Huiles minérales dans les emballages : le scandale perdure

Quand les autorités de sécurité alimentaires vont-elles donc se décider à agir ? Cela fait des années que le phénomène de migration des composés dérivés du pétrole de l’emballage vers les aliments est connu, et des années, également, que des associations de consommateurs tentent de réveiller les consciences en criant à l’intoxication.

Rédigé par Sonia C, le 20 Jul 2016, à 12 h 06 min

Pourtant, rien ne semble bouger, puisqu’à l’aube de 2017, un nouveau scandale éclate avec un produit on ne peut plus emblématique : les barres de chocolat Kinder.

Huiles minérales dans les emballages des aliments : à quand la fin de l’intoxication ?

Les huiles minérales dans les emballages sont un mélange d’hydrocarbures liquides issus du pétrole. Elles proviennent principalement de l’encre d’impression utilisée sur les papiers et cartons initiaux, mais peuvent aussi être contenues dans les colles servant à faire adhérer les étiquettes, voire dans les lubrifiants qui servent aux machines de fabrication de ces emballages. Les aliments peuvent être souillés lors du stockage ou du transport.

Petit rappel

C’est dans les années 1990 qu’est clairement établie la migration des huiles minérales (acronyme : MOH) des emballages alimentaires vers les denrées comestibles.

En pratique

En 2011, UFC-Que Choisir avait déjà tiré la sonnette d’alarme, alerte relayée en novembre 2015 par l’association Foodwatch, qui a lancé une pétition en ligne pour que des mesures soient prises rapidement pour limiter drastiquement la contamination de nos aliments courants comme les pâtes, le riz, les légumes secs ou encore les Corn Flakes par les MOH.

emballages-aliments-bocauxEn effet, sur l’ensemble des 42 produits testés en France, parmi des marques de grandes enseignes, des premiers prix au haut de gamme en passant par le bio, une grande proportion contenait des traces de MOH de deux groupes : les hydrocarbures saturés et aromatiques, ces derniers étant les plus à risques car suspectés d’être cancérigènes et perturbateurs endocriniens probables. Ils sont génotoxiques et/ou s’accumulent dans les tissus, notamment le foie, pouvant créer au long terme des dommages sur cet organe.

Des solutions existent : Foodwatch appelait les fabricants à mettre en place des « barrières fonctionnelles » sensées isoler le produit de son emballage. En Allemagne, suite à la découverte en 2012, d’hydrocarbures dans des calendriers de l’Avent destinés aux enfants, ce genre de mesures de prévention – et de bon sens – ont été rapidement adoptées. Mais en France, il n’existe toujours aucune loi visant à sécuriser la santé du consommateur par l’adoption de mesures contraignantes sur ce sujet. Au niveau européen, c’est également le flou législatif qui domine.

En attendant, que peut-on faire pour se protéger ? Le mieux reste encore de prendre l’habitude systématique de transvaser tous les aliments à longue durée de conservation (céréales, légumes secs…) dans des bocaux en verre, matériau totalement inerte. Car il faut garder à l’esprit que plus le temps passe, plus les denrées qui restent au contact de leur carton d’emballage sont susceptibles d’être polluées. Évitez donc de laisser traîner des années vos coquillettes au fond d’un placard dans leur sac plastique.

Pour vous c'est un clic, pour nous c'est beaucoup !
consoGlobe vous recommande aussi...



Sonia C., passionnée de biologie et de nutrition, j’aime l’idée de rendre les sciences accessibles à tous sans pour autant en édulcorer les grands...

Aucun commentaire, soyez le premier à réagir ! Donnez votre avis

Moi aussi je donne mon avis