder la conférence youtube de Gary Yourofski. Un régime végétalien permet de supprimer quasiment tout risque de maladie cardiovasculaire, limite les cancers, protège la planète et les animaux. Pas de risques de carences, plus grande résistance physique, et j’ai découvert des dizaines de nouvelles saveurs. http:/ /identitools.fr/actu/voila-pourquoi-je-suis-vegan

  3. Bon, alors on fait quoi ??? on nous rebat les oreilles en nous disant qu’on mange trop de viande, et qu’il est mieux pour notre santé de manger du poisson. OK, je n’achète déjà plus de cabillaud, plus de perche du NIL depuis des lustres (autre raison que la disparition de l’espèce bien sûr) je fais gaffe à manger des poissons qui ne disparaissent pas (encore), lieu noir, jaune ?? j’ai bon ? J’achète à la BIOCOOP et non en grande surface mes produits BIO aussi, il faut avoir le moral en ces temps empreints de négatif et de peurs de toutes sortes pour ne pas sombrer (au pays des poissons …) totalement. Vous voyez je surnage comme je peux avec un peu d’humour …

    • Jean-Marie

      Bonjour Mireille,
      c’est vrai qu’on pourrait en devenir un brin parano 🙂 mais bon, on essaie de rester positifs en suggérant que ce qui compte ce n’est pas de se priver de tout mais surtout de la modération et,sur le sujet de la nourriture, un régime équilibré… Chez consoGlobe, on cherche à alerter mais on ne voudrait pas tomber dans le pessimisme et le « faites pas ci, faites pas ça ». Pas tjours facile. Heureusement, vous nous y aidez.

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