Le combat de Cécile Gleize pour les sans gluten – Portrait

Cécile Gleize travaille depuis 2012 à simplifier la vie des personnes intolérantes au gluten et à faire dialoguer consommateurs et entreprises pour renforcer l’offre en produits sans gluten sur le marché. Son site Because Gus fait référence. Elle rejoint désormais les experts associés à consoGlobe.com pour partager ses conseils auprès du plus grand nombre.

Le combat de Cécile Gleize pour les sans gluten - Portrait

Comme beaucoup, Cécile Gleize mangeait de tout, surtout du pain, mais ne le digérait pas bien. Malgré tout, elle s’en accommodait, tant bien que mal. Maux de ventre chroniques, impossibilité de manger un sandwich « sans faire une sieste après », caractère rédhibitoire d’une simple pizza : les signes d’une sensibilité au gluten – avérée depuis – étaient pourtant là, mais la nécessité d’un régime sans gluten, si elle vient naturellement à l’esprit aujourd’hui, n’a longtemps pas été reconnue ou même évoquée pour elle, comme pour tant d’autres.

Et est encore loin d’être admise par tous, qu’ils soient consommateurs ou producteurs de produits alimentaires. Cécile se consacre donc désormais à partager son expertise pour soulager les maux du plus grand nombre, et aider les entreprises à faire évoluer leur offre sans gluten.

« Régime », « lubie », « des produits pour malade » : une perception longtemps négative

« Mes parents m’ont appris à manger équilibré, mais on ne faisait pas attention aux céréales, j’avais des remontées acides, tout le temps mal au ventre, et j’ai entendu parler du sans gluten, on m’a dit d’essayer, et ça a changé ma vie », explique-t-elle. Ce travail, elle a toutefois du le faire seule. Comme d’autres intolérants ou sensibles au gluten, elle s’est rendue compte qu’il n’existait pas de média dédié au sujet.

Elle a du aussi se heurter au scepticisme que constatent au quotidien tous les sans gluten, pris qu’ils sont pour de doux névrotiques. La perception générale qu’elle, comme d’autres, a constatée, pourrait bien en effet se résumer par le mot « lubie », ou, au mieux, « mode ». Cécile témoigne : « l’idée reçue qui reste dans la tête des gens, c’est que les sans gluten cèdent à un effet de mode ».

Pourtant, les chiffres sont là : 8 % de la population française, selon l’Association Française des Intolérants au Gluten, mangeraient sans gluten, se répartissant entre 1 % de coeliaques, et 6 % de sensibles(1). Cécile en déduit donc qu’il « reste 1 %, qui, peut-être, essaient le sans gluten ‘par effet de mode’, ou peut-être simplement sont en phase de test ».

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©Laurence Révol – Epouse-moi Cocotte

 

« Maintenant les gens commencent à être un peu plus au fait, constate-t-elle par ailleurs. Au niveau des produits, ils commencent aussi à tester, à avoir moins d’a priori, alors qu’avant il y avait un rejet face à ces produits qui font « pour malades » ou « en régime », remarque-t-elle.

Les entreprises se demandent si le sans gluten est une réalité ou une mode, si elles doivent lancer des produits.

Après des études à Sciences Po, deux ans en Inde et en Malaisie, et une spécialisation en marketing à HEC Paris, Cécile décide donc de devenir ambassadrice des sans gluten, en lançant Because Gus, le media des intolérants au gluten, pour faire communiquer consommateurs et entreprises. « Beaucoup de personnes réclament plus de produits sans gluten, mais ne se rendent pas compte de la réalité : c’est plus cher à produire, il y a des difficultés d’approvisionnement, des coûts liés à la certification… De l’autre côté, les entreprises se demandent si le sans gluten, c’est une réalité ou une mode, si elles doivent lancer des produits, s’il y a vraiment une opportunité. Ce sont deux communautés qui se méconnaissent », constate-t-elle.

Sans gluten : les idées évoluent, mais l’offre reste limitée

Son travail de mise en relation grâce à Because Gus paie : les « sans gluten » sont prêts à aider les marques à élaborer des produits, à la grande surprise des entreprises. Quant aux entreprises, elles constatent le caractère pérenne et réel de la demande, constate Cécile dans les ateliers qu’elle organise pour les producteurs.

L’offre évolue donc, estime-t-elle avec satisfaction : « avant il n’y avait pas de rayon sans gluten. Maintenant, dans pratiquement tous les supermarchés, il y a au moins un rayon qui permet de s’en sortir. Et tous les magasins bio l’ont forcément. Ce qui est plus compliqué, c’est quand on n’a pas de supermarché près de chez soi. En province aussi c’est plus compliqué, sauf dans les très grandes surfaces, où on trouve du sans gluten surgelé, ce qu’on trouve plus difficilement à Paris. »

« Par contre, remarque-t-elle aussi, les restaurateurs ne maîtrisent pas encore le sujet, ils en ont peur, et ils n’appliquent pas la législation sur les allergènes(2) » qui les oblige à faire figurer les allergènes sur leur carte. Du moins, en théorie, car en pratique quasiment aucun restaurant n’applique ces exigences.

De fait, même si l’offre de restaurant s’étoffe de semaine en semaine, sortir reste plutôt compliqué et peu d’endroits sont garantis 100 % sans gluten. Le sans gluten invite ainsi à cuisiner chez soi, pour contrôler les matières utilisées. Surtout pour les personnes qui ajustent leur régime sans gluten en phase de découverte, avant de connaître les quantités de gluten qu’elles peuvent tolérer, et donc le risque qu’elles sont prêtes à prendre en sortant.

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Sur consoGlobe.com et consommerdurable.com : Cécile est l’experte invitée pour partager, sur consoGlobe.com des infos et analyses, sur consommerdurable.com, des recettes et conseils pratiques.

Sur because-gus.com, le site d’information dédié aux questions du sans gluten, avec une équipe de journalistes qui déchiffrent tout ce qui se passe sur le sujet, « simplifient, dédramatisent, apportent des solutions concrètes». Gus, c’est le chat de Cécile, car à la question 1.000 répétée « pourquoi tu manges sans gluten »,Cécile a parfois envie de répondre, « c’est comme ça », sans forcément se justifier ou apporter une caution médicale ou entrer dans débat philosophique.

Illustration bannière : ©Jean-Marc Biais – HEC Paris

Références :