L’OMS veut éradiquer les mauvaises graisses des assiettes

Une quarantaine de pays, sous l’égide de l’OMS, travaillent ensemble pour faire disparaître de l’alimentation les acides gras trans. Ces derniers favorisent les maladies cardiovasculaires.

Rédigé par MEWJ79, le 15 May 2018, à 10 h 25 min

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) prend des mesures pour aider tous les pays à éradiquer les gras trans de l’approvisionnement alimentaire mondial d’ici cinq ans.

Éliminer les gras trans pour protéger la santé et sauver des vies

« L’élimination des acides gras trans est essentielle pour protéger la santé et sauver des vies », a expliqué l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) dans un communiqué, lundi 14 mai 2018. Selon l’agence onusienne, chaque année, les apports en acides gras trans (AGT) sont responsables de plus de 500.000 décès par maladie cardiovasculaire. Son but : éliminer les AGT d’origine industrielle de notre alimentation d’ici à 2023. Ces AGT se retrouvent dans les graisses végétales durcies et sont souvent présents dans les produits dits de grignotage (gâteaux apéritif, notamment), les aliments cuits au four (dont les pizzas industrielles) et tous ceux qui sont frits.

Junk food © Dean Drobot

Et les responsables sont confiants puisqu’ils pensent atteindre leur objectif d’ici cinq ans. En effet, les travaux sont déjà plutôt bien avancés dans plusieurs pays. Le Danemark y est ainsi parvenu il y a quinze ans. Une étude publiée en 2015 montrait que trois ans après l’entrée en vigueur de cette mesure, le taux de mortalité par maladie cardiovasculaire avait diminué, pour passer de 440 à 426 morts pour 100.000 habitants. En suivant cet exemple, les États-Unis et plus de 40 autres pays à haut revenu travaillent à retirer les gras trans de leur approvisionnement alimentaire. L’OMS incite maintenant également les pays à revenu faible ou intermédiaire à rejoindre le mouvement.

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Les gras trans augmentent le risque de maladie cardiaque

Pour rappel, les gras trans sont une substance malsaine qui se forme lorsque l’on ajoute de l’hydrogène à l’huile végétale pour la solidifier, par exemple pour confectionner de la margarine. Les gras trans sont appréciés des industriels car ils ont une durée de conservation plus longue que les autres graisses. Ils sont utilisés dans la fabrication de beignets, biscuits et aliments frits. Les experts expliquent qu’ils peuvent être remplacés par de l’huile de canola par exemple. Des gras trans se retrouvent aussi naturellement dans certaines viandes et certains produits laitiers. L’OMS recommande que le total des apports en gras trans soit limité à moins de 1 % des apports énergétiques totaux, soit moins de 2,2 grammes/jour pour un régime à 2.000 calories.

Céder au grignotage © runzelkorn

Pour pouvoir mener à bien leur projet, baptisé Replace, les pays vont devoir légiférer pour contraindre les fabricants d’aliments au changement. Lors de la conférence de presse de l’OMS, ce  lundi 14 mai 2018, un représentant de l’industrie alimentaire a assuré que cette dernière s’affaire à réduire les gras trans dans ses produits. Des promesses qu’il va falloir rapidement transformer en actes. Et pour cause, des études ont démontré que les gras trans déréglaient les niveaux de cholestérolémie et qu’ils augmentaient le risque de maladie cardiaque. Certains professionnels de la santé affirment même que les gras trans sont les gras les plus dangereux dans l’approvisionnement alimentaire.

Illustration bannière : Femme se mouchant – © Goodluz
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Journaliste, je fais le grand écart entre football et littérature jeunesse.

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