Le marché du cacao fléchit mais ne rompt pas !

Dans un contexte où l’économie mondiale fait grise mine, le chocolat, connu pour être un bon antidépresseur, ne semble pas concerné par cet environnement financier accablant.

En effet,  tandis que les cours sont en chute libre notamment dans le segment alimentaire ; depuis quelques mois, le cours du cacao ne cesse de croître. Début janvier 2009, Londres a assisté à un nouveau record historique à 2 028 euros la tonne. La production ivoirienne en péril nourrit cette tendance depuis qu’a débuté la principale récolte, en octobre 2008.

  • Les prix stagnent désormais autour de 1300 livres la tonne.

Selon Philippe Bastide, chercheur et correspondant de la filière cacao du Centre International pour la Recherche Agronomique et le Développement, “La Côte d’Ivoire produit 40 % du cacao vendu dans le monde , mais la qualité est parfois moindre.”

En effet, les difficiles conditions financières des planteurs les poussent à privilégier la quantité au détriment de la qualité.

L’Afrique n’a développé que très peu de méthodes agronomiques pour améliorer la production et le rendement. Avec la sécheresse, la cueillette risque de ne pas être à la hauteur des attentes du marché, et quand la Côte d’Ivoire tousse, tout le monde tremble” a ajouté le chercheur.

Les conditions météorologiques ne sont jamais certaines, la pluie fait pourrir la fève et affaiblit les saveurs. La production en a payé les frais sur la saison 2006/2007. Par ailleurs, le vieillissement des plantations de cacaoyers effraient également les professionnels du secteur, d’autant que leur renouvellement se fait tarder.

L’évolution de la demande, commence à entraîner quelques inquiétudes. Alors que l’Allemagne déclare que les quantités de fèves broyées ont beaucoup baissé au dernier trimestre 2008, la crise semble avoir ôté les envies de chocolat aux consommateurs européens.

Toutefois, les chiffres de broyage du quatrième trimestre pour l’ensemble du continent européen devraient se révéler stables par rapport à 2007.

  • L’Europe capte 40 % du cacao, devant les Etats-Unis.

L’Asie ,quant à elle, s’ouvre, depuis quelques années au marché du chocolat : le Japon, par exemple, voit sa consommation en forte progression depuis ces dix dernières années.

Le cacao a beau avoir le profil idéal pour les filières équitables, ces modes de culture ne représentent qu’à peine 1 % du marché mondial. Selon Philippe Bastide “Pour espérer créer des filières équitables et commercer avec les chocolatiers, les producteurs doivent apprendre à négocier”.

Il semble que les chocolatiers soient prêts à payer, mais le tout est d’apprendre à organiser les cultures et à valoriser davantage le chocolat grâce aux appellations d’origine contrôlée notamment. Après tout, le consommateur est en droit d’attendre un étiquetage clair.

“Le chocolat, c’est la dernière chose dont les gens se priveront en période de crise. On en trouve à tous les prix, c’est bon pour le moral et pour le physique ” affirmait Sylvie Douce, fondatrice et Commissaire du Salon du Chocolat qui a ouvert ses portes à la Porte de Versailles à Paris en octobre 2008.

Le marché du cacao en quelques chiffres…

  • Le marché mondial représente 3 milliards de $ par an,
  • Le 1er pays consommateur de chocolat en Europe est la Suisse avec 10,3 kg par an et par habitant,
  • La France arrive en 11e position avec 4,8 kg/an/habitant,
  • Dans le monde entre 2001 et 2002, la consommation mondiale de cacao (cacao contenu dans tous les produits de chocolat) a été d’environ 0,53 kg/personne

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Article rédigé par Elwina, février 2009