L’ aquaculture, fausse solution à la surpêche

Rédigé par Elwina, le 12 Jul 2010, à 11 h 38 min

L’aquaculture représente environ 50 % de la “production” de poisson mondiale et permet de limiter l’exploitation de certaines espèces de poissons. L’aquaculture voit sa production croître significativement. Cependant, bien qu’elle réponde à la demande des consommateurs en produits de la mer, l’aquaculture est une solution qui peut être dangereuse pour l’environnement

Aquaculture intensive et environnement ne font pas bon ménage

Selon la FAO, le secteur aquacole a vu sa production mondiale passer de 2 à 51 millions de tonnes en 50 ans. Toutefois, l’essor fulgurant de ce procédé, s’il n’est pas effectué de manière durable, peut entraîner de graves problèmes environnementaux.

La majorité des poissons d’élevage sont carnivores. Ainsi, les nourrir requiert des quantités considérables de…poissons sauvages. Paradoxal, quand on sait que l’aquaculture, outre satisfaire les consommateurs, vise aussi à réduire la pression de pêche sur les espèces sauvages !

AquacultureDe ce fait, pour 1kg de saumon, de bar ou de daurade d’élevage, il faut 4kg de farine de poissons sauvages (hareng, sardine, maquereau). Ce chiffre passe à 20 kg pour 1kg de thon rouge d’élevage…

  • Le développement des élevages en aquaculture a accentué la surexploitation des stocks de ces poissons de moindre valeur, aux dépens de la faune sauvage (oiseaux, phoques, poissons carnivores) qui tend à quitter ou à disparaître des zones en surpêche

L’aquaculture comme mode de pêche durable est possible mais à la condition de respecter des normes strictes car l’aquaculture peut être plus polluante et néfaste que la pêche sauvage.

Selon un responsable du Plan d’action pour la Méditerranée, M. Alsousamra, pour produire une tonne de poisson de ferme, il faut :

  • 12 kg de phosphore
  • 110 kg d’azote
  • 450 kg de carbone

L’élevage de poissons, gros producteur de déchets

Par ailleurs, l’élevage de poissons produit une quantité énorme de déchets de façon concentrée. Exemple : l’ensemble des fermes d’élevage de saumons en Ecosse rejettent par jour autant de déjection que les 600 000 habitants d’Edimbourg.

Un élevage type de 200 000 saumons produit la même quantité de matières fécales qu’une ville de 62 000 habitants

De plus, les élevages industriels nécessitent l’utilisation massive d’antibiotiques pour éviter la transmission de maladies. Les poissons concernés par ce traitement sont porteurs de germes très contaminants pour les poissons sauvages.

>>> Certains élevages de crevettes entraînent la disparition d’écosystèmes fragiles tels que ceux des mangroves en Amérique du Sud.

poissons

En conclusion, il n’existe plus aujourd’hui d’espèces à consommer sans modération en raison des divers paramètres à considérer (méthodes de pêche utilisées, état des stocks, pollution diverses…). Une solution pour les consommateurs est de préférer des espèces herbivores d’élevage comme le Tilapia, le Pangasius ou des espèces comme le bar de ligne.

Le prix peut être un peu plus élevé, mais en les consommant, vous contribuerez à une méthode de pêche durable, moins consommatrice en énergie (pêche de proximité), et constituant un important moteur de développement local.

Sur l’alimentation bio et l’aquaculture

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18 commentaires Donnez votre avis
  1. Les nitrates ne sont pas des polluents, mais la nature n’aime pas le vide! J’ai fait de l’aquaculture, et ce qui est génial c’est que les techniques autant que les produits peuvent être très différents et très adaptable. Le tout c’est de recréé une chaine trophique de A à Z. Même pour les poissons carnivores, nous pouvont poduire des poisson proies dans d’autre bassins. Si par exemple pour l’eau douce on utilise un curcubitacée on peut faire pousser non pas par bassin interposer mais plutot avec un champignon mycorhyzien (gastéromycète) qui lui peut très largementse développer dans l’eau (car les raçines on besoin de respirer) la transformation de nitrite en nitrate, de NH4+ en NH3, la production oxalate, de phytase…. On peut voire de très très bon résultats. Après on peu imaginer des poductions de palétuviers peut-être pour nourrir des escargots, qui ont à leur tour nourrir des poissons carnivore. Si le milieu est complètement fermée, que l’eutrophisation est faible le champignon mycorhizien tue les bactérie pour lesquelles il développe une antipatie. On peut avoir un bonne exemple pour le feutre mycorhizien dans la sèrre du jardin des plantes à Paris, dans le bassin intèrieur. A noter que si l’eau est très bien filtré, que les poissons se plaise très bien, ils finissent par devenir néoténique.

  2. Serait-il possible d’avoir vos sources? Notamment par rapport aux chiffres.
    Merci beaucoup!

  3. Ben c’est pas vrai, les poissons d’aquaculture sont nourris à 80% de végétaux pour les salmonidés, et on est plutôt à 1Kg de poissons pêché pour un Kg de poisson produit.
    Et dans la nature il faut 100kg de poisson frais pour faire 1kg de thon.
    Il y a pas mal d’articles disponibles car beaucoup de recherches faites sur l’alimentation du poisson depuis 20 ans.
    Bref le saumon deviens herbivore.
    Quand au Panga,il n’est pas élevé en Europe et les methodes d’élevage sont assez sujettes à cautions (herbicides, metaux lourds, OGM, farine de viande)
    Bon appêtit!
    Emmanuel (éleveur de poissons en France).

  4. est ce qu’il y a des points positifs sur l’aquaculture ? C’est une question de mon professeur… réponde moi le plus vite possible svp.

  5. Je vous suggère de vous rapprocher des fabricants français d’aliment pour poissons pour avoir des chiffres corrects, la part de végétaux a beaucoup augmenté ces dernières années, jusqu’à 80% dans l’aliment. Les antibiotiques sont de moins en moins utilisés au profit des vaccinations.
    Enfin beaucoup de Pangasus sont nourris à l’ogm avec pesticides en élevage en rizière, ou à la farine de poissons riche en métaux lourds (la moins chère) en intensif.
    Si vous voulez acheter du poisson d’élevage sécurisé, privilégiez ceux élevés avec les normes Européennes, où les françaises sont les plus exigentes au monde…

  6. des solutions pour la surpeche s’il vous plait

  7. Aide moi a repondre cette question svp. Pourquoi dit-on que l’aquaculture n’est pas la peche? Merci

  8. non l’aquaculture est très important pour nous les humains car ses un moyen plus écologique pour notre planète et pour conservation de l’espèce.

  9. Tu précises qu’il faudrait favoriser la consommation du Pangasius au profit d’une méthode de pêche durable mais cependant au péril de notre santé !!

    Regardez pourquoi le Pangasius est si peu chèr:

    hoaxbuster.com/forum/attention-avec-le-poisson-panga

  10. bjr, ben votre commentaire est intérréssant, si je peut me permettre
    une question, peut-on faire l’aquaculture(thon rouge) en bassin artificiel, en béton et y mettre de l’eau de mer; au cas merci de me répondre.
    salutations

  11. l’aquaculture couvre une énorme quantité de techniques, c’est un peu simpliste de mettre bas toute l’aquaculture en raison des industriels

  12. je pense que l’aquaculture, même si elle a de nombreux défauts (très nombreux), est indispensable. il est cependant intéressant d’étudier la question pour savoir qu’elle culture est la moins polluante.

  13. les poissons d’élevage mange peut etre de l’aliment a base de farine de poisson , mais en mer il suce pas des caillous, il est aussi carnassier.
    des produits phyto sanitaire il y en a de partout , il faut arreter de s’acharner sur l’aquaculture.
    si vous voulez faire un gest ecologique ,manger de la carpe plutot que de la truite ou du bar … c’est sur sa n’a pas le meme gout

  14. Au sujet de l’aquaculture : existe – il une liste des producteurs ou des filières d’élevages de poissons en aquaculture mais bio ?
    peut on savoir chez le poissonnier si le poisson acheté est sauvage ou d’aquaculture ?
    merci

    • Oui, la loi de traçabilité oblige le poissonnier à indiquer sur l’étiquette si le poisson est issu d’aquaculture ou de pêche.

    • Oui, il existe quelques sites repertoriants les productions bio (j’en ai quelques uns en tete mais je ne le ferais pas… pas de pub 😉 )

      Sinon, c’est comme dit au dessus OBLIGATOIRE de donner l’information “elevage” ou “sauvage” de la part du poissonnier!

      Autre chose, connaissant “un peu” l’aquaculture marine, il ne faut pas 4kg d’aliment pour produire 1 kg de poisson (daurade, bar, maigre par exemple), mais seulement 2 a 2.5kg d’aliment pour 1kg de poisson produit, sachant que l’aliment en question comprend pas loin de 50% de farine de cereale ! ce qui donne a la fin, environ 1kg de poisson FOURRAGE pour produire 1kg de poisson d’elevage.

  15. Bonjour,

    Je ne suis pas tout à fait d’accord avec vous.

    En effet, l’aquaculture, comme l’agriculture gérée de manière non durable est une catastrophe pour l’environnement.

    Les principaux freins à un développement de qualité sont :

    – Une inexpérience des autorités locales,
    – Un nombre de poissons trop important par M3 dans les bassins,
    – Une utilisation trop importante de produits phytosanitaires,
    – Un manque de considération des riverains et des collectivités locales pour obtenir les permis d’exploitations dans les endroits les plus adaptés (meilleurs expositions aux courants).
    – Un apport alimentaire venant de la pêche ou d’une agriculture non durable, ce qui entraîne d’importante variation de coût et de qualité du nourrissage,
    – Ne pas sélectionner les espèces d’élevage, faire du thon rouge est une hérésie d’un point de vue énergétique.
    – Mauvaise qualité de l’eau sur certains littoraux

    Des solutions à tous ces freins existent, mais la filière aquacole européenne est encore trop peu développée pour fixer une règlementation exigeante.

    Ne mettons pas tous les éleveurs dans le même panier. C’est comme si l’on considérait que tous les éleveurs de porc étaient les mêmes. Pourtant il y a des élevages bios, respectueux des animaux, pouvant suffisamment produit pour assurer la pérennité de l’exploitation et assurer le respect de l’environnement. Mais soyons franc ce n’est pas la majorité des exploitations, il y a encore de gros efforts à fournir.

    N’oublions pas que c’est un riche gisement d’emplois que peuvent-nous offrir les différents secteurs de l’aquaculture : Pisciculture, Algoculture, Conchyliculture et l’élevage de crustacés. De plus dans votre article vous faite l’amalgame naturel entre pisciculture et aquaculture qui revient à faire l’amalgame de l’agriculture et l’éleveur de bœuf. Aujourd’hui pour rapporter l’exemple à nos pratiques c’est comme si nous élevions des ours (pour le thon rouge) et que nous allions chasser sa nourriture en forêt, ce n’est ni rentable, ni tenable.

    Nous avons la chance d’avoir beaucoup de littoraux en Europe, utilisons-les ! Mais à bon escient.
    En respectant l’aquaculture bio y compris sur des secteurs comme l’algoculture il serait possible de créer des filières totalement respectueuse de l’environnement et voir même pouvoir y apporter une plus-value. L’algoculture par exemple est connu pour piéger certains polluants y compris les nitrates pour se développer, ce qui mécaniquement réduirait les risques de « marées vertes ».

    L’aquaculture est donc la solution à la pêche, nous avons les moyens, la place, les hommes et l’expérience pour le faire de manière durable. Il manque surtout de volonté politique aussi bien de la part des élus locaux, que des élus européens.

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