Comment la bio va s’imposer : les recettes de l’Inra

Rédigé par Jean-Marie, le 22 Oct 2013, à 17 h 35 min

La question de savoir si l’agriculture biologique peut ou pas nourrir les 7 puis 9 milliards d’habitants de la planète repose finalement sur sa capacité à articuler ses avantages environnementaux avec un niveau de performance économique élevé. Ce n’est en effet qu’à la condition de réussir cette articulation que la transition agroécologique peut surmonter les défis du futur. Pour qu’elle aille vers le succès, l’Inra a identifié 3 leviers majeurs.

Agriculture : les pistes de performances économiques et environnementales

inra agroécologieQuel que soit le type de système agricole considéré – conventionnel, bio, intensif, raisonné – il existe des pistes pour réussir l’équilibre rendement / environnement. Selon l’Inra, après 20 ans de recherche (1), il y a 3 leviers sur lesquels jouer  :

  • utiliser la biodiversité,
  • gérer les paysages et les territoires,
  • comprendre les grands cycles des éléments :

 Améliorer les performances des systèmes agricoles

Comment améliorer les performances des systèmes agricoles dans le contexte de changement climatique, de la nécessaire réduction des gaz à effet de serre, de la préservation de la qualité de l’eau, de l’érosion de la biodiversité, de la volatilité des prix… ?

Il existe des pistes de “transitions agroécologiques performantes” et adaptées aux multiples systèmes de production (élevage, grands cultures, cultures pérennes et horticulture).

Le colloque « Agroécologie et recherche » qui a rassemblé 400 professionnels et expert a mis en lumière la nécessité de s’appuyer sur des méthodes : des “d’approches intégrées, multi-échelles et multidisciplinaires, s’appuyant notamment sur des dispositifs de suivi à long terme (observatoires de recherche en environnement, zones ateliers), et sur des outils de modélisation“.

L’acquisition et la diffusion des connaissances, la formation, l’action concertée des acteurs, ou encore l’apport des nouvelles technologies (technologies haut débit, données satellitaires, drones, puce RFID…) sont d’autres éléments cruciaux.

Mieux utiliser la biodiversité

fleche-suiteLa première piste consiste à mieux utiliser la biodiversité dans les systèmes agricoles pour améliorer élevages et cultures. Concrètement cela veut dire associer :

  • plusieurs composantes (agroforesterie, cultures, élevage),
  • plusieurs espèces végétales (rotations longues, cultures intermédiaires, mélanges) ou animales (pâturage mixte),
  • plusieurs variétés d’une même espèce,
  • gérer la diversité génétique au sein d’une même espèce,
  • suivre et gérer la diversité des bordures,
  • favoriser les auxiliaires

arrosage-mais Les travaux de l’Inra montrent que l’utilisation d’associations de variétés de blé combinant plusieurs gènes de résistance réduit l’impact des rouilles grâce à un ensemble de mécanismes. Une information importante face à l’Ug99, un tueur ravage les récoltes ou à la chute de la production de la céréale sur le plan mondial.

Autre exemple : une stabilisation du rendement et une amélioration de la teneur en protéines ont également été démontrés quand on tire profit de la diversité génétique intra-spécifique.

Pour les systèmes d’élevage, une piste de recherche explore la réduction de l’usage des antibiotiques (et notamment des antibiotiques vétérinaires) et le risque d’antibiorésistance. Une des pistes exploitées est de considérer la diversité génétique de l’hôte comme du pathogène.

Une autre piste concerne la combinaison des espèces animales : on constate que les performances de caprins en pâturage mixte avec des bovins augmentent par rapport à celles des caprins seuls. La raison en est une plus grande consommation de fourrage et d’un moindre impact du parasitisme.

Pour les cultures pérennes : on cherchera à améliorer la mycorhization des racines de tomates par l’introduction de biodiversité végétale, afin de développer la résistance des plantes aux stress. Des premiers travaux menés aux Antilles démontrent par exemple un fort potentiel de la cive.

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Jean-Marie Boucher est le fondateur de consoGlobe en 2005 avec le service de troc entre particuliers digitroc. Rapidement, il convertit ses proches et sa...

1 commentaire Donnez votre avis
  1. Ne mélangeons pas tout !
    Dans cet article on parle surtout d’amélioration des méthodes néfastes (réductions des antibiotiques, des pesticides et engrais) de l’agriculture conventionnelle mais sans que l’Inra nous dise que ces méthodes sont néfastes pour notre santé.
    La perversion de notre système étatique actuel avec le moule de
    nos “grandes” écoles d’ingénieurs veut que les français croient à la nécessité d’une agro industrie pour pouvoir manger.
    Mais c’est faux ! L’agro industrie est destructrice vis à vis des milieux naturels et des êtres vivants et même vis à vis de nos emplois.
    Parlez- nous plutôt de transition et du nombre d’emplois peu qualifiés qui pourrait être créés si le pays s’y engageait…plutôt que de mettre l’Inra en avant à propos de l’évolution très limitée de leurs méthodes !
    Ou alors soyez un peu plus critiques dans vos articles.

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