Consommation : vrac et réemploi entrent dans les habitudes des Français

Après quelques années d’incertitude, le vrac semble retrouver sa place dans les habitudes de consommation en France. Lentement mais sûrement, les ménages renouent avec ce mode d’achat qui permet de réduire les emballages, de limiter le gaspillage et de consommer plus responsable. Les derniers chiffres publiés en 2026 par NielsenIQ pour Réseau Vrac & Réemploi montrent une tendance encourageante : malgré un contexte économique encore tendu, le vrac et la consigne alimentaire résistent et amorcent même un retour dans les paniers des consommateurs.

Rédigé par , le 16 Mar 2026, à 10 h 47 min
Consommation : vrac et réemploi entrent dans les habitudes des Français
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En 2025, 32 % des foyers français déclarent avoir acheté des produits en vrac ou en consigne alimentaire au cours des douze derniers mois, selon l’étude NielsenIQ. Cette évolution confirme que le vrac, souvent associé à une consommation engagée, s’inscrit désormais dans le quotidien d’une part croissante des ménages.

Le vrac reprend doucement sa place dans les courses des ménages

Le retour du vrac ne s’explique pas uniquement par des considérations environnementales. Il répond aussi à des préoccupations très concrètes. Acheter la juste quantité, éviter le gaspillage ou encore adapter ses achats à ses besoins sont des arguments qui séduisent de plus en plus de consommateurs.

Certains produits tirent particulièrement cette dynamique. Les épices enregistrent par exemple une progression de 3,5 points du nombre de foyers acheteurs en vrac, tandis que les biscuits progressent de 3,3 points entre 2024 et 2025, selon l’étude NielsenIQ 2026. Le café, les légumineuses ou encore le riz figurent également parmi les catégories qui gagnent des consommateurs. 43 % des consommateurs déclarent acheter en vrac dans leur magasin habituel.

Ces produits ont un point commun : ils sont faciles à acheter en petite quantité et s’intègrent naturellement dans les habitudes de cuisine. Le vrac permet ainsi d’ajuster précisément ses achats, un avantage apprécié par les ménages qui souhaitent réduire le gaspillage alimentaire.

Le réemploi, déjà très présent dans la vie quotidienne

L’étude met aussi en lumière une réalité souvent peu visible : le réemploi fait déjà partie du quotidien des Français. Sans forcément s’en rendre compte, les ménages adoptent de nombreux gestes qui prolongent la durée de vie des objets ou des emballages.

Un exemple frappant concerne les colis. 91 % des Français déclarent réutiliser des emballages conservés lors d’un achat précédent pour envoyer un paquet, selon NielsenIQ 2026. Cette pratique concerne environ trois quarts des foyers français.

Le succès des plateformes de seconde main ou du reconditionné témoigne également de cette évolution. Acheter un objet d’occasion, réparer un appareil ou donner un produit dont on ne se sert plus devient progressivement un réflexe pour de nombreux consommateurs.

Ces comportements répondent à plusieurs motivations. L’aspect écologique compte bien sûr, mais la dimension économique joue aussi un rôle majeur. Réutiliser ou acheter d’occasion permet souvent de faire des économies tout en évitant le gaspillage.

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Un contexte économique qui pousse à repenser la consommation

Le développement du vrac intervient dans un contexte économique encore fragile. L’inflation cumulée entre janvier 2022 et janvier 2024 a atteint 20 %. Cette situation a fortement pesé sur les budgets des ménages. Aujourd’hui encore, 79 % des Français se disent fragilisés ou prudents face à leur situation économique.

Pourtant, les préoccupations environnementales restent bien présentes. 71 % des Français déclarent être inquiets face au changement climatique, selon NielsenIQ. Cette double réalité – pression économique et conscience écologique – pousse les consommateurs à chercher des solutions plus responsables mais aussi plus efficaces dans leur quotidien. Le vrac apparaît alors comme un compromis intéressant : il permet de réduire les emballages tout en ajustant les quantités achetées.

Malgré ces signaux positifs, certains freins ralentissent encore l’adoption du vrac. Le principal concerne le prix. 32 % des consommateurs estiment que les produits vendus en vrac sont plus chers au kilo que les produits emballés. La praticité représente un autre défi. Se servir en vrac, apporter ses contenants ou peser les produits demande parfois un peu plus de temps qu’un achat classique. La consigne alimentaire rencontre également des obstacles. Le système reste parfois perçu comme complexe, notamment lorsqu’il faut rapporter les contenants pour récupérer la consigne.

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