L’anguille, un poisson à éviter

La pêche de l’anguille

La civelle continue d’être victime de la surpêche en France. L’anguille jaune et l’anguille argentée sont elles aussi surpêchées, et parfois même braconnées.

Depuis 2008, l’anguille est inscrite à l’Annexe II de la CITES c’est-à-dire la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction ; cette inscription vise à renforcer le cadre légal de la pêche de l’anguille, les préfets étant dans l’obligation de « transmettre sans délai les informations sollicitées concernant le braconnage et le commerce illicite de la civelle et de l’anguille à ses autres stades biologiques »

La pêche de l’anguille est donc extrêmement réglementée. Elle ne peut s’effectuer que dans une période bien définie :

  • Cours d’eau 1ère catégorie  > du 12/03 au 18/09 inclus
  • Cours d’eau 2ème catégorie > du 01/01 au 31/12 inclus

La pêche de l’anguille argentée est INTERDITE. La pêche de l’anguille jaune, elle, peut être soumise à des restrictions au niveau régional

Le plan national de gestion de l’anguille (Décret 2010-1110), impose à tout pêcheur l’obligation de tenir un carnet de capture. La taille minimale de capture est de 12 cm.

Anguille : santé et pollution

Comme vu tout à l’heure, la pollution est l’une des raisons pour lesquelles l’anguille est un poisson très fortement menacé.

PCB, plomb, dioxine, pesticides et tutti quanti

Les PCB, ou PolyChloroBiphényles, et PCT ou PolyChloroTerphényles sont des dérivés chimiques chlorés, souvent connus en France sous le nom de « pyralènes », du nom commercial d’un produit à base de PCB très utilisé il y a quelques années.

Les PCB sont utilisés comme isolant électrique. Ils font l’actualité de ces derniers jours puisque huit agriculteurs en Mayenne subissent en ce moment même cette pollution, causée par l’usine spécialisée dans le traitement des déchets contaminée aux PCB prés de leurs terres.
Résultat : le PCB à contaminé les animaux, rendant leur viande impropre à la consommation. Cette situation est insoutenable pour ces huit agriculteurs et leur famille.

En 2004, une étude réalisée en Moselle sur un échantillon d’anguilles jaunes a montré un taux élevé de PCB  sur 80% des poissons : le seuil excédait les 75μg/kg de PCB admis.

Les PCB comme quantité d’autres polluants ont tendance à s’accumuler dans la vase, dont l’anguille au stade de civelle se nourrit volontiers. Ils s’accumulent dans la chair des poissons dits bio-accumulateurs, c’est-à-dire qu’ils stockent les contaminants dans les graisses et les conservent même pendant leur croissance.

De plus, l’anguille jaune vivant surtout dans le fond des rivières peut se retrouver assez facilement au contact des contaminants. Les anguilles sont particulièrement sensibilisées aux pesticides d’autant plus qu’elles ont la faculté de sortir momentanément des rivières pour ramper sur le sol, afin de rejoindre un autre point d’eau. Il leurs arrive ainsi de « fréquenter » les fossés bordant les champs traités aux pesticides.

Plusieurs préfectures françaises comme cela a été le cas pour la préfecture du Cher ou celle du Tarn et Garonne ont interdit la consommation d’anguilles l’été dernier.

Pollution au mercure des anguilles

Comme c’est le cas pour de nombreux autres poissons tels que la raie, la lotte ou encore le thon, l’anguille n’échappe pas à la pollution au mercure, qui en contient un « taux moyen ».
Il est important de protéger les personnes les plus sensibles, c’est-à-dire les femmes enceintes et les enfants ;  il leur est ainsi recommandé d’éviter totalement la consommation de certaines espèces comme l’espadon ou la lamproie par exemple et de manger en quantité limitée (une portion par semaine) les poissons contenant un « taux moyen de mercure »

Anguille et nutrition

Comme vous l’avez compris, nous ne vous recommandons pas la consommation d’anguille, tant la survie de l’espèce est menacée.

L’anguille n’est pas très couramment consommée en France, à part peut-être dans les restaurants japonais ou vous trouverez fréquemment ce poisson sur la carte sous le nom « Unagi » ou encore « Kabayaki » (l’anguille est présentée grillée en brochettes, accompagnées d’une sauce à base de bouillon, de saké et de sauce soja)
Nos voisins belges la consomment également (anguille au vert ou à l’escavêche)

Valeurs nutritionnelles de l’anguille

L’anguille est un poisson gras. Ses lipides sont constitués essentiellement d’acides gras mono-insaturés et d’Omega 3, bénéfiques pour la santé. 100 g d’anguille contiennent 204 calories et :

- 62 g d’eau,
- 20,5 g de protéines,
- 0 g de glucides,
- 13,5 g de lipides,
- 140 mg de cholestérol
- 200 mg de potassium
- 20 mg de magnésium
- 230 mg de phosphore

 

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Je réagis

Retrouvez tous les poissons à consommer un peu, beaucoup, ou pas du tout :

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11 commentaires Donnez votre avis
  1. Bonjour a tous je répond a plusieurs question concernant la pêche a l’anguille première chose il faut interdire la pêche a la pibale pour tout le monde interdire la pêche au chalut est pêcher comme autrefois a la canne

  2. Chers amis, boujour. Je suis un ancien garde de pêche,18 ans d’activité.
    Concernant les anguilles, surtout les civelles,il faut « ABSOLUMENT » interdire leur capture.Pourquoi? Vu leur prix, »TRES CHER » elles sont vendus dans les pays asiatiques, »VIVANTES », et les bridés les élèvent et les vendent quand elles sont grandes, pour la consommation.Si ces pratiques ne cessent pas, c’est l’élimination pure et simple de ce sympatique poisson.

    • « les bridés »? aaah vous voulez dire les jaunes, les citrons? ok ok. bon au final, c’est qui qui les pêche ces anguilles européennes? les pâlots ou les citrons jaunes bridés?

  3. Les scientifiques viennent de créer un mélange de la matière détritus et des déchets, qui on l’espère, de reproduire alimentation naturelle des larves d’anguilles. Un grand espoir pour sauver les anguilles.!
    Le taux de ponte des populations d’anguilles s’est écroulé lors des trois dernières décennies de quasiment 99%.

    Les biologistes marins tentent depuis longtemps de résoudre un ce crucial pour sauver les populations d’anguilles sauvages de l’effondrement catastrophique: il s’agit de recréer artificiellement un aliment appelé «neige marine».

    Des biologistes, au Japon, où les anguilles sont un aliment phare de la cuisine du nippone, sont sur le point de mettre au point l’élevage d’anguilles à l’échelle industrielle et ce pour la première fois, un peu à l’instar de l’aquaculture de saumon d’élevage.

    Cette percée des scientifiques en Corée et aux États-Unis pourrait considérablement alléger la pression sur les populations d’anguilles sauvages, et permettre de remplumer leurs stocks dans le monde entier.

    Pourtant, le but de produire entièrement en captivité anguilles d’élevage, en utilisant les larves produites en captivité plutôt que de bébés anguilles capturés dans la nature, est bloqué par un obstacle très important : la nécessité de reproduire l’unique alimentation des larves, la fameuse «neige marine».

    Cette denrée indispensable à la croissance de la jeune anguille est un mélange de marine des détritus, de déchets organiques en suspension, qui se révèle extrêmement difficile à reproduire à grande échelle.

    A ce jour, on élèvent des anguilles sont en cours d’élevage et on les vend un peu partout dans le monde, mais seulement en utilisant des bébés anguilles capturés dans la nature. Cette approche de l’élevage n’est pas sans accroître sur derniers survivants des populations sauvages. Au Royaume-Uni, les jeunes anguilles ou civelles numéros sont maintenant à 5% de leur niveau des années 1980 .

    Les scientifiques ont examiné les ingrédients les plus improbables pour aider à créer ce que l’alimentation particulière, y compris le jaune d’oeufs de requin. Pour aggraver le problème d’alimentation, les anguilles séjourner dans un stade larvaire pendant trois à quatre mois, comparativement à seulement quelques jours pour le cabillaud, et sont extrêmement sensibles à ce stade.

    Prof Katsumi Tsukamoto, un pionnier dans la préservation des anguilles dans le Pacifique qui a été d’abord découvrir les motifs du Pacifique de frai des anguilles, dit scientifiques marines à Edimbourg cette semaine que cet obstacle est le coût signifiait € 1.000 (£ 803) pour produire un seul plant en captivité dans le laboratoire ; leur but est d’obtenir que le coût vers le bas pour 1 €.

    Prenant la parole après un discours à l’ Congrès mondial des pêches , Tsukamoto, de la atmosphère et l’océan à l’Institut de recherche Université de Tokyo , a déclaré l’accent sur ​​l’élaboration d’une filiale autonome programme national élevage de l’anguille, tout en étant très coûteuse, a été conduit par la nécessité de préserver autres anguilles sauvages.

    «Nous essayons maintenant de mettre en place une souche particulière, complètement coupés de stocks sauvages», at-il dit. « Nous voulons améliorer les caractéristiques de nombreux différents, pour le taux de croissance par exemple, les taux de métamorphose et de la résistance aux maladies. Il s’agit d’un processus de domestication, comme des moutons, des cochons, des vaches ou des chevaux. »

    Pression à produire des anguilles en captivité est entièrement alimentée par la demande continue des consommateurs lourde: les anguilles sont l’ingrédient principal dans kabayaki, l’un des trois styles les plus culturellement importants de la cuisine japonaise avec sushi et tempura.

    David Righton, du laboratoire Cefas marine à Lowestoft, et une figure de proue dans le projet Eeliad à sauver l’anguille européenne, a déclaré la quête pour trouver une denrée alimentaire de substitution est une des zones les plus compétitives dans la préservation des anguilles.

    «Celui qui y arrive le premier a fait une découverte extraordinaire;. Vous récupérez une tradition culturelle Celui qui ne présente est culturellement importante ainsi que de devenir très riche, » a déclaré Righton.

    • Pas grand chose à dire,mais Fabrice devrait relire ses textes avant de les envoyer, pour se rendre compte des anomalies soit de frappes, soit de français. Ne pas écrire comme des textos. Beaucoup de personnes lisent votre article. Merci.

  4. Le vrai problème est la pêche clandestine, qui est largement induite par les prix somptueux que paient les japonais.
    Or il est simple de la contrôler, non pas sur la rivière, mais par les modes d’envoi et de financement.

  5. bonjour
    la pêche de l’anguille n’a jamais en danger sa survie.
    Le problème est que 95% des civelles sont pêchées pour être revendues au Japon où on les élève pour que les restaurants japonais puissent vendre des anguilles.

  6. Moi je pense que Gilles et Sophie sont faits pour aller ensemble ;-)

  7. cette citation est de Geronimo un visionnaire!

    « Quand le dernier arbre aura été abattu – Quand la dernière rivière aura été empoisonnée – Quand le dernier poisson aura été péché – Alors on saura que l’argent ne se mange pas.  »
    L’Auteur est un chef amérindien des Apaches Chiricahuas (1829-1909).

  8. Cet article me fait penser à une citation (attribuée aux amérindiens Cree, mais je n’ai jamais trouvé de source fiable le vérifiant). Reste la citation qui est juste et belle, qu’importe l’auteur :

    « Quand le dernier arbre sera abattu, la dernière rivière empoisonnée, le dernier poisson capturé, alors seulement vous vous apercevrez que l’argent ne se mange pas. »

    Merci pour toutes ces précisions, Annabelle.

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