Accoucher dans une maison de naissance, une alternative aux maternités

Depuis 2016, neuf maisons de naissance ont ouverts leurs portes en France. Cette expérimentation d’une durée de 5 ans offre enfin un endroit rassurant aux futurs parents qui ne souhaitent pas subir un accouchement médicalisé.

Rédigé par Marie Mourot, le 3 Dec 2017, à 10 h 25 min

Accoucher naturellement, sans péridurale et dans un endroit plus accueillant qu’un hôpital, c’est le souhait de nombreuses mamans aujourd’hui. Depuis début 2016, c’est désormais possible en France grâce à l’ouverture de neuf maisons de naissance.

Une maison de naissance, qu’est-ce que c’est ?

La première maison de naissance a été fondée en 1975 à New-York. Aujourd’hui, il en existe plus d’une centaine aux États-Unis. Le mouvement s’est ensuite répandu un peu partout, en Allemagne, aux Pays-Bas, en Belgique ou encore au Québec. En France, ce n’est que depuis fin 2015 que neuf maisons de naissance ont eu l’autorisation d’ouvrir, à titre expérimental, pour une durée de cinq ans. À l’échéance de cette autorisation, une évaluation sera réalisée afin de juger l’intérêt de ce dispositif.

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Un lieu rassurant propice à l’apaisement des futurs parents

Une maison de naissance est une structure gérée par des sages-femmes libérales. Les futures mamans peuvent y bénéficier d’un suivi durant toute leur grossesse et venir y accoucher comme à la maison.

Dans une maison de naissance, tout est pensé pour que les futurs parents se sentent bien. Il y a un salon, une chambre, une cuisine, une salle de bain, des toilettes… L’aménagement et la décoration rappelle la chaleur d’un foyer, ce qui crée une ambiance vraiment rassurante et chaleureuse. Rien à voir avec l’hôpital, même si celui-ci n’est jamais loin.

La Haute Autorité de Santé a en effet imposé dans son cahier des charges qu’une maternité soit dans le même bâtiment ou dans un lieu attenant. Les maisons de naissance garantissent ainsi une prise en charge sécurisée des femmes et des nouveaux nés. En cas de problème durant l’accouchement, le transfert vers la maternité est réalisé immédiatement.

Petite visite guidée en vidéo

Un accouchement physiologique sans recours à des interventions médicales

Dans une maison de naissance, le matériel médical est réduit et dissimulé le plus possible dans la déco. L’accompagnement est global, par une seule sage-femme du début à la fin de la grossesse et jusqu’au retour du bébé à la maison quelques heures après la naissance. Ce suivi personnalisé permet de mettre en place une véritable relation de confiance entre sage-femme et futurs parents.

Ainsi, des liens se tissent durant les rendez-vous mensuels : des rendez-vous d’au moins 1h30 pendant lesquels la sage femme prend le temps de discuter avec sa patiente. Ici, pas de toucher vaginal, les échographies réalisées au sein de la maternité sont suffisantes pour vérifier le bon déroulé de la grossesse. Après un examen clinique, la sage femme écoutent les futurs parents afin de les rassurer et de les faire cheminer vers la naissance de leur enfant.

Durant l’accouchement, pas de péridurale ni de position allongée les pieds coincés dans des étriers. L’accouchement se veut physiologique, c’est à dire le plus naturel possible. Chaque femme est libre de se mettre dans les positions qui lui conviennent le mieux. Deux sages-femmes sont là pour la guider (dont celle qui l’a suivie pendant toute sa grossesse), l’aider à gérer la douleur et accompagner la naissance de son enfant. Le besoin d’intimité du couple est également respecté, ce qui permet au bébé de naître en douceur au sein du cocon familial. Quoi de mieux pour entrer dans la vie ?

Qui peut accoucher en maison de naissance ?

Donner la vie à son enfant dans une maison de naissance semble séduire de plus en plus de futures mamans. Mais, ce n’est malheureusement pas possible pour toutes les femmes. En effet, les maisons de naissance doivent suivre le cahier des charges de la Haute Autorité de Santé.

maison d'accouchement

Repos après la venue au monde © Rob Hainer

Elles n’ont le droit d’accueillir que des grossesses normales, dites à « bas risques ». Sont ainsi écartées les grossesses avec antécédents médicaux (hypertension, diabète…) et les grossesses multiples. Les femmes qui auraient déjà eu un premier enfant et aurait connu des difficultés durant sa naissance (prématurité, césarienne, présentation en siège…) ne pourront pas non plus accoucher au sein d’une maison de naissance.

Des conditions strictes mais nécessaires pour assurer la sécurité des patientes durant leur accouchement. Si des difficultés apparaissent durant la grossesse, la future maman sera également réorientée vers la maternité.

Quoiqu’il en soit, avec l’ouverture des maisons de naissance, la volonté n’était pas de les opposer aux maternités mais bien de les faire cohabiter toutes les deux. En effet, alors que le débat sur les violences obstétricales est enfin lancé depuis quelques semaines, il est important de savoir que d’autres manières d’accoucher sont possibles !

Retrouvez le liste des maisons de naissance ouvertes à titre expérimental sur le site du Ministère des Solidarités et de la Santé.

Illustration bannière : Femme se mouchant – © Goodluz
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Rédactrice web freelance et maman de deux enfants, je me suis toujours sentie très concernée par l'écologie et le développement durable. Constamment en...

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