Comment établir des objectifs qui transformeront votre année

À l’heure des bilans et des grandes résolutions, comment faire de cet exercice un moment bénéfique et qui permette de vrais changements pour l’année à venir ? Nous avons pris conseil auprès de Pierre Portevin, de l’institut DareDo.

Rédigé par Stephen Boucher, le 8 Jan 2017, à 8 h 45 min

L’institut DareDo s’est donné pour mission d’aider chacun d’entre nous à « oser entreprendre les actions justes au service d’un monde meilleur ». À l’occasion du bilan de consoGlobe pour l’année 2016, nous avons interrogé l’un de ses fondateurs, Pierre Portevin, sur l’art et la manière de faire de ce moment un exercice utile.

consoGlobe.com – Pierre, quel est l’intérêt de faire un bilan annuel ?

Pierre Portevin – Dans la culture DareDo qu’on essaie de vivre, ce qui nous fait du bien profondément c’est de nous dépasser, de se sentir profondément vivre, de sortir de l’ordinaire. Une des manières de s’y inciter, c’est de poursuivre des projets qui font sens pour soi. « Chassez le naturel et il revient au galop », dit-on couramment. De même, « chassez la quête du dépassement de soi et le retour dans la zone de confort revient au galop ».

Donc, avoir une vision, des valeurs, c’est se mettre en condition d’avoir des objectifs qui font sens pour nous. Les valeurs guident nos comportements et attitudes, et nous aident vérifier si nos attitudes sont conformes à celles-ci.

Ce qui est important c’est de cultiver l’authenticité, le réalisme, et l’amitié avec soi-même.

 

consoGlobe.com – Comment fait-on un bilan ?

Pierre Portevin – La difficulté des bilans c’est qu’ils nous confrontent à notre réalité par rapport à nos aspirations, nos rêves et donc c’est forcément inconfortable, parce que cette réalité est forcément imparfaite. On aimerait être à l’abri de toute critique. Donc, quand on regarde la réalité de ce qu’on a fait par rapport à nos aspirations, la plupart du temps, il y a pas mal de différence.

Ce qui est important c’est de cultiver l’authenticité, le réalisme, et l’amitié avec soi-même. Accepter l’imperfection, qu’on n’a pas fait tout ce qu’on voulait avec la qualité qu’on souhaitait.

Cette amitié avec soi même aide à accepter et nous stimule à progresser. C’est un mouvement perpétuel. C’est comme la gym, on voit qu’on n’arrive pas à faire un mouvement, et on continue à s’entraîner.

Quand on s’engage par rapport à quelqu’un d’autre, on a deux fois plus de chance de réussir que quand on ne s’engage pas vis-à-vis de quelqu’un d’autre.

 

consoGlobe.com – Comment peut-on augmenter les chance qu’un bilan soit transformateur sur la durée ?

Pierre Portevin – Une des choses intéressantes à faire, c’est de s’engager publiquement. Des études chiffrées ont montré que, quand on s’engage par rapport à quelqu’un d’autre, on a deux fois plus de chance de réussir que quand on ne s’engage pas vis-à-vis de quelqu’un d’autre. C’est une démarche qu’on n’a pas forcément coutume d’adopter. Dans les entreprises, on privilégie les bilans plutôt financiers que qualitatifs, or c’est le qualitatif qui permet de générer le quantitatif (qui reste bien sûr essentiel).

Au-delà des écarts entre ce qu’on voulait et résultat, l’important est d’analyser les causes, les erreurs principales qu’on a pu faire et d’identifier comment les corriger. Ou alors comment corriger ses objectifs, peut-être trop élevés. Le célèbre professeur de management Peter Drucker a dit, il n’y a pas d’objectif irréaliste, il n’y a que des délais irréalistes. La question à se poser, c’est donc « est-ce que j’avais les moyens d’atteindre les objectifs que je voulais atteindre ? ».

Ensuite, un exercice utile est de regarder ce qu’on veut dans 5 ans, puis d’imaginer pourquoi ça n’aurait pas réussi, pour identifier quels dangers pourraient faire que ça n’a pas fonctionné.

consoGlobe;com – Mais se tenir à ses objectifs pour l’année à venir ne nécessite-t-il pas une discipline qui, par définition, sera difficile à maintenir ?

Pierre Portevin – De la discipline, il en faut, pour éviter les petits dérapages qui s’accumulent,  les divergences par rapport à une stratégie qu’on s’est donné. Mais pour corriger, il faut un cap, pour voir si on est cohérent. D’où l’intérêt du bilan et des objectifs.

Après, il ne faut pas aller contre sa nature. En même temps, notre esprit par défaut cherche le plaisir immédiat et à éviter le déplaisir et la douleur. Par exemple, c’est bien sûr difficile de refaire de l’exercice quand on n’a pas l’habitude, c’est une souffrance. Si je ne fais pas l’effort de faire l’exercice de visualisation de mon objectif, et à apprendre à mon cerveau à regarder cette vision pour comprendre que c’est utile de faire ces efforts, alors je n’y arriverai pas.

Plutôt que de discipline, je parlerais donc de cohérence : je dois comprendre ce pour quoi je suis bon, et ce que j’ai envie de faire. On a des attitudes qui ne sont pas forcément les bonnes. La discipline consiste à se forcer pendant une période brève à initier une habitude utile pour avancer vers là où je veux aller et vers ce qui me fait du bien. C’est une discipline au début, mais après c’est une habitude, et puis enfin une habitude qui génère sa propre énergie.

Pierre Portevin est co-auteur du livre Osez plus, vivez mieux.

Photo de bannière : Père et fils définissent leurs objectifs © Pikul Noorod – Shutterstock
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Actuellement Directeur général de consoGlobe et plus spécifiquement Directeur de la rédaction, Stephen Boucher est anciennement directeur de programme à...

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