Jour de la Terre : apprenons à manger comme si la planète importait

Aujourd’hui 22 avril, c’est la Journée Mondiale de la Terre et peut-être, une bonne l’occasion d’essayer de s’alimenter de manière à mieux protéger les humains et la planète. Manger durable implique des changements personnels pour qui permettent d’économiser de l’argent mais aussi, peuvent aider à bâtir des communautés plus résilientes.

Rédigé par Séverine Bascot, le 22 Apr 2018, à 8 h 15 min

Manger durable, comme si la planète importait signifie surtout manger des aliments plus sains, gaspiller moins, aider à inverser le changement climatique et à réduire les taux de surpêche et de surexploitation des sols.

Manger durable : s’alimenter en prenant soin de la planète

À l’occasion de la Journée de la Terre, le think-tank Food Tank préconise cinq actions pour manger durable que chacun d’entre nous peut facilement mettre en oeuvre au quotidien. Appliquées à des millions d’individus, elles peuvent, à elles-seules, avoir un impact très fort et nous inscrire dans la voie du changement.

Action #1 : Adapter la taille des portions

Nous avons tendance à manger, trop et n’importe quoi, en dépassant, fréquemment, les portions individuelles recommandées par les organismes de santé.

manger durable

Une grosse portion bien mal équilibrée © GreenArt

Outre le fait que trop s’alimenter est mauvais pour la santé, ce comportement a aussi des impacts colossaux sur l’environnement : pollution de l’air, de l’eau, destruction des habitats, surexploitation des sols, résistance microbienne… Adapter la taille des portions est un moyen efficace de réduire ces charges environnementales.

Conseils

Pour les repas cuisinés à la maison, il existe des outils(1) : guide de référence des portions, constructeur de recette pour apporter à chacun tous les nutriments nécessaires en quantités ajustées.

Au restaurant où les assiettes sont souvent généreuses, les petits mangeurs peuvent prévoir un récipient réutilisable pour récupérer les restes et les ré-accommoder plus tard à la maison, ce qui permet de manger à sa faim sans se forcer, tout en réduisant les déchets inutiles et le gaspillage alimentaire.

Action #2 : moins de gaspillage alimentaire donc !

Parce que les chiffres valent mieux qu’un long discours :

Si les déchets alimentaires étaient un pays, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) estime qu’elle serait le troisième plus grand émetteur de gaz à effet de serre, après la Chine et les États-Unis.

Selon le ministère de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt, les Français jettent en moyenne 21 % des aliments qu’ils achètent : c’est 6,5 millions de tonnes de déchets alimentaires par an, soit 20 kg par Français chaque année. Pire 30 % de ces aliments n’ont même pas été déballés, passant directement du caddie à la poubelle(2).

Les consommateurs sont de plus en plus sensibilisés à cette problématique, mais des gros efforts restent à faire…

Conseils

Gardons toujours à portée de main dans la cuisine, des pâtes, des céréales ou des légumineuses pour accommoder les restes en petites entrées ou en plats réinventés.

Apprenons à mieux planifier nos menus en fonction des aliments de saison et à préparer toutes leurs parties comestibles (fanes, tiges, carcasse de poulet ou de poisson…)

Soyons créatifs pour sauver in-extremis les aliments qui atteignent leur date de péremption, et donner une seconde chance au pain rassis, aux bananes noircies ou aux pommes un peu cabossées…

Action #3 : opter un régime plus végétal pour manger durable

L’augmentation globale de la consommation de viande pose de nombreux problèmes environnementaux, même si de plus en plus de personnes ont conscience que réduire sa consommation de produits d’élevages industriels est une stratégie efficace, autant pour leur propre santé que pour protéger l’environnement ou encore s’élever contre la maltraitance animale.

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Cet été, on lance la mode du barbecue végétal ! © zi3000

Les alternatives à la viande – parfois même plus riches en protéines, sont nombreuses et de plus en plus largement distribuées, à l’exemple du tofu, du seitan, du qorn, ou des micro-algues… Les légumineuses (haricots, lentilles, pois chiches…) à elles seules forment un groupe alimentaire sain, riche en protéines, économe en eau, résistant à la sécheresse et contribuant à la construction de sols…  À adopter rapidement donc !

Conseils

Comment devenir végétarien en douceur

Action #4 : choisir les poissons en bas de la chaîne alimentaire aquatique

Thon, morue, raie, esturgeon… Les gros poissons prédateurs qui se situent en haut de la chaîne alimentaire sont bien souvent surpêchés et les choisir à l’étal ou sur les cartes des restaurants n’est pas sans incidence. Mieux vaut se rabattre sur les poissons dits de fourrage (maquereau, sardine, sprats…) mais aussi les crustacés (palourdes, huitres…) qui se nourrissent d’algues, de zooplancton ou de phytoplancton.

Conseils

Apprenons à reconnaître non seulement les espèces à éviter, mais aussi celles à cibler.

Explorons de nouvelles saveurs en goûtant des poissons moins pêchés (Internet regorge de toutes sortes de recettes toutes plus appétissantes les unes que les autres) ou en cherchant des apports différents en oméga-3 du côté des algues et micro-algues, par exemple.

Action #5 : redécouvrir les aliments oubliés pour ne pas qu’ils ne disparaissent

on le sait, globalement, la biodiversité est en déclin, et il en est de même pour la biodiversité agricole comme l’a dénoncé l’association Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières il y a quelques semaines(3). D’après elle, 75 % des variétés comestibles ont disparu, si bien que les 3/4 de notre alimentation sont désormais issus de seulement 12 espèces végétales et 5 espèces animales.

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Il n’y a pas une seule tomate, mais de nombreuses variétés © robert dumitru

Or, selon le Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (CGIAR), les systèmes alimentaires homogènes résistent moins aux menaces (sécheresse, insectes nuisibles, maladies…)(4).

Refaisons réapparaître dans nos jardins et sur nos étals, la capucine tubéreuse, les crosnes, le chervis et une multitude de tomates aussi belles que délicieuses…

Conseils

Avec le printemps qui arrive et les récoltes à venir, essayons et demandons de nouveaux fruits et légumes. Les maraîchers ne pourront en produire que s’ils savent qu’il y a une demande.

Apprenons à découvrir et ramasser les plantes et herbes comestibles.

Tentons les boutures ou les semis de graines potagères anciennes de votre région qui résisteront mieux aux parasites et aux maladies locales et devraient tolérer plus facilement la variabilité du climat.

Pour la Journée de la Terre comme pour tous les autres jours, chacun à son rythme, on peut aider l’Humanité à s’améliorer, parce que la Terre importe à tous !

Illustration bannière : Manger durable pour sauvegarder la planète – © Ivanova Viktoriya
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