L’Espagne ne devrait plus ramener sa fraise…

La fraise, symbole des beaux jours ! Lorsqu’on la voit surgir sur les étalages de nos supermarchés, on ne peut s’empêcher de céder à sa saveur gorgée de sucre et de fraîcheur. Mais il existe une fraise particulière, fruit de discorde pour les associations écologiques : la fraise espagnole. Les consommateurs friands de cette fraise ne doivent pas se douter de ce qu’ils achètent en réalité…

La mondialisation en barquette

La mondialisation du commerce nous habitue à apercevoir dans les rayons des super et hyper-marchés des fruits hors saison, au point que nous trouvons cela très naturel…La fraise en fait partie.

Les fraises espagnoles, parfois appelées "fraise-tomates", bien plus grosses et beaucoup moins bonnes que celles que nous produisons en France sont aussi moins chères et se négocient actuellement entre deux et trois euros le kilo en se vendant par paquet de 500 grammes. Ce qui peut la rendre plus attractive que sa cousine française.

mondialisation fraise andalouseSelon le WWF, 95 % des fraises espagnoles sont produites sur un terrain de 5000 hectares dont une bonne centaine empiète en toute illégalité sur le parc national de Donana,  une zone humide de 100 000ha, inscrite au Patrimoine mondial de l’Unesco.

Officiellement, 60 % seulement de ces cultures sont autorisées. Cette espace protégé est également un haut-lieu des migrations d’oiseaux, accueillant aussi la dernière population de lynx…

  • La France importe 71 % de fraises d’Espagne, soit 83 000 tonnes (chiffre 2006) et consomme annuellement 130 000 tonnes de fraises.
  • 10 000 camions parcourent 1500km par an, valant leur pesant de fraises en CO2 et autres gaz d’échappement…

Une surexploitation déplorable pour l’environnement

Les plants de fraisiers produisent chaque année et sont laissés en terre l’hiver pour repartir au printemps suivant. Là-bas pour des raisons de meilleure rentabilité on plante de nouveaux plants chaque année et ces plants de fraisiers sont produits de façon artificielle et maintenus dans des réfrigérateurs en attendant le moment de les mettre en terre, ce qui active leur départ de production.

  • Et quand on parle de les mettre en terre, il s’agit d’une terre sableuse et riche d’une micro-faune…

Sans parler de la plupart des producteurs de fraises andalouses qui emploient une main-d’oeuvre marocaine, des saisonniers ou des sans-papiers sous-payés et logés dans des conditions précaires !

fraises d'espagne scandaleUtilisation massive de produits chimiques pour la préparation du sol, cultures sur sable et sous plastique, consommation massive d’eau pour l’irrigation, occupation des sols en toute illégalité…Cette surexploitation est une calamité.

Sans compter les nappes phréatiques pompées , les sols menacés d’infertilité, les inquiétudes quant a la pérennité des insectes, des mammifères et des oiseaux, le WWF en appelle donc à la responsabilité des consommateurs et des grandes surfaces.

En bref, non seulement les fraises importées d’Espagne n’ont aucun goût, mais elles représentent une catastrophe environnementale et sanitaire. Décidément rien ne vaut les fraises de nos jardins…Celles de nos terroirs garantissent des fraises françaises d’agriculture raisonnée et de bonne qualité gustative. La fameuse Gariguette a d’ailleurs été mise au point dans les laboratoires de l’INRA.

La production et l’exportation de la fraise espagnole représente indéniablement ce qu’il y a de moins durable comme agriculture, et bouleverse la notion de saison dans l’esprit du public. Lorsque la région sera dévastée et la production trop coûteuse, elle sera déplacée au Maroc, où les industriels espagnols commencent déjà à s’installer…

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Article rédigé par Elwina, juin 2009