Quand huiles essentielles et environnement ne font pas bon ménage

Les huiles essentielles sont encensées par les adeptes de la santé naturelle et de la cosmétique écolo. Sauf qu’elles ne sont pas inoffensives ! Voici comment les utiliser sans danger pour l’environnement.

Rédigé par Pauline Petit, le 19 May 2019, à 12 h 45 min

Les huiles essentielles possèdent bien des avantages : elles peuvent soigner de nombreux maux, elles sont issues de plantes donc naturelles, elles sont une alternative aux cosmétiques et aux produits d’entretien polluants.

Mais, elles ne sont cependant pas exemptes de tout reproche. L’utilisation ou la culture de certaines d’entre elles peut même être dangereuse pour l’environnement ! Découvrez quelques conseils pour utiliser les huiles essentielles sans danger pour la planète.

Huiles essentielles et environnement : des amies qui ne nous veulent pas que du bien

Les huiles essentielles sont des petits flacons ultra-concentrés d’extraits de plantes. Cette haute concentration en fait des remèdes très efficaces, même à petites doses. Toutefois, elles nécessitent quelques précautions d’emploi.

huiles essentielles environnement

Les huiles essentielles : des concentrés de plantes © plprod

On sait déjà que l’on ne doit pas utiliser les huiles essentielles à tort et à travers, car certaines peuvent être toxiques ou irritantes. Il est déconseillé d’utiliser des huiles essentielles pour les femmes enceintes ou les jeunes enfants car elles peuvent contenir des molécules qui perturbent le bon développement des cellules.

Pour l’environnement, c’est pareil : certaines huiles essentielles sont tellement concentrées qu’elles peuvent être toxiques si elles sont rejetées dans l’environnement. C’est le cas des huiles essentielles d’agrumes, qu’il est préférable d’utiliser très diluées, et de ne pas les mélanger dans les produits d’entretien.

Des huiles essentielles exotiques qui contribuent à la déforestation

Pour produire un flacon d’huile essentielle, on a parfois besoin de quantités impressionnantes de plantes. Ainsi, pour produire 1 litre d’huile essentielle de rose de Damas, on a besoin de 4.000 kg de pétales, soit un champ entier !

Ainsi, la tendance des huiles essentielles conduit à certaines pratiques néfastes pour l’environnement : la cueillette sauvage menace certaines plantes en Europe de l’Est, et les monocultures intensives de plantes sont privilégiées au détriment des plantes vivrières dans les pays exotiques…

huiles essentielles environnement

L’huile essentielle de bois de rose, à éviter © guentermanaus

De même, certaines huiles essentielles exotiques sont issues d’essences rares : c’est le cas du bois de rose, qui contribue à la déforestation et dont l’utilisation est à éviter.

C’est également le cas, dans une moindre mesure, du bois de Hô et de l’huile essentielle de baies de linaloe (Bursera delpechiana).

Comment utiliser les huiles essentielles sans danger pour l’environnement ?

Ce n’est pas une raison de bannir les huiles essentielles de son quotidien ! On peut les utiliser avec raison et notre empreinte écologique ne sera que modérée.

  • Bien entendu, on privilégie les huiles essentielles bio : on sait qu’aucun pesticide ni engrais chimique de synthèse ne sera utilisé.
  • On préfère les huiles essentielles locales : on essaie de trouver des alternatives locales aux essences exotiques et on guette le logo AB (agriculture bio française) sur les flacons.
  • Si on doit acheter une huile essentielle exotique, on essaie de s’assurer qu’elle a été cultivée et fabriquée dans de bonnes conditions (privilégier l’agriculture paysanne et le commerce équitable).
  • On peut faire confiance aux marques suivantes pour leur engagement : Florame, Ladrôme, Huiles essentielles de St-Hilaire, Pranarôme et La Compagnie des Sens.

coup de coeur
Trousse huiles essentielles et huile végétale

Pratique, écologique et jolie !

Cette trousse contient une huile végétale de noyaux d’abricots et trois huiles essentielles indispensables (orange douce, tea tree et lavande)

À découvrir sur Slow-Cosmetique.com

Pas de gaspillage avec les huiles essentielles non plus

On peut aussi utiliser les HE de façon consciente : on évite d’en acheter compulsivement et on finit les flacons entamés. On évite aussi d’acheter une huile essentielle dont on n’utilisera que quelques gouttes (ou on mutualise avec les voisins et les amis).

Manon, herboriste du blog Mlle Apothicaire, a banni les huiles essentielles de ses lessives, savons et bougies. Elle les réserve uniquement à un usage thérapeutique.

On peut enfin les remplacer par des produits moins concentrés : les hydrolats de plantes, par exemple, sont très intéressants pour éviter d’utiliser les huiles essentielles dans les produits cosmétiques (eau de rose, de fleurs d’oranger…).

D’un point de vue thérapeutique, la gemmothérapie (utilisation des jeunes pousses d’arbres et d’arbustes) est moins gourmande en ressources naturelles que les huiles essentielles. Une thérapie naturelle peu connue à découvrir !

Illustration bannière : Huiles essentielles et environnement – © New Africa
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3 commentaires Donnez votre avis
  1. Bonjour,

    Avez-vous des informations concernant une éventuelle pollution des huiles essentielles par exemple dans l’eau?
    Je me pose la question suivante: les huiles essentielles qu’on mets dans les lessives, liquides vaisselle et autres produits ménagers et cosmétiques finissent par arriver dans les eaux usées… y a-t-il des conséquences pour l’environnement dans ce sens? Toxicité pour les plantes et organismes aquatiques par exemple?
    Merci pour vos lumières 🙂

  2. Soit. Faut-il dès lors privilégier les médicaments de synthèse qui ont, eux aussi, des effets plus que néfastes sur l’environnement puisque leurs molécules se retrouvent dans les rivières (via les eaux sanitaires)?

    Il faut dès lors purifier ces eaux.Pas toujours avec succès, semble-t-il.r

    J’attire votre attention sur le fait que cela induit une externalité des coûts.A charge de la communauté et des contribuables.

    • En accord avec vous.
      Les médicaments passent la barrière des stations d’épuration et qu’on retrouve dans les eaux de consommation !
      Et ces médicament sont EXTRËMEMENT plus nombreux que les H.E. même si j’admets qu’il faut utiliser ces dernières avec modération et ne pas les mettre à toutes les sauces !

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