Troubles du sommeil : la sophrologie, méthode douce pour mieux gérer ses nuits

Rédigé par Elise Racque, le 27 Nov 2015, à 17 h 20 min

Rythmes de travail décalés, anxiété, ou encore cyberaddiction : de plus en plus de personnes déclarent souffrir d’insomnies. Faut-il se résigner à prendre des médicaments tous les soirs pour ne pas compter les moutons pendant des heures ? La sophrologie propose une thérapie alternative qui met l’accent sur la respiration et la maîtrise de soi.

Un Français sur trois déclare souffrir d’insomnie

En mars 2012, l’Institut de veille sanitaire français révélait à partir d’une Enquête santé et protection sociale (ESPS), que plus d’un Français sur trois souffrait de troubles du sommeil, au moins trois nuits par semaines. Ces troubles prennent diverses formes : difficultés à s’endormir, réveils nocturnes fréquents avec impossibilité de se rendormir, ou encore apnées du sommeil.

Ces mauvaises nuits ont des conséquences pendant la journée, comme des somnolences, une gêne respiratoire, des troubles de l’attention ou une irritabilité qui affecte le quotidien. Le corps ne récupère pas, et la fatigue accumulée pendant la journée crée un état de tension qui gêne à nouveau l’endormissement. Un cercle vicieux(1).

Difficile de trouver le sommeil ? Vous le payez ensuite © Tom Wang Shutterstock

Difficile de trouver le sommeil ? Vous le payez ensuite © Tom Wang Shutterstock

Des médicaments déconseillés

Comment y remédier ? L’étude ESPS montre que peu de gens font la démarche de consulter un médecin pour mettre fin à leurs insomnies. En revanche, plus d’une personne sur cinq déclare prendre des médicaments de manière habituelle pour dormir. Un taux qui frôle les 50 % pour les plus de 75 ans. Or, il est déconseillé de recourir à des anxiolytiques ou des hypnotiques dans le cas d’insomnies passagères. Effet pervers, ces médicaments peuvent créer une hypersomnie.

Ni médecine, ni psychothérapie, la sophrologie offre une alternative à la prise de médicaments. Christelle Pierron, sophrologue à Dijon, nous en dit plus : « Le travail consiste à mettre la personne dans un état sophronique, qui est très proche de l’état de conscience que nous avons juste avant l’endormissement. »

Le sophrologue invite le patient à prendre conscience de son corps et de ses émotions. Cette prise de conscience se fait notamment par le recours à des images. « On apprend à anticiper la situation de stress en la visualisant. On peut aussi proposer à la personne de se concentrer sur une image positive que l’on appelle image ressource, pour prendre confiance en soi. »

Remonter à la source de l’insomnie

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L’attention portée aux écrans induit aussi des troubles du sommeil © Minerva Studio Shutterstock

La sophrologie passe aussi par une reconnexion au corps. Laurence Mouton, sophrologue à Lille, explique : « La personne insomniaque est concentrée sur ses pensées. Plus elle pense à dormir, moins elle arrive à dormir. Il faut donc l’amener à sortir de ses pensées, en se focalisant sur son corps. On l’invite par exemple à prendre conscience de chaque partie de son corps, au moment de dormir. »

Les troubles du sommeil sont très souvent liés à d’autres problèmes, comme un stress au travail ou des soucis personnels. En discutant avec le praticien, le patient peut prendre conscience de ces liens.

Les techniques acquises en sophrologie peuvent donc servir à gérer le stress de la journée qui cause l’insomnie. « Le sommeil se prépare la journée ! », rappelle Laurence Mouton. « On préconise de bouger pour se détendre, mais aussi de prendre des temps de pause. »

Les somnifères, eux, ne règlent pas le problème à la source, et ne permettent pas ce travail sur soi.

Des exercices pour pratiquer seul

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Femme dormant paisiblement © Spectral-Design Shutterstock

Entre les séances, le patient peut s’entraîner avec des exercices de respiration ou de visualisation. Jusqu’à pouvoir se débrouiller seul. « Maintenant j’ai les bases. Je peux pratiquer tout seul, et j’ai retrouvé le sommeil ! », témoigne Sylvain, qui a suivi plusieurs séances collectives.

Attention cependant : la sophrologie ne convient pas à tout le monde. Christelle Pierron prévient : « Avant de commencer le travail, on présente la méthode à la personne, qui se sent à l’aise avec ou non. Il faut accepter le lâcher-prise. Ce n’est pas une découverte intellectuelle, mais pratique ! »

Par ailleurs, les insomnies symptômes de névroses plus profondes, comme la dépression, nécessitent souvent un travail avec un professionnel de la santé.

Illustration bannière : L’insomnie est un des troubles du sommeil les plus fréquents © Photographee.eu Shutterstock

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Journaliste en formation, j’ai le sentiment de vivre une période charnière où l’information sur les modes de vie alternatifs et l’environnement prend...

1 commentaire Donnez votre avis
  1. c’est bien ce que vous avez raconté;mais je pense qu’il serait plus facile a prendre en compte si ces techniques nous etaient accessibles a travers le site.nous n’avons pas tous les moyens de nous faire consulter.by

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