Terre de Liens protège les terres agricoles de la spéculation

Terre de Liens protège les terres agricoles de la spéculation

Les terres paysannes disparaissent, les nouveaux agriculteurs ont du mal à s’installer. Face à ce constat, « Terre de liens », réseau associatif, veut stopper la disparition des terres agricoles et permettre l’accès au foncier à des futurs agriculteurs souhaitant s’installer en agriculture biologique, agro-écologique ou biodynamique en soustrayant les terres agricoles à la logique du marché financier.

Par son association, son organisation foncière et sa fondation, Terre de liens agit concrètement pour l’installation d´agriculteurs et pour sensibiliser les citoyens et les pouvoirs publiques à la nécessité de préserver les terres agricoles. Son slogan : « Et si vous faisiez pousser des terres agricoles ? »

Le constat de Terre de Liens : moins de terres et d’agriculteurs, plus de spéculation

Le logo de l'association Terre de liens

Le logo de l’association Terre de liens

L’action de Terre de liens est née de trois constats.

Aujourd’hui en France, 60.000 hectares de terres agricoles sont couverts de bitume tous les ans, soit l’équivalent de la surface de Paris qui disparaitrait tous les deux mois. La tendance est à la même en Europe, qui a perdu 30 millions d´hectares de terre entre 1961 et 2003, soit une perte annuelle de 770.000 hectares par an (FAO, 2007). Excepté l’Espagne et la Belgique qui ont vu leurs surfaces agricoles augmenter.

terre-de-liens-environnement-developpement-durable-terrain-04En parallèle, le nombre d’agriculteurs diminue chaque année et 200 fermes disparaissent chaque semaine en France.

L’accès à la terre reste cependant un frein majeur à l’installation de jeunes agriculteurs. D´autant plus quand ils font le choix de s’installer en agriculture ou en élevage biologique. D’une part du fait d’une augmentation du prix des terres de 40 % en dix ans. Ceci a engendré une spéculation sur les terres agricoles qui ne sont plus achetées pour leur valeur agronomique mais en fonction de leur situation géographique, avec une disparition des terres agricoles en zones périurbaines. Par ailleurs, les aides de la PAC sont encore majoritairement orientées vers des aides à l’hectare, encourageant les fermes en place à s’agrandir et ne facilitant pas une agriculture paysanne où les fermes sont de petite ou moyenne taille, et où il sera plus difficile de dégager un revenu économique suffisant alors que des emprunts sont à rembourser.

Or le déclin du nombre d´agriculteurs et la disparition des fermes de taille humaine a comme conséquence un émiettement du monde rural et une réduction importante du nombre d’emplois.

Pour Terre de Liens, il n’y a pas de fatalité

Pour « Terre de Liens », cet état de fait actuel n’est pas une fatalité, mais le résultat des conjonctures économiques et sociales récentes, ainsi que de l’abandon des pouvoirs publics et des agriculteurs, au profit du marché financier, de ce bien commun qu’est la terre. Il est donc nécessaire de soustraire les terres agricoles aux diktats de la spéculation.

Réponse concrète : 108 fermes et 2485 hectares sauvegardés

terre-de-liens-environnement-developpement-durable-terrain-02L’enjeu prioritaire est donc de permettre l’installation de jeunes agriculteurs dans des fermes de taille moyenne à cultures diversifiées et en agriculture biologique. Le principe développé par Terre de Liens est le suivant : la foncière Terre de Liens, entreprise d’investissement solidaire où les citoyens peuvent déposer leur épargne, achète des terres agricoles au nom de la foncière Terre de Liens et les loue à des jeunes agriculteurs qui souhaitent s’installer en agriculture biologique mais non pas l’apport financier nécessaire pour acheter une terre.

La fondation quant à elle permet de recevoir des legs et des dons agricoles, ainsi que d’acheter des terres menacées d’être déclassées. L’association, quant à elle, effectue un travail d’information, de sensibilisation et de plaidoyer. Aujourd’hui Terres de Liens a permis l’installation de 108 fermes et a soustrait à la spéculation 2485 hectares de terres agricoles.

Face à la disparition des terres agricoles, d’autres modèles s’inventent en Europe

Heureusement, d’autre solutions émergent. L’Hydroponie prône l’utilisation des eaux usées des sanitaires riches en matières organiques (dont nitrates et phosphores) pour faire pousser les plantes.L’aquaponie, quant à elle, désigne l’utilisation des eaux usées faiblement polluées (douche, baignoire, lavabo) pour alimenter des aquariums poissons-plantes. Et d’autres nouveaux modèles agricoles existent : la permaculture, l’agroforesterie, ou encore l’agro-écologie. Les solutions se multiplient pour remédier au déficit de terres agricoles, optimiser sans les épuiser les richesses des écosystèmes, et rapprocher l’agriculture des consommateurs.

terre-de-liens-environnement-developpement-durable-terrain-03C’est l’objet par exemple du projet Roof Water Farm à Berlin, de potagers suspendus, de jardins partagés… Ainsi face au « modèle » de l´agrandissement perpétuel des surfaces agricoles (et urbaines aussi, d’ailleurs), nos choix de consommateurs sont une arme puissante. En effet, favoriser les produits biologiques locaux ne peut que favoriser cette nouvelle dynamique qui doit se réaliser maintenant.

Terre de Liens vous propose 7 manières de vous impliquer utilement :

1. Adhérer

2. Epargner solidaire et utile

3. Faire un don

4. Contribuer à l’installation d’une ferme

5. Aider bénévolement

6.Partager un patrimoine : legs, donations, assurance-vie

7. Confier une terre

illustrations : © Terres de Lien