Quand les hôpitaux produisent leurs fruits et légumes

‘Que ta nourriture soit ton médicament’, disait Hippocrate : cette citation résonne d’autant plus dans les hôpitaux souvent décriés pour les repas qui y sont servis. Pourtant, certains hôpitaux et établissements de santé commencent à cultiver eux-mêmes les aliments qu’ils cuisineront pour les patients, à commencer par les fruits et légumes bio, bien sûr.

Rédigé par Camille Peschet, le 27 Aug 2016, à 8 h 02 min

La nourriture industrielle est une des plus grandes menaces pour notre santé. Aujourd’hui un nombre toujours croissant de personnes souffrent d’obésité, de maladies du coeur, de cancer… Des maladies dues en grande partie à nos modes d’alimentation souvent trop sucrés et trop gras et aux produits chimiques contenus dans nos aliments : pesticides, conservateurs…

Une nourriture peu saine aussi dans les hôpitaux

Ironie du sort, la nourriture servie dans les hôpitaux n’échappe pas à cette règle. Ainsi selon une étude réalisée par le chef James Martin, 67 % des équipes des services hospitaliers aux États-Unis ne voudraient pas consommer la nourriture servie aux patients, c’est peu dire ! Ce retour négatif n’est pas passé inaperçu et plusieurs hôpitaux étasuniens ont mis en place leur propre ferme afin de cultiver en agriculture biologique leurs fruits et légumes.

potager hôpital

Des légumes sur le toit de la Maison de la Mutualité à Paris ©CC Flickr Maison de la Mutualité

États-Unis : une production biologique à l’hôpital Saint-Luc

C’est le cas de l’hôpital Saint-Luc en Pennsylvanie qui a installé une ferme avec le soutien de l’Institut Rodale qui travaille « à la recherche des avantages de l’agriculture biologique pour la santé humaine et planétaire ». Les produits de la ferme, salades, concombres ou haricots, alimentent les menus de la cafétéria et sont également vendus sur un marché hebdomadaire. Le modèle de ferme développé dans cet hôpital se veut reproductible.

En France, un potager bio sur le toit de la clinique Pasteur

De l’autre côté de l’Atlantique, en France, c’est la clinique Pasteur à Toulouse qui s’est lancée dans l’aventure. En partenariat avec la start-up Macadam Gardens, la clinique a créé un jardin potager de 500 m² sur son toit. Livré clé en main, ce jardin sera progressivement géré par le personnel, les patients, tout particulièrement ceux souffrant de maladies chroniques, des anciens salariés de la clinique et des travailleurs handicapés de l’établissement et du service d’aide par le travail (ESAT) de Nailloux. Cet établissement fournit déjà les légumes bio pour les 300.000 repas servis chaque année.

Un jardin bio : un lieu pour créer du lien et sauvegarder la biodiversité

Au-delà de produire des aliments sains pour les menus de la clinique, lobjectif de ce jardin sur le toit est de créer des liens différents entre patients et soignants que seulement ceux des soins médicaux, ainsi que de « sensibiliser à la perte de la biodiversité, à travers des espèces anciennes » explique Alexandre Belin, co-fondateur de la start-up Macadam Gardens.

Un amortissement en trois ans

Les 20.000 euros nécessaires à ce projet seront amortis en trois ans. Ceci donne déjà des idées à Olivier Collet, directeur technique de la clinique, comme celle de transformer la grande jardinière du patio en potager pour que les patients puissent aussi cultiver des légumes pendant leurs traitements en chimiothérapie.

Pour vous c'est un clic, pour nous c'est beaucoup !
consoGlobe vous recommande aussi...



Portée par un cadre familial m'ayant sensibilisée à une consommation responsable et en faveur d'une production énergétique renouvelable, je me suis...

Aucun commentaire, soyez le premier à réagir ! Donnez votre avis

Moi aussi je donne mon avis