Tacharane : l’essor de l’agroécologie

Rédigé par Consoglobe, le 19 Jun 2009, à 14 h 55 min

Tacharane, près de Gao au Mali, favorise une agriculture écologique qui parvient à faire pousser des plantes dans le désert avec des résultats uniquement positifs pour l’environnement et la population.

L’emergence de l’agroécologie

Situé à coté du fleuve Niger, le village de 8000 habitants, victime de la désertification, a vu les forêts avoisinantes transformées en bois de combustion. Mais la végétation repousse actuellement grâce à une entreprise de culture volontariste, adaptée à la région et tirant profit des ressources disponibles.

Aubergines, salades, tomates et piments peuplent les jardins maraîchers qui se multiplient au bord du fleuve. Les villageois parlent d’agroécologie*, produisent un bon compost et des pesticides naturels.

Agroécologie développement durableUne initiative qui a vu le jour grâce à Pierre Rabhi en 1997. Fon­dateur du mouvement agroécologique, qui prône une agriculture responsable, cet agriculteur a tout de suite plu au village sahélien par ses idées faciles à mettre en place, même dans les conditions les plus difficiles.

Ainsi, les villageois se sont regroupés en une association : l’Union pour un avenir écologique et solidaire (Uaves). Travaillant en partenariat avec Terre et humanisme (l’association de Pierre Rabhi), l’Uaves a établi 20 jardins maraîchers agro­écologiques.

Tacharane : un village durable et solidaire

Les jardiniers, formés par l’association, enrichissent les sols avec du compost, enseignent aux paysans la rotation des cultures (qui permet aux sols de se régénérer), protègent les plants avec des pesticides naturels à base d’ail, de piment ou de margousier.

En même temps, les formateurs de l’association sensibilisent les villageois à la dégradation de leur environnement. L’association organise des chantiers populaires de construction de diguettes, afin de lutter contre l’érosion des sols. Bâties en pierres de la région, ces barrières naturelles retiennent l’eau de pluie, le temps que celle-ci s’infiltre.

potager tacharane

  • La démarche agroécologique se veut accessible à tous : il s’agit de produire localement, en prenant en compte la spécificité des sols et les moyens financiers des populations.
  • Les habitants sont conscients des enjeux écologiques et des effets sur l’environnement des comportements et modes de culture.

Ce programme de développement de la sécurité alimentaire des familles et de lutte contre la désertification, suit les principes ayant fait leurs preuves depuis 10 ans au Burkina Faso.

Forte de son succès, la production maraîchère de Tarachane commence à se faire connaître dans la région. Au marché de Gao, on peut apercevoir d’autres producteurs vendre leurs salades traitées chimiquement, et acheter celles de Tacharane pour leur consommation personnelle ! Les habitants du village se préoccupent avec conviction de leur environnement, et surtout travaillent ensemble.

L’agroécologie, c’est quoi ?

l’agroécologie est à la fois une éthique de vie et une pratique agricole. Elle considère le respect de la terre nourricière et la souveraineté alimentaire des populations sur leurs territoires comme les bases essentielles à toute société équilibrée et durable.

Approche globale, elle inspire toutes les sphères de l’organisation sociale : agriculture, éducation, santé, économie, aménagement du territoire…

*

La biodiversité agricole cultivée dans des "laboratoires hors-murs"

La biodiversité agricole cultivée dans des « laboratoires hors-murs »

 

Pour vous c'est un clic, pour nous c'est beaucoup !
consoGlobe vous recommande aussi...