Les cantines bio se rebellent

À l’heure où les sénateurs rejettent l’objectif d’introduction de 20% de produits bio dans les cantines, la société civile se mobilise avec un « tour de France des cantines rebelles » : le tour des initiatives réussies pour une restauration collective bio, locale et responsable.

Rédigé par Pauline Petit, le 22 Mar 2016, à 7 h 38 min

Proposer des aliments bio dans la restauration collective à destination des enfants et des adultes, c’est favoriser l’économie locale, offrir à tous des produits sains et faire un geste pour l’environnement. Une mesure que l’ensemble des Français approuve : selon l’Agence Bio, 87 % des parents d’élèves sont favorables à l’introduction du bio dans les cantines.

Or le 10 mars dernier, les sénateurs ont bloqué le projet de loi qui proposait d’introduire un minimum de 20 % de produits bio dans les cantines. Une mesure pourtant tout à fait réalisable et souhaitable pour développer l’agriculture biologique. D’ailleurs, de nombreuses collectivités ont déjà introduit 20 % ou plus de produits bio dans leurs cantines, sans rencontrer de difficultés majeures : c’est le cas de Paris, de Grenoble, de Saint-Etienne ou du département de la Drôme.

Toutefois, l’inaction des sénateurs n’arrête pas le mouvement de la société civile en faveur d’une meilleure alimentation pour tous. L’association Un Plus Bio lance le 21 mars prochain le « Tour de France des cantines rebelles » afin de valoriser les initiatives locales et d’inspirer toutes les cantines du pays.

Le Tour de France des cantines rebelles

Le Club des Territoires Un Plus Bio réunit les collectivités engagées dans une démarche d’introduction de produits bio et locaux. Le mouvement rassemble déjà 10 millions d’habitants à travers une trentaine de collectivités : conseils régionaux, départementaux, communes ou villages.

Un Plus Bio a pour objectif d’inciter les élus, les parents d’élèves et les agents des collectivités à agir pour une restauration collective bio, locale et responsable. L’association encourage également à proposer des menus « alternatifs », par exemple sans viande comme solutions aux enjeux économiques, écologiques et éthiques que rencontre la restauration collective.

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Le tour de France des cantines rebelles

Le « Tour de France des cantines rebelles » débute le 21 mars prochain dans la Ville de Grande-Synthe et se terminera en novembre 2016 à Paris où seront décernées les « Victoires des cantines rebelles ».

Grande-Synthe, commune rebelle

Un Plus Bio commencera son tour de France à Grande-Synthe, près de Dunkerque. Cette commune, bien que touchée par la crise et le chômage, prend des décisions courageuses en matière sociale et écologique grâce à son maire dynamique, Damien Carême. Récemment, la ville a aussi fait parler d’elle par sa décision de construire un camp d’accueil en dur pour faire face à l’afflux de réfugiés.

Grande-Synthe a été également nommée capitale de la biodiversité et est devenue la première commune de plus de 20.000 habitants à proposer des menus 100 % bio dans ses cantines. Les enfants comme les parents sont informés des bienfaits de l’alimentation bio et le passage au bio s’est fait par la mise en place de mesures de remplacement : moins de produits industriels, moins de viande, plus de protéines végétales. Et ce sans influer sur le budget des familles, majoritairement modestes, qui n’ont pas eu à payer plus cher pour les repas des cantines bio.

Des initiatives de restauration scolaire bio réussies

Ce tour de France sera l’occasion d’aller à la rencontrer d’autres territoires ayant réussi leur passage -partiel ou complet- au bio, comme Mouans-Sartoux, commune de la Côte d’Azur passée en 100 % bio ou une autre « commune rebelle » du Nord-Pas-de-Calais, Loos-en-Gohelle.

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L’initiative vise à montrer qu’il est facile de parvenir à introduire au moins 20 % de produits bio et locaux dans la restauration collective. L’association Un Plus Bio incite l’ensemble des citoyens à se mobiliser à travers sa campagne « Fais bouger ta cantine ». Chacun peut prendre « une minute ou une journée » pour inciter ses élus à se tourner vers une restauration collective plus responsable, sans attendre les sénateurs !

Pour en savoir plus : www.unplusbio.org

Illustration bannière : © Monkey Business Images Shutterstock
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J'ai travaillé dans différents organismes, tous liés de près ou de loin aux questions qui me passionnent : la consommation durable et l'alimentation. J'ai...

4 commentaires Donnez votre avis
  1. Dans cette société laxiste et permissive, il n’est pas acceptable que l’état, les communes imposent le « bio » et tout particulièrement dans les cantines scolaires.
    Personnellement, je ne veux pas que mes enfants mangent « bio » à la cantine.
    J’ai plein de bonnes raisons pour cela dont les deux essentielles sont :
    1) qu’il est complètement faux que l’AB n’utilisent pas de pesticides (400 sont autorisés !)
    2) que pour une évidence de biologie simple, il est sûr et certain que les produits issus de l’AB sont moins sûrs sur le plan sanitaire ainsi que sur le plan toxicologique notamment en raison d’une présence accrue de mycotoxines : substances produites par les champignons pathogènes et toutes reconnues comme cancérigènes !
    La FNAB a eu l’honnêteté de mettre sur son site qu’il ne fallait pas que les femmes enceintes ni les jeunes enfants boivent du jus de pomme « AB » en raison d’une teneur élevée en patuline (une mycotoxine extrêmement dangereuse, comme toutes les autres).

    On fait maintenant, on propose même des repas Kasher, Hallal, sans gluten, sans lactose, sans allergènes… etc etc.
    Je veux aussi qu’il existe des repas « non bio » comme avant et que l’on n’ impose pas le « bio ».
    Je ne veux pas que mon enfant soit exposé à un risque avéré supplémentaire (les cas d’accidents avec du bio sont nombreux, fréquents et parfois (trop souvent malheureusement) dramatiques (Allemagne en 2011 : 50 morts, 1 milliers d’insuffisants rénaux à vie).

    • Bonjour Gattaca, la nuisance des pesticides, la toxicité des additifs alimentaires (perturbateurs endocriniens) dans l’alimentation industrielle et chimique est sans commune mesure avec les accidents que vous évoquez.Barcelone impose le lundi « sans viande » à toutes les collectivités…parce que OUI, l’excès de viande est nuisible à notre santé et mauvais pour la planète. Ce sont des signaux forts qui nous poussent à réfléchir et déclenchent le débat. Vous m’avez appris quelque chose sur les mycotoxines, je vais me documenter.

  2. Dans une démocratie, le mandat des élus c’est de représenter leurs électeurs et de défendre leurs intérêts. Or, trop souvent nos élus défendent les intérêts des grands groupes industriels au détriment de la population. Notre démocratie est en panne !

    • Les sénateurs français sont de vieux ringards qui ne sont plus dans un monde en mouvement comme peut l’être la Sté civile. Un train de retard et encore je suis gentil pour certains ce serait plutôt deux ou trois…ils ne font que freiner les changements vitaux pour le développement de notre pays, à croire que ce n’est plus le leur.
      Cette chambre devrait être remplacée par une assemblée du peuple, non élue pour nous représenter mais désignée par la Sté civile.

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