Bonbons sans sucre : pourquoi certains ingrédients posent problème

Les bonbons sans sucre sont souvent présentés comme une alternative plus saine aux confiseries traditionnelles. Pourtant, certaines substances utilisées pour remplacer le sucre peuvent provoquer des troubles digestifs et suscitent des inquiétudes concernant la santé cardiovasculaire.

Rédigé par , le 22 Oct 2026, à 10 h 57 min
Bonbons sans sucre : pourquoi certains ingrédients posent problème
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Que disent réellement les études scientifiques au sujet de la composition de ces bonbons ?

Pourquoi les bonbons sans sucre peuvent provoquer des troubles digestifs

Les bonbons sans sucre ont tout pour séduire. Moins de sucres, parfois moins de calories et un goût presque identique à celui des confiseries traditionnelles. Mais pour obtenir ce résultat, les fabricants remplacent généralement le sucre par différentes substances, notamment des édulcorants et des polyols. Or, ces ingrédients ne sont pas toujours aussi anodins qu’ils en ont l’air. Le 21 octobre 2026, RMC attirait l’attention sur les effets potentiellement indésirables de ces confiseries. Au-delà des troubles digestifs déjà bien connus, plusieurs recherches s’intéressent désormais aux conséquences possibles de certains substituts du sucre sur le coeur et la circulation sanguine.

Le premier problème concerne les intestins. De nombreuses confiseries sans sucre contiennent du sorbitol, du maltitol ou du xylitol. Ces substances, appelées polyols, permettent de retrouver une saveur sucrée tout en limitant l’utilisation du sucre classique. Seulement, notre système digestif ne parvient pas toujours à les absorber complètement. Une partie de ces composés poursuit donc son chemin dans l’intestin, où elle attire de l’eau. Résultat : des selles molles, des douleurs abdominales et parfois des diarrhées.

Les bactéries intestinales peuvent également fermenter les polyols non absorbés, produisant des gaz responsables de ballonnements. Plus la quantité consommée est importante, plus le risque de désagréments augmente, même si la tolérance varie considérablement d’une personne à l’autre.
À cela s’ajoutent parfois des fibres comme l’inuline, utilisées pour améliorer la texture des bonbons. Si cette fibre peut favoriser le transit, elle est également susceptible de provoquer des flatulences et des crampes abdominales. Une étude publiée en novembre 2025 dans la revue scientifique BMC Gastroenterology a notamment observé ces effets chez certains participants consommant quotidiennement de l’inuline.

Autrement dit, manger quelques bonbons sans sucre n’a pas les mêmes conséquences qu’avaler un sachet entier. Mais leur image de produits plus légers peut justement encourager à en consommer davantage.

Érythritol et xylitol : des substances qui inquiètent les chercheurs

Les effets digestifs ne sont toutefois pas les seuls à attirer l’attention des scientifiques. Deux édulcorants, l’érythritol (E968) et le xylitol (E967), font l’objet de recherches concernant un éventuel risque cardiovasculaire.

En février 2023, une étude publiée dans la prestigieuse revue Nature Medicine a mis en évidence une association entre des concentrations élevées d’érythritol dans le sang et une fréquence accrue d’événements cardiovasculaires, notamment les infarctus et les accidents vasculaires cérébraux (AVC). Les chercheurs ont également constaté, lors d’expériences en laboratoire, que l’érythritol pouvait favoriser l’activation des plaquettes sanguines. Ces cellules participent normalement à la coagulation, mais une activité excessive peut contribuer à la formation de caillots capables d’obstruer une artère.

Le xylitol soulève des interrogations comparables. En août 2026, la Société européenne de cardiologie a présenté des résultats montrant une association entre des concentrations sanguines élevées de cette substance et un risque cardiovasculaire supérieur. Dans l’une des cohortes étudiées, le risque relatif d’événement cardiovasculaire était ainsi augmenté de 57 % chez les personnes présentant les concentrations les plus élevées, par rapport à celles ayant les plus faibles.
Ces résultats méritent cependant d’être interprétés avec prudence. Les études observationnelles établissent des associations, pas des preuves de causalité. L’organisme fabrique lui-même certaines de ces substances, et leur concentration dans le sang ne reflète donc pas nécessairement la quantité consommée dans l’alimentation.

À ce stade, rien ne permet d’affirmer que manger des bonbons contenant de l’érythritol ou du xylitol provoque directement un infarctus ou un AVC. Ces recherches soulèvent néanmoins des questions suffisamment sérieuses pour justifier de nouvelles investigations.

Les autres édulcorants présentent-ils les mêmes dangers ?

Tous les substituts du sucre ne présentent pas les mêmes caractéristiques. L’aspartame, le sucralose, la saccharine ou encore les dérivés de la stévia sont des substances différentes, dont les effets doivent être évalués séparément.

L’aspartame, notamment, a été classé comme « peut-être cancérogène pour l’homme » par le Centre international de recherche sur le cancer. Cette classification ne signifie toutefois pas qu’il provoque un cancer aux doses habituellement consommées. Elle traduit l’existence d’indices scientifiques limités concernant un danger potentiel. En septembre 2026, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a d’ailleurs maintenu la dose journalière admissible de l’aspartame à 40 milligrammes par kilogramme de poids corporel. L’agence considère que les données disponibles ne démontrent pas de lien de causalité entre les niveaux actuels d’exposition alimentaire et le développement d’un cancer.

Le sucralose et la saccharine bénéficient également d’évaluations réglementaires globalement rassurantes aux niveaux de consommation étudiés. En février 2026, l’EFSA a confirmé la sécurité du sucralose dans ses utilisations actuellement autorisées, tout en relevant certaines incertitudes lorsqu’il est exposé à des températures élevées pendant une durée prolongée.

D’autres recherches examinent désormais les interactions entre édulcorants et bactéries intestinales. Une étude publiée en juin 2026 dans Molecular Systems Biology a montré que plusieurs de ces substances pouvaient modifier la croissance de certaines bactéries en laboratoire. Ces observations ne permettent cependant pas de conclure à un effet nocif chez l’être humain.

Bonbons sans sucre : une alternative qui n’est pas sans inconvénients

Reste enfin un risque souvent oublié : celui qui concerne les dents. Si les bonbons sans sucre évitent d’exposer les bactéries buccales aux mêmes quantités de sucre que les confiseries classiques, ils peuvent contenir des acides destinés à renforcer leur goût fruité. Or, une consommation fréquente de produits très acides peut fragiliser progressivement l’émail dentaire. Les recommandations britanniques de prévention bucco-dentaire, actualisées en septembre 2025, identifient notamment certaines confiseries acides sans sucre parmi les produits susceptibles de favoriser cette érosion.

Il ne faudrait pas pour autant considérer les bonbons traditionnels comme une meilleure solution. L’excès de sucre reste un facteur majeur de caries et sa réduction présente un véritable intérêt pour la santé. Mais remplacer le sucre par des édulcorants ne transforme pas automatiquement une friandise en produit sain. La mention « sans sucre » ne renseigne ni sur la quantité de polyols présents, ni sur l’acidité du produit, ni sur les autres ingrédients utilisés. Elle ne garantit pas davantage l’absence de calories ou de désagréments digestifs.

Pour les consommateurs, le meilleur réflexe consiste donc à examiner la liste des ingrédients et à limiter les quantités, particulièrement lorsque plusieurs polyols sont associés. Car si ces bonbons permettent de réduire les apports en sucre, leur composition rappelle qu’une confiserie reste avant tout un aliment plaisir, même lorsqu’elle est présentée comme une alternative plus saine.


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Journaliste de formation, Anton écrit des articles sur le changement climatique, la pollution, les énergies, les transports, ainsi que sur les animaux et la...

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