Pesticides et médicaments dans l’eau : pas de panique

Rédigé par Alan, le 26 Mar 2013, à 15 h 17 min

Alors que le rapport annuel de l’Autorité Européenne de sécurité alimentaire (EFSA) se voulait rassurant vis à vis de la présence des pesticides dans l’alimentaire, une étude dénonce la présence de substances peu naturelles dans l’eau minérale. Pas besoin cependant de tirer la sonnette d’alarme : les traces sont infimes et des expertises plus globales sont attendues.

L’eau en bouteille n’est pas meilleure

© CC, Jessica Tam

© CC, Jessica Tam

L’information n’est pas nouvelle : l’eau en bouteille n’est pas réellement meilleure pour la santé que l’eau du robinet (surtout si vous filtrez celle-ci) :

> eau en bouteille vs eau du robinet

Une nouvelle étude sur la qualité de l’eau en France a été menée par 60 millions de consommateurs et la Fondation France Liberté. Il en résulte que si le taux de nitrate est à surveiller dans l’eau du robinet, ce sont aussi les pesticides et les médicaments qu’il faut chercher, et ce également dans les bouteilles.

L’eau en bouteille reste potable

© CC, Liz West

© CC, Liz West

Pas de quoi paniquer : l’eau est buvable et nous n’avons pas encore les poissons à trois yeux des Simpson : il ne s’agit que de traces, des millièmes de micron. Le problème ne viendrait pas des embouteilleurs mais bien d’une contamination plus générale des nappes phréatiques par les pesticides et les médicaments, qui touche les eaux françaises. A quelle échelle, difficile de le savoir pour le moment : il ne s’agit que d’échantillons réduits.

…mais la qualité de l’eau est à surveiller de très près

Voici donc les faits : toute l’eau n’est pas contaminée, mais sur 47 bouteilles d’eau, trois bonbonnes d’eau et dix échantillons d’eau du robinet de trois départements différents, on a néanmoins relevé dans plusieurs échantillons :

  • des résidus de pesticides (des désherbants interdits depuis quelques années),

    © CC, David Brewer

    © CC, David Brewer

  • des résidus de médicaments divers,
  • des traces de Bisphénol A,
  • des traces d’Atrazine,
  • des traces de retardateur de flamme,
  • des traces de Buflomédil et de Naftidrofuryl (vasodilatateurs),
  • des traces de tamoxifène, hormone de synthèse utilisée dans le traitement du cancer du sein.

Des analyses plus poussées à mener

Selon les responsables de l’enquête, il est urgent de “remettre à plat les normes de qualité“. Ils ne fustigent pas les embouteilleurs, qui contestent les premiers résultats, mais s’inquiètent de la présence de micropolluants dans les sources. L’analyse de l’eau du robinet confirme d’ailleurs leur inquiétude, puisque celle-ci contient également parfois des traces de polluants.

Ne déménageons pas tout de suite. L’eau française reste globalement bonne :

> Quelle est la meilleure eau à boire ?

Des contre-expertises affirment que les traces relevées étaient des exceptions. Des analyses doivent encore être effectuées à plus grande échelle.

*
Je réagis

illustration : © CC, Lora Rajah

Pour vous c'est un clic, pour nous c'est beaucoup !
consoGlobe vous recommande aussi...



Ayant parmi ses passions la musique, la photographie, et les différentes cultures du monde, Alan est journaliste, webmestre et photographe, principalement...

3 commentaires Donnez votre avis
  1. Tout le monde parle de la découverte de pesticides dans des bouteilles d’eau mais personne ne cite les marques. A quoi donc sert d’informer si l’on ne donne pas les moyens de réagir ? Par ailleurs, une petite trace dans ci plus une petite trace dans ça et même chose dans ceci et cela finit par faire une grosse quantité alors comment peut-on dire qu’il n’y a pas d’incidence sur la santé ?

  2. Des traces de polluants n’auraient pas d’impact sur la santé humaine…N’oubliez pas que l’effet des perturbateurs endocriniens tels que le bisphénol A n’est pas dose-dépendant. Même à l’état de traces ce polluant a des répercussions sur la fertilité notamment. Les propos rassurants des pouvoirs publics ou des législateurs européens me semblent plutôt relever de la désinformation.

  3. Sûr que quand les limites de détection baissent, on trouve “LA” molécule qui traine par là, en picogramme.
    Sur les relevés d’eau, les pesticides ont un seuil pour une seule molécule mais quand il y en a plus d’une ce seuil “tolérable” est multiplié, je crois, par cinq. Il suffit de savoir s’adapter au contexte (et rien ne dit qu’il ne puise y avoir de synergie, les produits sont étudiés séparément, 1 + 1 = 10).
    C’est intéressant d’avoir des informations, pour quand la fracturation, ou “massage” (plus agréable à l’oreille) hydraulique sera testé, on verra si les garanties des industriels sur l’étanchéité des puits est bien réelle.

Moi aussi je donne mon avis