Poissons carnivores et métaux lourds : où en est-on ?

Rédigé par Sonia C, le 31 Aug 2015, à 15 h 56 min

Depuis quelques années, nous sommes mis en garde contre une consommation excessive de certains poissons prédateurs autrefois portés aux nues pour leurs bienfaits sur la santé, notamment leur apport non négligeable en acides gras oméga 3 (EPA et DHA), excellent protecteur cardiovasculaire. Puis les recommandations se sont faites plus mesurées, jusqu’à alerter le consommateur, et notamment les femmes enceintes, qu’il était aujourd’hui déconseillé de dépasser la dose optimale de deux fois par semaine en alternant un poisson maigre et un poisson gras. En cause, malheureusement, les métaux lourds présents dans la chair de certains poissons appelés bio-accumulateurs.

Poissons carnivores et métaux lourds : les espèces concernées

Tous les gros poissons sont situés en fin de chaîne alimentaire : en effet, plus un être vivant se trouve en aval de la chaîne, plus il présente de risque d’être contaminé par des substances nocives. Ceci s’explique par l’accumulation progressive des toxines dans les tissus, qui, une fois stockées, ne sont pas éliminées.

Ainsi, au fur et à mesure que l’on remonte la chaîne alimentaire, les concentrations en métaux lourds, mercure par exemple, seront de plus en plus importantes puisqu’elles correspondront aux métaux ingérés à partir du premier poisson jusqu’au dernier , celui pêché, justement.

Parmi les poissons qui présentent des concentrations en métaux lourds les plus importantes, on retiendra l’espadon, l’anguille, le thon, le requin, la raie et la lotte(1).

De manière générale, les poissons dits maigres, tels que le colin et le cabillaud, sont peu chargés en métaux lourds, ceux-ci s’accumulant dans les tissus adipeux. De même, privilégiez les petits prédateurs comme la sardine et le maquereau.

Pour le consommateur, comment s’y retrouver ?

Tout d’abord, en ayant bien en tête les espèces à éviter absolument, comme celles citées précédemment.

Ensuite, en étant éco-responsable : les poissons labellisés, ceux achetés en magasins bio sont forcément plus sains et la plupart du temps sont en plus pêchés dans des conditions plus respectueuses des écosystèmes marins : pêche à la canne plutôt que par chalut ou dragage profond, ces dernières formes étant catastrophiques. Bien que leur coût soit plus élevé, il faut garder en mémoire les recommandations de l’ANSES, qui conseille de ne pas en manger plus de deux fois par semaine.

On peut aussi se tourner vers les poissons d’élevage comme le saumon et la truite en privilégiant ceux dont l’alimentation est exempte d’antibiotiques ou de substances visant à accélérer leur croissance et donc qui donnent à l’arrivée des poissons très gras et décevants.

Favorisez tant que vous pouvez la proximité de la zone de pêche.

Balance risques et bénéfices : peut-on trancher ?

Oui, et il serait dommage, voire contre-productif d’arrêter de consommer des poissons gras dont les vertus ne sont plus à démontrer. Rappelons au passage que si certains végétaux sont également pourvoyeurs d’oméga 3 – lin, colza, noix – il s’agit de la forme ALA, à partir de laquelle peuvent être synthétisés les fameux EPA et DHA, mais dans des proportions infimes. Or, il est démontré que ce sont bien ces deux derniers acides gras qui ont des effets bénéfiques réels sur la santé cardiovasculaire.

Les apports journaliers recommandés en ALA sont de 1.5 à 2 g, soit 10 g de graines de lin moulues ou 2 cuillères à soupe d’huile de colza.

Les apports en EPA + DHA sont de 500 mg par jour. Une consommation de 230 g de poisson gras par semaine suffit à combler ces besoins(2).

Attention tout de même, s’il est souhaitable d’atteindre ces valeurs de référence, il ne sert à rien de chercher à les dépasser. Aucune amélioration de la santé ne serait constatée et au contraire, des troubles risquent d’apparaître.

Références :
Pour vous c'est un clic, pour nous c'est beaucoup !
consoGlobe vous recommande aussi...



Sonia C., passionnée de biologie et de nutrition, j’aime l’idée de rendre les sciences accessibles à tous sans pour autant en édulcorer les grands...

5 commentaires Donnez votre avis
  1. anonyme, il n’existe aucune possibilité de connaitre la provenance des metaux lourds

    présents dans l’eau de mer. On peut raisonnablement penser que l’homme polluant

    l’environnement avec des metaux lourds (peintures….), il pollue également certaines mers ;

    tous les fleuves et les rivières se jetant dans la mer. Quand à « l’accident industriel majeur » qui

    a eu lieu à Niigata ou plutôt a Minamata, il ne s’agit nullement d’un accident car les rejets

    Mercure ont eu lieu pendant plus de 30 ans. L’entreprise Chisso mise en cause dans cette

    affaire ont rejeté du mercure dans la mer sans rien cacher à personne, alors même que la

    toxicité du mercure est connue depuis des centaines d’années sinon plus (cf Pline l’ancien).

  2. Il ne faut pas manger de poissons! Une fois morts, ce sont des cadavres! Moi, je refuse de manger des cadavres! Les poissons sont comme nous (ou plutôt, nous sommes comme les poissons): des animaux!
    CADAVRES CADAVRES CADAVRES !

    • J’ai voulu une fois manger du bœuf vivant mais il ne s’est pas laissé faire. Avez-vous déjà essayé ?

  3. ARTICLE A TRADUIRE EN JAPONAIS ET A DIVULGUER AU JAPON D URGENCE en inondant toutes les rédactions nippones.
    Peut être la seule chance, en insistant bien sur la dangerosité des thons rouges par exemple, de sauver l’espèce.
    La pollution a du bon ………

    • Contrairement a une idee recue: 1) les metaux lourds dans le poisson ne sont pas toujours d’origine anthropogenes. Les sources hydrothermales y contribuent pour plus d’un tier 2) Les metaux lourds dont mercure presents dans le poisson ont peu ou pas d’effets car pas sous la bonne forme. La plupart des etudes visant a montrer les effets des metaux lourds sur des populations mangeuses de poisson n’ont pas montre d’effets significatifs (hormis bien sur accident industriel majeur! cf Niigata)

Moi aussi je donne mon avis