Allergies alimentaires : les consommateurs encore mal informés

Après l’entrée en vigueur de la loi obligeant les commerces à informer la présence d’allergènes dans les produits non emballés, l’UFC-Que choisir a mené l’enquête et les résultats sont plutôt décevants…

Rédigé par Hugo Quinton, le 12 Jun 2016, à 20 h 32 min

Depuis le 1er juillet 2015, la présence de gluten, d’oeufs, d’arachide ou de soja, doit obligatoirement être présente sur l’étiquetage des aliments préemballés ou donnée précisément par écrit pour les aliments non préemballés.

Allergies alimentaires : 75 % des commerces artisanaux ne respectent pas la loi

Alors qu’en France, 6 à 9 millions de consommateurs souffrent d’allergies et d’intolérances alimentaires, la présence de ces informations est un enjeu crucial sachant également que le nombre d’accidents allergiques a doublé chez les enfants entre 2005 et 2008.

Pour vérifier que la loi est bien respectée par les commerçants, l’UFC-Que Choisir a décidé de mener l’enquête dans 81 départements de France sur 375 commerces : 134 magasins des grandes enseignes de distribution, 112 boulangeries-pâtisseries, 71 restaurants de quartier, 49 traiteurs et 9 établissements de restauration rapide.

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Les résultats sont plutôt étonnants. Comme l’indique l’UFC-Que Choisir(1), seule la restauration rapide respecte strictement la lettre du Décret. En effet, McDonald’s, Quick et KFC mettent à disposition l’information sur les allergènes dans la totalité des neuf établissements visités. En revanche, pour la grande distribution, près d’un quart des 134 magasins visités ne respectent pas la loi.

« Je suis boulangère, pas nutritionniste ! »

Pour les 232 commerces artisanaux, boulangeries-pâtisseries, traiteurs et restaurants de quartier, les résultats ne sont pas brillants. 75 % d’entre eux ne respectent pas l’obligation d’information sur les allergènes. « Dans près d’un petit commerce sur cinq, l’attitude des commerçants est peu coopérative, voire franchement hostile », indique UFC-Que Choisir.

En effet, l’association a retranscrit les réactions, parfois agressives, de certains commerçants : « Je suis boulangère, pas nutritionniste ! Et de toute façon le patron préfère ne pas vendre plutôt que de se mettre en règle ! ». Des propos qui peuvent clairement choquer, alors que le droit à une information fiable, loin d’être une lubie, est un enjeu de santé pour certains consommateurs allergiques ou intolérants.

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Sachant que l’allergie figure au 4e rang des maladies chroniques selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), il s’agit bien là d’un enjeu de santé publique. C’est pour cela que l’UFC-Que Choisir demande aux pouvoirs publics de contrôler la bonne application de la nouvelle obligation réglementaire et de sanctionner les contrevenants, ainsi qu’une réécriture du décret pour préciser les modalités d’information des consommateurs, afin que les allergènes soient mieux indiqués par le biais d’étiquettes individuelles placées directement auprès des aliments.

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