Phenix : le site de rencontre anti-gaspillage alimentaire

Rédigé par Fabien Leboucq, le 8 Dec 2015, à 10 h 02 min

Phenix est une jeune entreprise anti-gaspillage alimentaire qui facilite la récupération des invendus des supermarchés par les associations caritatives. Son développement rapide est surtout opportun : l’été dernier, les enseignes de la grande distribution se sont engagées à « lutter contre le gaspillage alimentaire ».

« Phenix a développé une sorte de Meetic du don, pour mettre en relation associations et donateurs ». Un site de rencontre anti-gaspillage ? C’est ainsi que Stéphanie Turpin, chargée de développement de Phenix en Nord-Pas-de-Calais, présente la plateforme mise en place par son entreprise. « L’objectif est que tous les jours, il y ait un ramassage dans chaque grande surface ».

Pour l’heure, même si des rapprochements sont à l’étude, il n’y a pas d’accord entre les directions nationales de la grande distribution et Phenix : l’entreprise démarche les magasins un par un. Idem pour les associations, qu’elles soient nationales ou locales. Dans le Nord, Phenix a de quoi à faire : la start-up ne s’y est implantée qu’en août 2015.

Outre sa plateforme pour mettre en relation associations et supermarchés, Phenix fait dans le conseil et dans l’accompagnement : « Par exemple si une association récupère déjà les invendus d’un magasin, nous observons le fonctionnement des collectes, et nous proposons des moyens de l’améliorer ».

Un partenariat « gagnant-gagnant-gagnant » anti-gaspillage alimentaire

La formule est rodée. Phenix se développe en permettant aux associations de récupérer plus, et mieux. Mais qu’est-ce que les supermarchés ont à y gagner ?

D’une part, 60 % des dons caritatifs sont déductibles des impôts – c’est sur ce pourcentage que Phenix prend sa marge. Qui plus est, les grandes surfaces réalisent des économies sur le traitement des invendus puisque ce sont les associations qui se déplacent pour les récupérer.

D’autre part, la majorité des enseignes de la grande distribution se sont engagées à ce que leurs magasins de plus de 400m² donnent à des associations caritatives habilitées. Cette disposition, prévue dans la loi sur la transition énergétique d’août 2015, avait été censurée par le Conseil Constitutionnel. C’est au cours d’une table ronde, organisée par la ministre de l’écologie Ségolène Royal, que les entreprises du secteur ont finalement consenti à un accord non contraignant.

Les supermarchés, responsables mais pas (seuls) coupables

Si la start up se concentre d’abord sur la grande distribution, c’est pour des raisons historiques : « cela fait longtemps que la grande distribution donne » affirme Stéphanie Turpin, même s’il est vrai que l’engagement des grandes enseignes de l’été 2015 « joue en la faveur de Phenix ». La jeune femme balaie toutefois les accusations de greenwashing  : « Nous formons du personnel, montons des projets porteurs de valeurs écologiques dans les grandes surfaces, les gens y croient sincèrement. Et au final, qu’importent les raisons pourvu que les résultats soient là ! »

Des résultats qui ne changeront pas tout : selon les Nations Unies, 30 % de la nourriture produite dans le monde est gaspillée chaque année. Si tous les échelons de la production agroalimentaire et de la distribution ont leur responsabilité, le consommateur final est, avec l’agriculture, l’un des plus gros gaspilleurs. L’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie) estime qu’un Français jette en moyenne 20 kg de nourriture par an, dont 7 kg encore emballés. Pour Stéphanie Turpin, « Un changement est nécessaire, mais la révolution vient d’en bas, et c’est aux citoyens de se mobiliser en premier ».

Infographie de l’association Phenix anti-gaspillage alimentaire en France

infographie anti-gaspillage alimentaire phenix

Illustration bannière : Légumes invendus anti-gaspillage alimentaire – © Candus Camera Shutterstock
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2 commentaires Donnez votre avis
  1. Très bon article. Dommage que l’illustration visuelle ne valorise pas le contenu…Attention à ne pas “alimenter” l’idée que ce qui est écolo est forcément austère, moche et indésirable. En tout cas, pour ma part, je ne peux hélas pas diffuser l’article avec une telle photo…

    Belle journée, et merci pour ce que vous faites 🙂

  2. enfin quelque chose de positif pour lutter contre le gaspillage alimentaire espérons que ce seront les plus pauvres qui pourront en bénéficier !
    le grand problème sera de trouver des solutions pour les petites communes où il y a des magasins grand surface mais il faut espérer que cela pourra aussi se faire !

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